A Seattle, les négociations au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce se déroulent dans un contexte particulièrement chaotique sur fond de manifestations d’opposants à la mondialisation, violemment réprimées par la police de la ville. L’OMC, par l’opacité de son fonctionnement, échoue dans son rôle de médiation entre pays riches et pays en voie de développement (PVD), permettant aux premiers d’imposer leur loi. Ainsi, les débats importants se déroulent à huis clos dans des « greenrooms » auxquels participent un petit nombre de nations triées sur le volet. Certes, un projet qui consisterait à exempter de droits de douane les produits exportés par les PVD a bien été envisagé mais ces derniers éprouvent de plus en plus l’envie de se retirer de négociations qui leur échappent totalement.
Autrement dit, entre les nations avancées qui tentent de protéger les intérêts de leurs agriculteurs qui manifestent dans la rue, les industriels regroupés en lobbies pour faire pression sur leurs délégués et les représentants des pays pauvres qui ne savent vers qui se tourner, partagés entre colère et désappointement, le sommet de Seattle ressemble à une véritable foire. Pourtant, les échanges commerciaux constituent un support majeur pour le développement de la bonne entente entre les peuples et ne peuvent être considérés en dehors du contexte social et humain qui forme la vie quotidienne des travailleurs du monde entier. Nous sommes en droit d’attendre un effort de maturité de la part des gouvernements des pays riches comme des pays pauvres : cela doit commencer par une prise de conscience concernant les priorités du 21ème siècle. Tant que les pays développés organiseront des négociations factices, tant que les puissants groupes internationaux pèseront sur les débats pour accroître les profits d’une élite, tant que les ONG ne pourront jouer le rôle majeur qui leur revient de droit, un sommet comme celui de Seattle ne sera rien d’autre qu’un marché de dupes.
Geoffroi
Lectures conseillées :
>> OMC, le pouvoir invisible - Agnès Bertrand, Laurence Kalafatides : Une source d'informations particulièrement éclairantes sur les enjeux de la crise actuelle et les menaces que l'OMC fait peser sur notre avenir. Dans un style limpide, Agnes Bertrand, philosophe de formation et écologiste engagée, nous fait vivre de l'intérieur le fonctionnement de l'OMC, son évolution récente et son implication sur le quotidien de chacun d'entre nous. Malgre l'opacité de ce qui est pourtant devenu l'institution la plus puissante au monde, l'auteur met clairement en évidence les intérêts qu'elle sert aujourd'hui, son implacable logique et quel est le sens d'une action que les citoyens peuvent mener à son encontre. Un livre a faire partager au plus grand nombre.
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>> L'entreprise verte : Le développement durable change l'entreprise pour changer le monde - Elisabeth Laville : Si certains ont pu croire que la responsabilité sociale et environnementale des entreprises n'était qu'une lubie sympathique et éphémère portée par quelques écologistes, on sait désormais qu'il n'en est rien. Associations de consommateurs, organisations internationales et fonds d'investissements spécialisés ont pris le relais pour appeler les entreprises à une plus grande responsabilité face à leur environnement naturel et social. Cette révolution du "développement durable" nécessite de réhabiliter l'idée que le commerce est créateur de lien social et outil de transformation positive de la planète et de nos sociétés. Cet ouvrage expose ses principaux enjeux et montre pourquoi les entreprises ont tout intérêt à la mener avec succès. Car le développement durable est de surcroît économiquement rentable : meilleure prévention des risques, réduction des coûts, stimulation de l'innovation…
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>> Le Bateau ivre de la mondialisation : Escale au sein du village planétaire - Arnaud Zacharie, Éric Toussaint (Sous la direction de) : Les débats autour de la mondialisation sont des plus enflammés. Certains défendent une globalisation néo-libérale excluant les trois quarts de l'Humanité. D'autres prônent le repli sur soi. Le Bateau ivre de la mondialisation propose une alternative à ces deux optiques : celle d'une mondialisation multipolaire incluant l'ensemble des citoyens et des citoyennes du monde dans leur diversité. Elle se construit autour de l'analyse d'une mondialisation prise dans son sens le plus large, c'est-à-dire sous ses aspects historique, géopolitique, culturel, économique et financier. Elle tisse des liens entre des problématiques aussi diverses que les colonisations, la dette du Tiers Monde, la spéculation financière, les OGM ou encore les politiques du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC. Elle met en réseau de nombreuses mobilisations citoyennes. Enfin, elle rassemble des solutions globales et d'autres adaptées aux richesses naturelles et culturelles de chaque région du monde.
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>> Abécédaire partial et partiel de la mondialisation - Ignacio Ramonet, Ramon Chao, Jacek Wozniak : Ignacio Ramonet, directeur du Monde diplomatique, et Ramon Chao, écrivain, se sont associés au dessinateur Wozniak pour raconter la mondialisation. Loin des dictionnaires académiques et « objectifs », les trois complices offrent leur analyse du néolibéralisme et,comme Alice dans son Pays des merveilles, ils découvrent de l'autre côté du miroir une image bien différente,faite de privatisations, chômage, inégalités, injustices, OGM et corruption... Le livre que l'on attendait sur l'altermondialisation.
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>> Enquête au cœur des multinationales - ATTAC
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>> Attac : Contre la dictature des marchés - Bernard Cassen, Liêm Hoang-Ngoc, Pierre-André Imbert (Sous la direction de) : Des outils de réflexion et d’action pour résister à la toute puissance des marchés.
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>> Pour une économie de l’humain : Quand les surabondances font reculer la richesse - Maurice Obadia : Nous vivons dans une société de surabondance, mais que valent toutes ces choses que nous produisons et accumulons ? Cette pléthore de matériel occulte ce qui importe vraiment pour les hommes la relation qui les unit. Maurice Obadia s’attaque à cette économie trop enseignée à l’Université : l’économie matérielle. La vraie économie, celle de la richesse, s’occupe de la production et de l’échange des relations authentiques et non des choses matérielles. Maurice Obadia montre comment l’économie fonctionne réellement, et ce qu’il faut faire pour concourir à son développement positif. Plus qu’originale, sa thèse est révolutionnaire. Elle répond à l’aspiration de tous ceux qui veulent réconcilier leur pratique quotidienne du travail avec leur idéal d’humanité.
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>> L'illusion économique - Emmanuel Todd : À la double utopie, économique et monétaire, d'une mondialisation dont les contre-performances sont patentes, et à la démission des classes dirigeantes, Emmanuel Todd oppose un retour à une forme de protectionnisme national dans les relations commerciales extérieures, qui permettrait le renforcement du libéralisme à l'intérieur, la relance de la demande globale, et par-là même un véritable retour à l'idéal démocratique égalitaire, actuellement largement bafoué par les élites dirigeantes.
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