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LE MEILLEUR RAPPORT DIGNITÉ/PRIX
Mardi 24 septembre 2002


Qu'en est-il aujourd'hui de la dette des pays pauvres ? Après l'effort consenti par les nations développées, alors que se levait l'aube du troisième millénaire et, avec elle, l'espérance d'un monde plus juste, il est clair à présent que leur priorité n'est plus la “ générosité ”. Les pays occidentaux sont davantage préoccupés par leur sécurité, les rumeurs de guerre et la grisaille des marchés financiers que par la situation des deux milliards d'hommes, de femmes et d'enfants vivant dans la pauvreté absolue. Il n'y a donc pas plus à attendre de la réunion des ministres du G7, cette semaine à Washington, que du récent sommet de Johannesbourg dédié au développement durable. Ce n'est plus un secret pour grand monde : nous filons droit dans le mur. Les événements des dix années à venir se chargeront de nous le démontrer et nous permettront peut-être de comprendre enfin que la justice, la solidarité et le partage constituent la seule voie réaliste.

Mais voyons d'abord ce qu'il en est des effets directs de la dette. Ils sont catastrophiques. Par exemple, sur les 26 pays ayant bénéficié d'un allégement, la moitié verse actuellement plus d'argent pour faire face aux remboursements qu'elle n'en alloue aux dépenses de santé publique. C'est que le FMI et la Banque Mondiale avaient parié sur une envolée des exportations de ces pays, laquelle n'a pas eu lieu. Parallèlement, le prix des matières premières (coton, café, cuivre etc.) s'est effondré, cause d'un sérieux manque à gagner pour les pays producteurs. Autant d'argent qui fait ainsi défaut aux gouvernements africains pour combattre le sida et réduire la pauvreté. En fait, il apparaît évident que les prévisions optimistes du FMI et de la Banque Mondiale avaient pour objectif de justifier un haut niveau de remboursement. De sorte que l'allégement de la dette décrété en l'an 2000 apparaît aujourd'hui tel un cadeau empoisonné. Maintenant que l'opinion publique ne songe plus au troisième millénaire et à l'espoir qu'il véhiculait, les nations développées se détournent sans vergogne des besoins des plus démunis. Le résultat du sommet de Johannesbourg est pour le moins pitoyable : rien n'a été entrepris pour enrayer la chute des cours des matières premières, aucun nouveau plan d'allégement de la dette n'a été envisagé, aucun engagement à augmenter l'aide aux pays les plus pauvres...

Bien sûr, à la découverte d'un tel constat, nous pourrions certes nous abandonner à la fatalité, arguant que la nature est ainsi faite et que le sort s'acharne sur les misérables. En réalité, il n'en est rien. Les remèdes aux problèmes de pauvreté se trouvent dans le commerce international lui-même, si seulement nous y introduisions des mesures de justice sociale. Autrement dit, ainsi que le signalait l'association humanitaire Oxfam dans un récent rapport, « le problème n'est pas que le commerce international soit intrinsèquement opposé aux besoins et aux intérêts des pauvres, mais que les règles qui le gouvernent soient orientées en faveur des riches ». Et l'ONG d'évoquer la pression que le FMI et la Banque Mondiale font peser sur les nations démunies afin qu'elles ouvrent leur marché, mettant alors en péril leur fragile équilibre économique. Oxfam dénonce également les barrières douanières mises en place par les pays riches et les subventions scandaleuses qu'ils versent à leur agriculture (1 milliard de dollars par jour) en constante surproduction. Et il faudrait aussi parler de l'OMC, qui pousse les gouvernements à privatiser les services de base dont les populations ont besoin, et des compagnies transnationales dont le comportement contribue gravement à l'appauvrissement et à l'aggravation de l'injustice sociale...

Nous en arrivons ainsi au comble de l'absurde : un document de la CAFOD (Catholic Agency For Overseas Development) indique que l'Union Européenne dépense quotidiennement en subventions à l'élevage 2.20 $ par vache, davantage que ce dont dispose la moitié de l'humanité pour survivre ! Des règles simples et de bon sens peuvent mettre un terme à tant d'injustice et le commerce participerait alors véritablement à la prospérité de tous. Au lieu de cela, nous persévérons dans l'aveuglement et nous nous ingénions à créer les circonstances qui provoqueront notre perte : ainsi, tout semble fait pour que le désespoir et la haine ne cessent de grandir, ce qui se traduira inévitablement, pour ceux qui se croient à l'abri, par toujours plus d'instabilité, d'intégrisme, de terrorisme, et, finalement, par la guerre et les pénuries.

