| D'autres
moyens... |
Lundi 25 mars 2002
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« Les jours à venir pourraient être
d'une importance cruciale », a déclaré un haut responsable de
l'administration Sharon, cité dans les colonnes du Washington
Post. « Si les négociations actuelles en vue d'un cessez-le-feu
n'aboutissent pas, la conclusion à en tirer sera qu'il n'y a plus
d'espoir et qu'il faut utiliser d'autres moyens », a-t-il ajouté.
Des propos qui en disent long sur la dérive guerrière dans laquelle
l'état hébreu se laisse entraîner et sur les malheurs qui guettent
les peuples palestinien et israélien...
L'escalade de la violence ne date pas d'hier : cela fait plusieurs
mois qu'il ne se passe quasiment pas une journée sans qu'un attentat
ait lieu à Jérusalem ou ailleurs, auquel Tsahal répond par des
attaques contre les camps de réfugiés palestiniens, les plus violentes
depuis 1967. Ecœurés par ces expressions continuelles de haine
de part et d'autre, les spectateurs que nous sommes auraient peut-être
tendance à zapper pour des informations moins pesantes... Gardons
cependant notre attention fixée sur ce drame que constitue le
conflit israélo-palestinien : car si les dernières semaines ont
été terribles, les jours qui viennent peuvent être lourds de conséquences
pour la paix au Moyen-Orient, et au-delà... En effet :
- En ce moment même, l'envoyé spécial américain, Anthony Zinni,
s'emploie à obtenir un arrêt des hostilités entre Palestiniens
et Israéliens, prélude imposé par Ariel Sharon avant toute reprise
du processus de paix. Si ces pourparlers ne donnent rien, le gouvernement
israélien s'engagera alors dans une confrontation militaire de
grande envergure, conforté qu'il est dans ses intentions par un
accord passé à ce sujet avec le vice-président Dick Cheney, la
semaine dernière.
- Par ailleurs, le sommet de la Ligue Arabe doit se tenir à Beyrouth,
les 27 et 28 mars prochains. Il s'agit d'une réunion majeure au
cours de laquelle les nations arabes devraient apporter leur soutien
à un plan de paix saoudien. Ce dernier conditionne un début de
“relations normales” avec Israël à une série de revendications
parmi lesquelles on distingue le retrait des territoires occupés,
la création d'un état palestinien avec Jérusalem pour capitale,
la résolution du problème des réfugiés ainsi que la restitution
du Golan à la Syrie etc. Toutes conditions auxquelles Ariel Sharon
refusera évidemment de se plier, lui qui doit faire face, chez
lui, à une forte baisse de sa popularité.
- Enfin, l'on sait trop combien l'administration Bush voudrait
en finir brutalement avec le régime irakien, projet qui déplaît
fort aux “amis arabes” des Etats-Unis, lesquels l'ont récemment
fait savoir...
Nous voici donc au cœur d'une situation plus explosive que jamais :
un gouvernement hébreu discrédité au plan international (souvenons-nous
des banderolles, lors de la dernière manifestation à Paris, où
l'on pouvait lire “Sharon criminel en activité”) et belliciste
à l'extrême, des terroristes ivres de sang, une administration
américaine aux visées impérialistes à peine dissimulées et des
pays arabes exaspérés... Ainsi, au cas où le gouvernement israélien
persisterait dans l'usage absurde - et hautement condamnable -
de la force, il se pourrait que les nations du Proche-Orient lui
fournissent une réplique tout aussi insensée : il y a fort à parier,
en effet, que certains états-majors songent sérieusement à la
guerre, au Caire, à Damas et ailleurs... Sans doute s'y préparent-ils
activement en ce moment même ! Quoi qu'il en soit, nous devons
considérer avec gravité cette probabilité d'une guerre, alors
que les conditions sont remplies et que les parties en présence
ne voient pas “d'autres moyens”. Alors, même si notre pouvoir
semble faible, restons aux côtés des peuples palestinien et israélien
en ces temps particulièrement difficiles. Nous savons bien qu'une
majorité d'entre eux désire profondément la paix. Que notre solidarité
de cœur et d'esprit leur donne la force de trouver ces “moyens”
que leur gouvernants, sourds à la fraternité, s'obstinent à ignorer.
