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Un cri
Lundi 22 avril 2002


En France, les résultats ahurissants du premier tour des élections présidentielles laissent les Français éberlués et la classe politique sous le choc. Le taux record d'abstention, la déroute des partis dits “de gouvernement”, la retraite anticipée du premier ministre et la montée en puissance de l'extrémisme composent un paysage que la presse internationale n'hésite pas à qualifier de “cataclysmique”. La nuit dernière, des dizaines de milliers de Français se sont réunis spontanément dans les rues des grandes villes pour clamer leur “honte” face au triomphe de Jean-Marie Le Pen. Mais plutôt que de jeter l'anathème sur ceux qui ont apporté leur suffrage au dirigeant du Front National, ne vaudrait-il pas mieux accepter d'entendre leur cri ?

En effet, plus que d'un séisme, il s'agit d'un cri : un cri de rejet, une sorte de spasme provoqué par l'écœurement à l'égard d'un système coupable de générer toujours plus d'incohésion sociale. Comme beaucoup de cris lancés au cours de l'Histoire, il s'y trouve de la haine, du désespoir, de la souffrance aussi... La haine est faite autant d'animosité envers l'autre - envers celui qui est différent - que de dégoût de soi-même. Mais l'Amour de soi et d'autrui est-il suffisamment mis en avant dans notre culture ? Où l'enseigne-t-on ? Qui en parle encore autrement que par des phrases vides ? Qui le met en pratique ? Certainement pas les élites politiques sourdes à la solidarité tant elles sont ivres de croissance économique ! Le mercantilisme occupe depuis trop longtemps le devant de la scène. Il pousse au désespoir les plus démunis, les jetant si violemment dans l'inconnu que leurs peurs en sont exacerbées à l'extrême. Dans un système aussi fermé, chaque individu a vite fait de se trouver des raisons de se dévaloriser s'il ne réussit pas socialement, de craindre la venue “d'étrangers” pour peu qu'il ait du mal à finir le mois et d'en vouloir à l'état qu'il soupçonne de le pressurer, alors même qu'il en constate la corruption. Dans une pseudo-démocratie comme la nôtre, il est donc assez naturel que la colère s'exprime lors du premier tour d'une élection présidentielle puisqu'il n'y a, en somme, aucune autre occasion de se faire entendre...

Le plus triste pour les électeurs de Jean-Marie Le Pen, c'est qu'en rejetant la duplicité et l'égoïsme qui caractérisent l'élite au pouvoir, ils deviennent les dindons d'une farce bien plus sournoise encore. Et plus tragique. Le dirigeant du Front National ne sèmera pas la paix dans les banlieues mais rapprochera la société française d'une guerre civile. Allégera-t-il le poids de la fiscalité ? Peut-être, mais apparaîtront alors le clientélisme, le népotisme et la corruption. Et point de partage des richesses ! Et s'il parvient à stopper le flux de l'immigration, il asséchera, dans le même temps, les sources de l'échange, du développement et de l'humanisme. Oui, après les Autrichiens et les Italiens, les Français commencent à céder à la panique. Voyant l'immense fracture qui sépare les personnes et les institutions, et ne sachant que faire, ils se jettent dans ce gouffre béant plutôt que de tenter de le combler.

Cela, seule la Fraternité peut y parvenir. Et c'est bien ce qu'elle fait chaque jour, en rapprochant des individus différents, en apportant l'apaisement dans les foyers, dans les écoles et sur les lieux de travail, en générant de la créativité, de la tolérance, du respect et de l'Amour. Sans elle, il n'y a pas de sécurité possible, pas d'honnêteté ni de partage équitable. Sans elle, nous assisterons, ahuris, à l'effondrement annoncé du capitalisme, lequel n'est évidemment souhaitable que si nous devenons capables de le remplacer par un système véritablement humain. Sans elle, il y aura d'autres 11 septembre...

Alors, que des borgnes cessent de juger des aveugles ! C'est bien là un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre. Il n'y a qu'une seule chose dont nous pouvons vraiment être honteux, c'est de ne pas donner la priorité à la Fraternité dans notre vie.


Geoffroi Contact



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En attendant la suite...