Evidemment, nous pourrions nous en prendre à l'inconscience et au manque de volonté politique de nos gouvernants. Mais, après tout, ne sont-ils pas représentatifs d'une certaine partie de la population qu'ils dirigent et ne méritent-ils pas dès lors notre compassion ? Considérons plutôt le pouvoir dont nous disposons ! Celui de consommer différemment c'est-à-dire de ne pas nous laisser abuser par ceux que seul notre argent intéresse. Ce sont des centaines de millions d'euros que nous dépensons chaque mois en biens de consommation et produits de base, en sorte que chaque pièce dont nous nous délestons constitue un bulletin de vote que nous déposons dans une urne. Ce faisant, sans le savoir, nous disons « oui » à la façon dont certaines multinationales exploitent leurs employés, « oui » à leurs profits immoraux, « oui » à leurs investissements douteux... Nous disons trop souvent « oui » à des individus dénués de tout scrupule.

Le commerce équitable existe. L'Internet foisonne de sites qui en exposent les innombrables mérites. Des labels comme “ Max Havelaar ” constituent, par exemple, un gage de dignité pour les producteurs qui, à l'autre bout de la chaîne, nous permettent de déguster café, thé et jus d'orange... La dignité, pour nous comme pour les autres, voilà bien une notion qu'il convient de mettre en avant dans notre vie de tous les jours. Après tout, lorsque nous consommons, nous veillons toujours à bénéficier du meilleur rapport qualité/prix, notion relevant désormais de notre “ instinct de consommateur ” qui entend acquérir des produits qui durent... Pensons aujourd'hui à l'importance de payer les choses selon le meilleur rapport DIGNITÉ/PRIX. C'est sans doute le mieux que nous puissions faire pour garantir notre propre développement durable.

Un livre :
Le Guide du Consommateur Responsable, Milène Leroy (Marabout)

Des sites :

www.terrespoir.com
www.andines.com
www.maxhavelaarfrance.org
www.artisansdumonde.org
www.commercequitable.org


Geoffroi

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Les Actualités
[sélectionnées par l'équipe de Fraternet]



UNE PREMIÈRE EN FRANCE : L'INTERNET DANS UNE PRISON


C'est au sein d'un univers carcéral austère et délabré qu'une initiative des plus rénovatrices vient de voir le jour. La maison d'arrêt de Strasbourg vient en effet de lancer son site Internet accordant à des centaines de détenus la possibilité de communiquer avec le monde extérieur par l'intermédiaire d'un forum de discussion. Cette initiative sans précédent va non seulement permettre aux détenus de s'exprimer et de correspondre avec n'importe quel internaute du monde entier mais constitue par-là même une possibilité pour chacun d'entre nous de pénétrer dans un univers jusqu'alors cloisonné ; une véritable porte ouverte sur un milieu somme toute totalement inconnu pour la majorité d'entre nous.

A l'origine de cette initiative, une volonté d'élever le niveau socioculturel et de pallier notamment l'illettrisme lequel concerne pas moins de 20% de la population carcérale française. Concrètement, les internautes peuvent désormais prendre contact avec un prisonnier et lui poser des questions sur l'univers qui est le sien, sur sa vie quotidienne, sa situation physique et psychique, sur ses conditions de détention, etc. Des thèmes fondamentaux tels que la privation de liberté et ses implications concrètes sont également abordés.

Malgré le fait que la loi interdise aux prisonniers une connexion directe à l'Internet, ces derniers peuvent s'exprimer dans une large mesure grâce à un système de gestion informatique des messages qui leur sont transmis par des enseignants et modérateurs qui gèrent le forum de discussion. Pour Pierre Durrenberger, le responsable de l'enseignement à la maison d'arrêt de Strasbourg, les détenus ont ainsi « l'impression de participer à l'évolution du monde, de ne pas rester en retrait. Cela leur permet de se mettre dans une situation d'écriture réelle, à partir de questions qui les concernent directement. »
C'est la raison pour laquelle, même si ce projet n'interpelle actuellement qu'une faible minorité de détenus, le bouche à oreille engendre peu à peu une prise de conscience générale quant à la nécessité pour le prisonnier « d'exprimer un mal-être », de « faire avancer les choses », de « lutter contre des idées préconçues » le concernant et, surtout, de songer aux modalités de sa réinsertion sociale.

