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Le commerce des enfants
3 octobre 1999


A Guatemala, les associations de protection de l’enfance sont descendues dans la rue pour dénoncer la maltraitance et la prostitution enfantines dans un pays où deux millions d’enfants travaillent sur une population s’élevant à onze millions d’habitants. Les organisations humanitaires guatémaltèques ont également manifesté leur extrême préoccupation face au nombre croissant de demandes d’adoptions émanant principalement de couples européens, américains ou canadiens : cette pratique est, en effet, en train de se transformer en un véritable commerce d’enfants, les prix de ceux-ci pouvant atteindre jusqu'à 20 000 dollars...

Il est certain que lorsque l’on prend conscience du drame que vivent des centaines de milliers d’enfants dans le monde, de l’Asie à l’Amérique Latine en passant par l’Europe de l’est, on ne peut qu’être favorable à l’adoption internationale. Malheureusement, de graves dérives existent. Beaucoup d’agences se sont spécialisées dans la recherche du bébé idéal pour parents en mal de progéniture : certaines iront jusqu'à faire pression sur les jeunes femmes enceintes pour qu’elles abandonnent leur enfant, moyennant une substantielle compensation financière. Et que dire de ces garçons et filles dont personne ne veut parce qu’ils sont atteints d’un handicap physique ou mental ou parce qu’ils n’étaient pas assez avenants sur la photo du catalogue ?

Autrement dit, le caractère attractif et émouvant de l’adoption internationale conduit parfois à l’inverse de l’effet souhaité : au lieu de venir en aide à des enfants et de mettre de l’Amour là où il en a manqué, on en vient à favoriser involontairement l’acte négatif qu’est l’abandon d’un enfant ; au lieu de donner le meilleur qui est en nous à un être vivant, on en vient à satisfaire ses propres besoins. Quelques réalités ne devraient jamais être oubliées : par exemple, qu’un enfant ne saurait être traité comme une marchandise et, donc, que l’adoption ne doit pas être l’occasion d’un profit pour qui que ce soit, sans quoi elle aggrave le mal qu’elle est censée soigner. Le processus qui permet « d’avoir un enfant » ne doit jamais ressembler à l’acquisition d’un bien quelconque. Il doit être, au contraire, le résultat d’un don de soi et prendre sa source dans un abandon... à la Vie.

Geoffroi Contact


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