Geoffroi 
Lectures conseillées :
>> La Guerre israélienne de l'information : Désinformation et fausse symétries dans le conflit israélo-palestinien - Joss Dray, Denis Sieffert : La guerre, avant d'être une affaire militaire, est une affaire de mots. Ils ont joué un rôle majeur dans l'offensive déclenchée, le 28 février 2002, par l'armée israélienne contre les villes palestiniennes. On sait à quel point, à cette occasion, elle a placé l'information sous contrôle. Mais on sait moins que l'offensive a été préparée par un long travail de délégitimation de l'Autorité palestinienne. Cette entreprise de désinformation commence dès le lendemain de la négociation de Camp David II, en juillet 2000 : le " refus " de Yasser Arafat d'accepter la " généreuse " proposition israélienne de restitution de " 97 % " des territoires occupés va devenir une vérité acceptée par l'ensemble de l'opinion internationale. Or, comme le démontrent les auteurs de ce livre, il s'agit d'un pur mensonge, suivi de bien d'autres...
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>> Palestine - Israël. Approches historiques et politiques - Collectif , Samaha Khoury : Le destin de la Palestine est, depuis toujours, tragique. L'histoire de cette terre est celle d'incessants conflits. La violence qui s'y manifeste est probablement liée au fait religieux : sur une “Promesse divine” se sont greffées des réalités politiques. Tout cela engendre contestations et discordes, là où il faudrait une sage organisation, respectueuse des droits de tous, et des compromis à défaut de consensus. Il est difficile d'expliquer le conflit israélo-arabe sans recourir à l'histoire et sans revenir sur la fameuse “Promesse de Yahvé”, sur l'idéologie sioniste et le rêve de la “Terre Promise”, sur la déclaration de Balfour et enfin sur les décisions de l'ONU, surtout celle du partage de 1947, et leur nonapplication. Avec l'accord d'Oslo de 1993, la paix semblait pouvoir s'établir. Mais cet accord était-il véritablement l'œuvre commune de toutes les parties en présence ? La paix qui devait résulter de cet accord n'était-elle pas plutôt une fausse paix, annonciatrice de futures catastrophes ?
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>> Politicide : Les Guerres d'Ariel Sharon contre les palestiniens - Baruch Kimmerling, Arnaud Regnault de la Soudière (Traduction) : Mettant en relief dés épisodes clés de la politique israélienne (guerre de 196'7, guerre du Liban, Intifada), Baruch Kimmerling décrit le parcours d'Ariel Sharon: ses succès militaires, son arrivée sur la scène politique, ses liens avec le pouvoir, ses victoires électorales. Il livre ainsi une démonstration brillante du fonctionnement de la société israélienne et de la pensée politique de Sharon. À l'heure où Israël connaît de profondes mutations (réduction drastique de la liberté d'expression, implication croissante dès militaires dans les affaires politiques...), Baruch Kimmerling écrit un ouvrage indispensable pour comprendre une situation d'urgence, véritable cri d'alarme contre les extrémismes de tous bords.
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actualités |
[sélectionnées
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L'enlèvement d'Ingrid Betancourt
Ingrid Betancourt, candidate écologiste à l'élection présidentielle
du 26 mai en Colombie, a été enlevée le 23 février 2002 par le
principal mouvement marxiste de guérilla en Colombie, les FARC.
Aussi, le Parlement Européen a-t-il demandé aux Forces Armées
Révolutionnaires Colombiennes la libération immédiate du leader
du parti Oxígeno Verde, l'un des rares partis colombiens à soutenir
la recherche d'une paix négociée en Colombie.
Une occasion pour les eurodéputés de réitérer leur désir de poursuivre
le processus de paix en Colombie alors que celui-ci avait été
rompu lors du recours à la violence par le FARC, qui s'était insurgé
contre les prolongations de négociations imposées par le président
Andres Pastrana. Par ailleurs, les élus européens en ont profité
pour dénoncer les derniers assassinats ainsi que toutes les violations
des droits de l'homme en Colombie.
Alain Lipietz, le député Vert européen qui s'est rendu à Bogota,
a vigoureusement dénoncé l'enlèvement d'Ingrid Betancourt qu'il
qualifie d'« agression des FARC contre les mouvements Verts, et
de fait contre l'Union Européenne » laquelle considère la jeune
femme comme un “symbole de la lutte pour une paix négociée en
Colombie”. Le député a révélé que les Verts avaient adressé un
message aux Forces Armées Révolutionnaires de Colombie.