Aujourd'hui, quelques semaines après la mise en place du forum, les prisonniers ne sont plus seulement autorisés à répondre aux questions des internautes. Ils peuvent, eux aussi, poser des questions et vivre ainsi une forme d'échange véritable avec le monde extérieur, avec cet Autre susceptible de lui donner quelque chose : de l'écoute, de l'amitié, de l'intérêt, de la compassion, de l'amour... Tous ces ingrédients de vie et de stabilité qui sont autant de repères et de ferments indispensables à l'évolution de tout être humain et, en l'occurrence, à son insertion sociale ! Mais dans cet échange, il se pourrait que nous autres internautes soyons bien surpris de recevoir de l'enfer carcéral ces mêmes ferments d'amour qui nous ont fait certainement défaut. Il se pourrait alors que nous fassions de nouvelles prises de conscience quant à la problématique de la répression judiciaire et de la réhabilitation sociale et affective d'un prisonnier...

Voilà pourquoi cette initiative, qui constitue indéniablement une avancée majeure dans l'évolution des consciences, de toutes les consciences, dépasse finalement le cadre d'une simple optique pédagogique. Puissent d'autres prisons suivre cet exemple et participer ainsi à la culture de l'Echange, source d'Amour : solution véritable à la résolution des conflits les plus profonds et donc à l'évolution de la société et du monde.

Site Internet de la prison de Strasbourg : www.ma-strasbourg.justice.fr


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LES U.S.A. ENVISAGENT UNE “GUERRE ÉCLAIR” EN IRAK

Onze ans après la fin de la guerre du Golfe, il semblerait que les Etats-Unis envisagent une “guerre éclair” en Irak concentrée sur Saddam Hussein et son entourage. Les sources de la presse américaine proviennent de responsables militaires et de membres du Pentagone.

On peut donc estimer que ce sont plus que des rumeurs d’autant que la conseillère pour la sécurité du président américain, Condoleezza Rice, a affirmé au Financial Times que Washington mobilisera « les forces suffisantes pour gagner » une guerre contre l'Irak et « se consacrera entièrement » ensuite à la reconstruction du pays.
Un responsable du Pentagone déclarait aussi au Washington Post : « Notre intérêt est d'intervenir très rapidement pour décapiter le régime et ouvrir l'accès à l'Irak, de manière à montrer que nous sommes là comme des libérateurs et non pour occuper le pays. »

Ce dimanche, Donald Rumsfeld, secrétaire américain à la défense, avait indiqué qu'une éventuelle action militaire en Irak viserait le président Saddam Hussein et son entourage en cherchant à épargner la population et les infrastructures civiles.
« Naturellement, nous ne voulons pas infliger de souffrances au peuple de ce pays », avait-il affirmé à la presse. « Une telle approche est évidente », avait ajouté le chef du Pentagone.

Le Washington Post précise aussi que le général Tommy Franks, chef du commandement des forces américaines dans le Golfe n’utiliserait que 100 000 hommes pour cette offensive. Elle mobiliserait sans doute moins d’hommes mais serait plus meurtrière d’après le général Michel Roquejeoffre, ancien chef des forces françaises dans la guerre du Golfe.

Les fuites dans la presse américaine, dénoncées par M. Rumsfeld, semblent confirmer que les Etats-Unis sont prêts à ne pas tenir compte du changement de position de Saddam Hussein quant à un retour des inspecteurs des Nations Unies pour le désarmement.
En effet, M. Bush a déclaré que si l’ONU ne prenait pas en charge cette affaire, les Etats-Unis agiraient seuls avec leurs alliés mais certains de ceux-ci ont mis en garde l’administration Bush contre toute action unilatérale.

A travers ces informations, on devine l’impatience du président américain qui souhaite en finir au plus vite avec le dictateur irakien. Ses harangues ne semblent pas avoir convaincu la communauté internationale de frapper l’Irak, car, tout en parlant de paix, les Etats-Unis continuent leurs attaques aériennes quotidiennes sur ce pays, ce qui ne ressemble pas vraiment à un processus de paix ! Mais quelles sont donc les véritables raisons d’un tel acharnement ? Ne serait-ce pas cet or noir si âprement convoité ? Devenir le second producteur mondial de pétrole en ferait bouger plus d’un... Gageons une fois encore que l’appât du gain et de la puissance l’emportera malheureusement et prévaudra sur une quelconque ouverture au dialogue et à la défense des droits de l’homme bien préoccupante dans cette région !