Ariel Sharon vient d'annoncer hier, dimanche 21 avril, la fin de la première phase de l'offensive israélienne appelée “rempart” qui avait débutée le 29 mars dernier en Cisjordanie. L'objectif militaire espéré par le Premier ministre israélien était “d'éradiquer les infrastructures terroristes palestiniennes”. Satisfait des résultats obtenus lors de cette opération, l'ordre de mettre fin à l'occupation par son armée des principales villes telles que Naplouse et Ramallah a été donné. Seule la ville de Bethléem et quelques villes autour de Djénine font encore l'objet d'un siège avec notamment celui de la Basilique de la Nativité, à Bethléem, où sont retranchés depuis plus de deux semaines quelque 200 Palestiniens, pour la plupart armés.

« Toutefois, la guerre contre le terrorisme continue. Mais, cette fois, nous allons employer une nouvelle méthode » a déclaré M. Sharon lors d'une intervention sur une radio israélienne. Personne ne connaît exactement les fondements de cette “nouvelle méthode”, mais il avait lui-même parlé, dans le passé, de la possibilité de créer des zones tampons afin de mieux garantir la sécurité du territoire israélien contre les actions des groupes terroristes palestiniens.

Alors que les troupes israéliennes évacuent en partie la Cisjordanie, la communauté internationale désire fortement des éclaircissements sur la nature de l'intervention militaire survenue début avril dans le camp de Djénine et dont la quasi totalité des maisons a été rasée faisant plusieurs dizaines de morts parmi les civils. Amnesty International, qui a pu infiltrer un délégué sur place, parle de séisme dans le camp où l'espoir de retrouver des personnes vivantes ensevelies sous les décombres est aujourd'hui nul. Sans tarder, l'ONU, par l'intermédiaire de son secrétaire général, a demandé qu'une enquête soit menée sur place afin de déterminer les responsabilités israéliennes dans ce que certains ont qualifié de “tragédie” et de nouveau symbole palestinien. Israël, de son côté, après avoir accepté l'idée de la mise en place d'une telle enquête, a émis dernièrement de fortes réticences quant au déroulement de celle-ci, allant jusqu'à menacer d'agir contre l'émissaire qui serait dépêché par l'ONU dans la région. En outre, la demande d'une force d'interposition émise par M. Kofi Annan a été rejetée simultanément par Israël et les Etats-Unis jugeant cette proposition inappropriée voire provocatrice.

Partout dans le monde, ceux qui peuvent exprimer leur avis sont unanimes. Le Pape en appelle au retrait des troupes israéliennes de Bethléem. La Jordanie et l'Egypte dénoncent cette manœuvre militaire sur le territoire palestinien. L'Europe critique sans arrêt la politique israélienne en Palestine. Les Etats-Unis ne savent plus comment peser de leur poids sur les décisions de M. Ariel Sharon. Bref, le bourbier géant, dans lequel s'enlisent Israéliens et Palestiniens depuis plus de 50 ans, s'est mué, au fil de toutes ces années en une guerre sordide, en cimetière où chacun justifie la mort d'autrui par la mort des siens. Devant la banalisation de la violence et de la mort, le sort du peuple palestinien n'intéresse plus grand monde, ni même celui des Israéliens qui sont de plus en plus critiqués par les instances internationales. Pourtant, si nous regardons bien dans les yeux de ces deux peuples - ces pauvres gens qui paient par la perte de leurs proches une logique politique et religieuse sanguinaire - il y a des larmes de souffrance, de détresse et de colère par lesquelles s'échappe un seul et unique cri : “la paix !”.


