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La confiscation
03 juin 1999


Le russe Tchernomyrdine et le finlandais Ahtisaari sont à Belgrade depuis hier où ils exposent aux autorités serbes le plan de paix élaboré par le G8. Pendant ce temps, les bombardements continuent et, au sol, des affrontements violents opposent l'armée serbe aux soldats de l'U.C.K. C'est dans ce contexte que les premiers parachutages de vivres ont eu lieu cette nuit au-dessus du Kosovo, en pleine zone de combat. L'O.N.G. qui a affrété les avions en vue de cette tâche, les a rendus reconnaissables grâce à de grandes bandes de couleur orange, espérant ainsi qu'ils seraient épargnés par l'artillerie serbe. Ces parachutages ont, en effet, été entrepris sans l'autorisation de Belgrade dont c'est, sans doute, le dernier des soucis.

Des êtres vont donc mettre leur vie en danger pour apporter un peu de secours à leurs semblables : voilà exactement l'attitude fraternelle dont l'humanité a besoin pour résoudre une crise aussi grave. En d'autres termes, là où des crimes ont été commis, là où l'Amour a été renié, il faut que des êtres « injectent » à nouveau de l'Amour par des actes très concrets qui viendront faire reculer la souffrance et la haine. L'humanité le sait depuis toujours car, dans les moments douloureux de son histoire, ce n'est jamais la violence qui lui a permis de se relever mais le don de soi, le sacrifice.

Comment alors ne pas regretter que des actions de ce type ne soient pas plus largement encouragées ? Et lorsque l'on voit la générosité dont ont fait preuve les européens quand il s'est agi de récolter des vivres et des vêtements ou bien d'accueillir des familles kosovars, comment ne pas déplorer qu'il soit aujourd'hui si difficile d'apporter une aide directe à son prochain ? Ce conflit nous fait ainsi prendre conscience de la nature de l'obstacle qui se dresse devant nous : nos sociétés modernes ne favorisent pas le développement du potentiel créateur des personnes, de sorte que les élans et les initiatives des individus sont perpétuellement brisés par les lourdeurs des états, des administrations et des structures en général. Or, s'il est un besoin vital commun à l'ensemble des êtres humains, c'est bien celui de pouvoir échanger avec son prochain : lui donner et recevoir de lui un peu de Vie sans être limité par les règles imposées par les confiscateurs de la Fraternité !

Geoffroi Contact


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