Lectures conseillées
:

>> Irak, qui a gagné ? - Daniel Durand : Daniel Durand, ancien secrétaire national du Mouvement de la paix, analyse les faits qui ont accompagné l'effondrement du régime de Saddam Hussein. Il montre que si la guerre d'Irak a marqué l'entrée dans une nouvelle ère, ce n'est peut-être pas celle annoncée parde nombreux commentateurs, d'une dominationsans partage des États-Unis, mais au contraire celle de l'affirmation de nouvelles tendances et de nouvelles forces opposées à leur hégémonie. Aspiration à la sécurité et à un développement humain mieux partagé, redécouverte de l'idée du multilatéralisme, convergence avec le mouvement altermondialiste et émergence d'une culture de la paix ne forment-ils pas la base d'un "nouveau pacifisme" conquérant, illustré par les grandes manifestations antiguerre du début 2003 ? Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Mourir pour McDo en Irak : Colonisation américaine, résistance irakienne - Naomi Klein, Jean Bricmont, Tariq Ali, Geoffrey Geuens, Collectif : Il y a quelques semaines, le personnel du Pentagone a visionné “La Bataille d'Alger”, un classique anticolonialiste. Aveu idéologique que la campagne irakienne est du même ordre que la guerre d'Algérie ou que celle du Vietnam. Au même moment, on apprenait, lors d'un congrès d'investisseurs, que McDo pourrait commencer à vendre des Big Mac et des frites en Irak dans les prochains mois. Si cette nouvelle vous enchante, ne lisez pas ce livre. Face à cette recolonisation, le mouvement pacifiste doit se poser la question de la résistance à la Pax Americana. Que voir dans cette guerre d'un type nouveau et dans les récents actes de résistance contre l'occupant ? Et surtout, que faire ? Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Rupture dans la civilisation : Le révélateur irakien - Jacques Julliard : "La plus grande victoire de Ben Laden, ce n’est pas l’attaque contre les tours jumelles de Manhattan et les trois mille morts qu’elle a faits. Sa plus grande victoire, c’est le nouveau cours de la politique américaine. C’est le triomphe d’une philosophie qui par certains points s’apparente à la sienne : heurt de civilisations, primat de la force sur le droit. C’est l’éclatement de l’Occident qui s’ensuivit." Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

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La “Justice” au Texas

Dans un même esprit de fraternité et de défense des droits humains, l'équipe de Fraternet vient de créer l'Association Latitude pour apporter un soutien moral et financier aux condamnés à mort du Texas (Etats-Unis). En effet, la justice texane fait preuve d'incompétence, de discrimination sociale, raciale et met tout en œuvre pour condamner puis exécuter des personnes démunies et vulnérables.

Les médias ont souvent mis en exergue les carences de la justice texane : l'incompétence des avocats commis d'office qui, sous-payés, se désintéressent totalement des causes qu'ils ont à défendre ; le pouvoir abusif du district attorney qui va jusqu'à utiliser des moyens illégaux afin d'assurer sa réélection ; les jurés qui subissent eux aussi une certaine discrimination raciale, sociale et de sexe et qui ne sont choisis que s'ils sont pour la peine de mort ; la manipulation du jury qui ne dispose que des informations les incitant à ne prononcer que la peine de mort ; une nouvelle orientation de la justice texane dans les procédures d'appel qui procède en même temps de l'habeas corpus et de l'appel direct, ce qui ne donne aucune chance au condamné de faire valoir de quelconques irrégularités lors de son procès (depuis 1995 les révisions des sentences sont passées de 33% à seulement 3% !) ; quant au recours en grâce, ultime espoir d'un condamné, la commission ne fait état sur aucun registre des motifs de ses décisions et ses membres rendent leur verdict individuellement par fax ! (depuis 1995, 1 seul condamné a évité la mort).

Aussi, connaissant les invraisemblables failles de la “justice” texane qui n'en a que le mot et sachant que ce sont les personnes les plus démunies qui en font les frais, l'Association Latitude veut donner les moyens à quelques unes d'entre elles d'être défendues équitablement en leur payant un avocat compétent susceptible de sauver leur vie. C'est le cas actuel de Bryan Eric Wolfe, emprisonné depuis plus de 9 ans dans les couloirs de la mort et qui a besoin de notre aide à tous, maintenant, son exécution étant programmée pour la fin de cette année.

Si vous voulez en savoir plus sur la justice texane, sur ce qui se passe dans les prisons du Texas et si vous voulez apporter votre part d'humanité dans ce monde inhumain, vous pouvez visiter notre site en cliquant sur ce lien : www.association-latitude.org



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