Lectures conseillées :

>> La Guerre israélienne de l'information : Désinformation et fausse symétries dans le conflit israélo-palestinien - Joss Dray, Denis Sieffert : La guerre, avant d'être une affaire militaire, est une affaire de mots. Ils ont joué un rôle majeur dans l'offensive déclenchée, le 28 février 2002, par l'armée israélienne contre les villes palestiniennes. On sait à quel point, à cette occasion, elle a placé l'information sous contrôle. Mais on sait moins que l'offensive a été préparée par un long travail de délégitimation de l'Autorité palestinienne. Cette entreprise de désinformation commence dès le lendemain de la négociation de Camp David II, en juillet 2000 : le " refus " de Yasser Arafat d'accepter la " généreuse " proposition israélienne de restitution de " 97 % " des territoires occupés va devenir une vérité acceptée par l'ensemble de l'opinion internationale. Or, comme le démontrent les auteurs de ce livre, il s'agit d'un pur mensonge, suivi de bien d'autres... Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Palestine - Israël. Approches historiques et politiques - Collectif , Samaha Khoury : Le destin de la Palestine est, depuis toujours, tragique. L'histoire de cette terre est celle d'incessants conflits. La violence qui s'y manifeste est probablement liée au fait religieux : sur une “Promesse divine” se sont greffées des réalités politiques. Tout cela engendre contestations et discordes, là où il faudrait une sage organisation, respectueuse des droits de tous, et des compromis à défaut de consensus. Il est difficile d'expliquer le conflit israélo-arabe sans recourir à l'histoire et sans revenir sur la fameuse “Promesse de Yahvé”, sur l'idéologie sioniste et le rêve de la “Terre Promise”, sur la déclaration de Balfour et enfin sur les décisions de l'ONU, surtout celle du partage de 1947, et leur nonapplication. Avec l'accord d'Oslo de 1993, la paix semblait pouvoir s'établir. Mais cet accord était-il véritablement l'œuvre commune de toutes les parties en présence ? La paix qui devait résulter de cet accord n'était-elle pas plutôt une fausse paix, annonciatrice de futures catastrophes ? Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Politicide : Les Guerres d'Ariel Sharon contre les palestiniens - Baruch Kimmerling, Arnaud Regnault de la Soudière (Traduction) : Mettant en relief dés épisodes clés de la politique israélienne (guerre de 196'7, guerre du Liban, Intifada), Baruch Kimmerling décrit le parcours d'Ariel Sharon: ses succès militaires, son arrivée sur la scène politique, ses liens avec le pouvoir, ses victoires électorales. Il livre ainsi une démonstration brillante du fonctionnement de la société israélienne et de la pensée politique de Sharon. À l'heure où Israël connaît de profondes mutations (réduction drastique de la liberté d'expression, implication croissante dès militaires dans les affaires politiques...), Baruch Kimmerling écrit un ouvrage indispensable pour comprendre une situation d'urgence, véritable cri d'alarme contre les extrémismes de tous bords. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !


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Espoir au Timor Oriental



C'est à Santo Paulus de Dili qu'ont eu lieu les premières élections présidentielles du Timor Oriental. José Alexandre Xanana Gusmao, grand leader indépendantiste, a très largement remporté le scrutin du 14 avril dernier alors que l'Indépendance du territoire sera proclamée le 20 mai prochain...

Défendu par les milices d'un front révolutionnaire pour l'indépendance (FRETILIN), le Timor Oriental s'était libéré de la tutelle portugaise mais fut aussitôt envahi par les forces indonésiennes en 1975. Malgré l'intervention de l'ONU qui fit pression sur Djakarta en 1991, l'armée massacra des centaines de manifestants alors que Xanana Gusmao, chef du FRETILIN, fut capturé par l'armée indonésienne et condamné à 20 années d'emprisonnement, ce qui ne l'empêcha pas de poursuivre sa lutte indépendantiste.

Lorsque le successeur du dictateur indonésien proposa un référendum sur l'indépendance du Timor Oriental, la population se prononça à 80 % pour l'indépendance. Mais des milices, soutenues par l'armée indonésienne, tuèrent des milliers de civils et poussèrent la population à fuir vers le Timor Occidental. L'ONU obligea l'armée indonésienne à se retirer du pays qui fut alors placé sous l'administration onusienne.