Voici le texte d'une pétition en faveur de la libération d'Ingrid
Betancourt.
http://www.ingridbetancourt.com/pages/petition.htm
« Consternés par l'enlèvement d'Ingrid Betancourt, candidate à
la Présidence de la République, le 23 février 2002 par les FARC,
nous demandons sa libération immédiate et sans condition. Rien
ne peut justifier l'enlèvement de civils, quels qu'en soient les
motifs ; et un véritable processus de paix ne pourra se développer
tant que de telles pratiques continueront. Mais nous pensons aussi
qu'une négociation politique sérieuse est la seule voie possible
pour ramener la paix et la justice sociale en Colombie. Aussi,
nous nous adressons à vous pour vous demander de tout mettre en
œuvre pour la libération d'Ingrid Betancourt et des autres civils
détenus par les groupes armés et d'instaurer le plus rapidement
possible un véritable dialogue politique en vue d'établir la paix
à laquelle aspire la grande majorité des colombiens, de restaurer
un véritable état de droit et de mettre fin aux massacres de civils
perpétrés par toutes les forces en présence. »
Vous pouvez envoyer cette pétition (datée et signée) aux adresses
e-mail suivantes :
- Présidence de la République de Colombie - apastra@presidencia.gov.co
- Ambassade de France à Bogota - daniel.parfait@diplomatie.gouv.fr
- Ambassade de Colombie à Paris - embajador@amb-colombie-fr.com
- Haut-Commissariat des Nations Unies à Bogota - oacnudh@hchr.org.co
- FARC - elbarcino@laneta.apc.org
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Le
scandale Enron
Le monde capitaliste montre ses limites. Le septième plus grand
groupe américain,
la Société ENRON, courtier en énergie et star de la nouvelle économie,
est victime de la plus grande faillite qu'ait connu l'histoire
des Etats-Unis. Elle est au centre d'un énorme scandale qui ébranle
les milieux politiques et financiers du monde entier.
Il s'agit d'une escroquerie de grande envergure, impliquant le
Président George W. Bush et des membres de son gouvernement. Elle
fut orchestrée par des dirigeants peu scrupuleux, amis de longue
date de Bush et des républicains, accusés aujourd'hui de fraudes
et de délits d'initié. Ils ont, entre autres, trompé les investisseurs
en falsifiant les comptes, gonflant les revenus et dissimulant
les dettes. Le groupe entraîne dans sa chute une des principales
sociétés d'audit mondiales, la société Andersen, impliquée dans
ces fraudes et qui aurait détruit des documents compromettants.
Le monde politique se trouve hautement compromis du fait des liens
d'Enron avec la Maison Blanche. La société aurait fourni des millions
de dollars à George W. Bush pour financer sa campagne présidentielle
dont elle espérait un soutien en retour afin d'éviter la banqueroute.
Elle aurait également procuré de nombreux subsides au Parti Républicain.
En outre, plusieurs membres de l'administration Bush émargeaient
chez Enron en tant que consultants.
Les conséquences d'un tel désastre sont considérables tant sur
le plan financier que sur le plan humain. En plus de se retrouver
au chômage, des dizaines de milliers d'employés d'Enron ont, dans
cette affaire, perdu des milliers de dollars. Comme de nombreux
américains, ils plaçaient leur épargne-retraite en actions de
leur entreprise, actions qu'ils n'avaient pas le droit de revendre.
Ils sont aujourd'hui ruinés. Par contre, les dirigeants, prévenus
de la faillite, ont eu le temps de vendre leurs parts avant la
chute des cours. Ils ont amassé des fortunes considérables. Quant
aux milieux boursiers, ils ont perdu la confiance de nombreux
investisseurs et plus particulièrement des petits porteurs plus
facilement touchés par ce type de faillite.
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L'aide
au développement des pays pauvres
Ce vendredi 22 mars 2002 à Monterrey, au Mexique, la conférence
des Nations Unies entre chefs d'état a statué sur le financement
du développement des pays pauvres. Les pays riches se sont engagés
à conclure un partenariat avec ces derniers qui consisterait en
une aide au développement en échange de la mise en place d'une
économie de marché, de la lutte contre la corruption, de la scolarisation,
de la démocratie etc.
De son côté, Washington a confirmé son refus de transformer les
prêts en dons par crainte d'empêcher ainsi le développement de
certains pays, le président Bush prônant l'accroissement du commerce
et des investissements privés ; telle est la politique des États-Unis,
à l'inverse de l'Europe qui plaide pour une augmentation de l'aide
publique au développement.
Il en ressort ainsi un profond désaccord entre Américains et Européens.
Dès lors, comment des négociations pourraient-elles déboucher
sur un bien pour les populations démunies, alors même que s'opposent
les nations habituellement les plus “généreuses” ? Les pays en
voie de développement ont cependant accepté ce partenariat, tout
en réclamant davantage d'aide, un allégement plus important de
la dette et un accès aux marchés occidentaux sans discrimination.
Avant le sommet de Monterrey, le président français espérait que
“souffle un vent nouveau”. Apparemment, ce vent a viré en tornade,
balayant une fois de plus tous les espoirs des pays du Tiers-Monde.
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