| La valeur de l'exemple |
2 juillet 1999 |
Au Kosovo, la vie revient peu à peu au fur et à mesure que les albanais s'organisent : on déblaye les bâtiments en ruine, on restaure le réseau électrique, on fait l'inventaire des matériaux qu'il faudra se procurer pour relancer une activité. De leur côté, les enfants reprennent possession de lieux auxquels ils n'avaient plus accès tel ce stade où ils jouaient autrefois au football contre les serbes. Les équipes ne se mêlaient jamais et, souvent, le match finissait en bagarre... Le serbe, pour ces enfants, c'est l'ennemi. C'est ainsi qu'ils ont été éduqués dès leur naissance. Ou plutôt, nous devrions dire qu'ils n'ont pas reçu d'éducation du tout.
Une fois encore, l'exemple du Kosovo nous fournit matière à réflexion en nous permettant aujourd'hui de nous interroger sur ce qu'est l'éducation : pour beaucoup, elle constitue une grande difficulté, une tâche ardue nécessitant d'immenses efforts pour peu de résultats. En fait, les difficultés surgissent dès lors que les comportements des adultes ne correspondent pas avec les propos qu'ils tiennent aux enfants. La valeur de l'exemple demeure le seul moyen d'apporter quelque chose de durable à un être, quel que soit son âge. Si nous voulons que les âmes dont nous avons la responsabilité évoluent vers plus de fraternité et soient créatrices d'harmonie et de bonheur autour d'elles, nous devons surtout nous y consacrer nous-mêmes avec un maximum d'énergie.
A dire ainsi, cela semble marqué du sceau de l'évidence la plus absolue. Pour autant, c'est très rarement une réalité soit parce que les êtres sont incohérents dans leurs choix, soit parce qu'ils donnent la priorité dans leur vie à des « valeurs » de type matérialiste. Les parents pourront s'évertuer à inculquer à leurs enfants des principes de civisme ou de moralité, ils ne leur transmettront rien d'autre que le vide laissé par l'absence d'énergie qu'ils auront mis eux-mêmes à les respecter... Autrement dit, ce que nous avons de mieux à donner à des enfants, c'est notre énergie, notre volonté d'avancer et notre humilité devant le chemin à parcourir : les mots ne peuvent expliquer cela aussi bien que les actes de la vie de tous les jours.
Geoffroi  |