Aujourd'hui, M. Gusmao est à la tête d'un pays traumatisé qui a vu disparaître le tiers de sa population sous le joug de l'armée indonésienne ; un territoire qui deviendra lors de la proclamation officielle de son indépendance le plus jeune Etat du monde. Mais M. Gusmao entend bien se rendre digne de ses nouvelles fonctions sachant pertinemment que les “attentes sont élevées” et que “l'anxiété et les besoins sont énormes”. Oui, une lourde tâche pour le nouveau président désormais confronté à un Parlement représenté par ses anciens compagnons indépendantistes du FRETILIN lesquels ne se rallient pas forcément à sa cause : M. Gusmao a en effet l'intention de proposer au parlement une amnistie incluant les auteurs des massacres de 1999. Alors que l'ONU se retire peu à peu du pays, souhaitons à cet homme qui n'a jamais faibli dans sa farouche volonté d'indépendance de toujours garder la foi dans une possible réconciliation, clé de voûte de toute construction...

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Le droit d'asile en Europe


Les droits des migrants sont bafoués dans de nombreux pays. Obligés de fuir leur patrie d'origine parce que menacés dans leur droit à la vie, des réfugiés demandeurs d'asile vivent dans des conditions dégradantes et parfois inhumaines.

L'ONG Human Rights Watch, préoccupée par ces violations systématiques du droit humanitaire international, a profité de la réunion des Ministres des Affaires Etrangères des Partenaires Euro-méditerranéens, les 22 et 23 avril à Valence (Espagne), pour leur demander de porter davantage d'attention à la question du traitement des immigrés en Europe. Les pays membres s'étant engagés à défendre les droits humains, notamment en Europe de l'Ouest où l'exclusion, la discrimination et les mauvais traitements que subissent les immigrés sont des problèmes qui perdurent.

Une lettre a d'ailleurs été envoyée aux 37 Ministres des Affaires Etrangères pour les conjurer de s'occuper de la détresse de tous ces immigrés. Cette lettre leur demande, en substance, de faire protéger les droits des migrants, avec ou sans papiers, qui souffrent de détention et de discrimination raciale. En Espagne par exemple, de nombreux demandeurs d'asile du nord et sud Sahara, en situation critique, sont détenus aux Iles Canaries dans des conditions épouvantables. Entassés dans des locaux, ils n'ont pratiquement pas accès aux soins, manquant d'exercice et d'air frais. Ils n'ont en outre aucune possibilité de se plaindre ou de réclamer une quelconque justice à leur égard. Des enfants sans famille ont subi des abus de la part de la police espagnole.

De même, dans certains pays comme la Grèce, les migrants sont victimes de trafics d'êtres humains, ceci en toute impunité du fait de la corruption de certains officiers de police et d'une absence de lois destinées à lutter contre ces trafics.

Ainsi, Human Rights Watch recommande aux gouvernements de prendre des dispositions pour que des actions concrètes voient le jour et qu'enfin les demandeurs d'asile puissent jouir des droits fondamentaux que leur accorde la loi internationale.

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La perte de la diversité biologique

La vie de notre planète ne semble pas interpeller outre mesure la centaine de ministres de l'environnement qui ont statué sur son sort le 19 avril 2002... Et pourtant, si des mesures ne sont pas rapidement prises, l'humanité sera exposée à de graves préjudices.

Malheureusement, l'urgence n'a pas la même signification pour tous. En effet, lors de la conférence qui a eu lieu à La Haye, les “efforts” des ministres présents pour lutter contre la perte de la biodiversité biologique des forêts ont été remis à 2010. Mais, en huit ans, la vie de notre planète peut subir des dégâts irréversibles si cette biodiversité biologique n'est pas préservée !

Le sujet des forêts primaires, (forêts non encore exploitées, et principaux refuges de très nombreuses espèces vivantes) ne fait pas partie des textes de cette convention sur la biodiversité. Néanmoins, lors de la conférence de la Haye, un programme de 130 activités pour une meilleure connaissance et préservation des forêts a été exposé...

Il semblerait que dans les nombreux points soulevés lors de cette conférence, il n'ait pas été suffisamment tenu compte des populations vivant dans et grâce à ces forêts comme celles du Brésil et d'Amazonie. Il est toujours plus question des pays développés qui prennent la meilleure part du gâteau au détriment des pays en développement.

Mais soyons justes, tout n'est pas totalement négatif puisque le sujet du devenir des forêts est maintenant pris en considération par la convention. Espérons qu'il fera bientôt partie des priorités de sauvegarde de la vie de notre planète.


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