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Les crève-la-faim
Lundi 17 juin 2002


Le sommet de Rome consacré à la lutte contre la faim dans le monde vient de se clore sur un lamentable échec qui illustre de façon tragique le nombrilisme morbide dans lequel se complaisent les nations occidentales. Dès le début, les observateurs avisés ont bien été forcés de constater qu'ils assistaient là à une douloureuse pantomime. Pensez donc ! Cette glorieuse assemblée, censée décider des mesures à mettre en œuvre pour réduire le nombre d'affamés de moitié d'ici 2015, commença ses travaux par un festin où figuraient langoustes et caviar... Le ton était donné ! Nul ne s'étonnera donc que Silvio Berlusconi ait mis un terme à ces débats stériles avec deux heures d'avance afin d'assister au match de football qui opposait l'Italie au Mexique. Le “malheureux homme” ne pouvait, en effet, éviter d'assister à cette conférence vitale pour l'avenir de la planète puisqu'il en était l'hôte. Nul doute que si cela n'avait pas été le cas, il se serait fait représenter par un quelconque ministre, comme le firent les autres chefs d'états occidentaux.

C'est donc, ni plus ni moins, une nouvelle offense à l'humanité tout entière dont se rendent responsables nos “chers” gouvernants. Alors qu'un être humain meurt de faim toutes les quatre secondes, comment tolérer que les dirigeants de pays nantis comme la France, l'Allemagne, les Etats-Unis, l'Angleterre et tant d'autres s'abstiennent de se déplacer ? Les défenseurs des droits humains connaissent trop les terribles effets de leur indifférence. Aucun changement ne peut avoir lieu rapidement, aucun espoir ne peut naître si les leaders des grandes puissances refusent d'en être les instigateurs. C'est qu'il faut être animé par un authentique humanisme pour accepter d'entendre les reproches des peuples du Sud, empathie dont nos politiciens des hautes sphères sont clairement dépourvus. Car les critiques sont justifiées et graves les accusations... Nous laissons mourir nos semblables parce que nous ne parvenons pas à nous défaire d'un modèle économique fondé sur l'injustice : nous parlons de libre commerce mais c'est exclusivement dans le but de gagner de nouveaux marchés, car nos barrières douanières empêchent les pays pauvres de nous vendre leurs produits ; nous interdisons à ces nations défavorisées de soutenir leur propre agriculture alors que nous-mêmes ne cessons d'inonder les nôtres de subventions ; et tandis que nous asphyxions des populations entières par la pression d'une dette inique, nous leur faisons miroiter nos biotechnologies comme solution miracle à leurs famines.

Le sommet de Rome constituait une opportunité de changer la face du monde, de le rendre plus équitable et donc plus sûr. Qu'en ont donc fait leurs prestigieux responsables de l'Ouest ? Un camp de vacances pour touristes où les délégations purent se livrer à un shopping honteux et s'enivrer dans les dancings romains ; un club d'investisseurs taillé sur mesure pour permettre aux lobbyistes des firmes américaines de vendre leur “pollution génétique” ; un collectif d'inconscients qui refusa sèchement d'allouer les milliards de dollars nécessaires à la lutte contre la famine en Afrique. Bref, nous les occidentaux avons étalé le spectacle de notre vanité sous le regard ébahi - quoique passablement déphasé - des représentants des pays pauvres et des délégués des ONG. Les 800 millions de miséreux qui ignorent encore s'ils mangeront ce soir ont, eux, heureusement échappé à cette pitoyable bouffonnerie.

Mais qui sommes-nous donc ? N'est-ce pas nous les véritables crève-la-faim ? Poussés par un appétit délirant et une soif de posséder que rien ne peut étancher, nous écumons le monde, traînant notre misère. Un boulet qui n'est autre que notre résistance à remettre en cause nos habitudes, notre incapacité à nous satisfaire de ce que nous avons, notre dégoût de nous-mêmes qui nous rend étrangers au partage. Notre être ne se réduit pas à ce (ou ceux) que nous possédons ou posséderons. Puissions-nous un jour ressentir que nous avons faim de quelque chose de plus vaste et que l'amélioration du monde ne dépend pas de nos avancées en génétique mais de nos progrès en générosité.


Geoffroi


Lectures conseillées :

>> La faim dans le monde - Sylvie Brunel : Analyse sociopolitique d'une tragédie qui ne devrait pas exister, la faim dans le monde. L'auteur explique pourquoi la faim existe toujours et comment il est possible d'en venir à bout. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Géopolitique de la faim - Action contre la faim : Deux cents millions de victimes de la faim en Afrique subsaharienne ! Ce rapport d'Action contre la faim dresse un constat sévère. La réflexion s'organise autour de l'étude de six crises alimentaires majeures (Timor oriental, Sierra Leone, Angola, Éthiopie, Corée du Nord, Tchétchénie). Il apparaît que les pays occidentaux, forts de leur "droit d'ingérence", peuvent être accusés de n'intervenir trop souvent qu'en fonction de leurs intérêts économiques et stratégiques. Mais l'analyse des circuits de l'aide alimentaire, des acteurs, des intérêts, laisse entrevoir les raisons d'une certaine faillite de la lutte contre la faim, liée à l'instrumentalisation de l'aide par les donateurs, mais aussi par les gouvernements et élites des pays receveurs. Action contre la faim livre ici un témoignage du dévouement quotidien et souligne l'ampleur de la tâche : lutter contre la faim, mais aussi contre les conséquences de la guerre, de la corruption, de la pauvreté. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> La Faim : Pourquoi ? - François de Ravignan : La nouvelle édition, entièrement actualisée, d’un essai militant pour lutter contre la faim dans le monde, devenu un classique. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !



Les Actualités
[sélectionnées par l'équipe de Fraternet]


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Indemnisations pour les victimes de l'apartheid


L'avocat américain, Ed Fagan, qui avait réussi à obtenir que les victimes de l'Holocauste reçoivent des compensations, entame actuellement des procédures judiciaires pour obtenir des indemnisations de la part des banques et compagnies ayant contribué à soutenir le régime de l'apartheid. Un régime qui a terrorisé durant plus de 40 années la population noire d'Afrique du Sud par des arrestations, des détentions arbitraires, des déportations, des tortures et des meurtres officialisés...

L'avocat va donc plaider en faveur de nombreuses personnes revendiquant des réparations pour les exactions commises. Parmi ces personnes, la mère d'une victime venue participer à une conférence de presse à l'occasion de l'anniversaire du soulèvement d'étudiants noirs de Soweto en 1976. Son fils, Hector Petersen, alors âgé de 13 ans, fut le premier étudiant abattu par la police lors de la manifestation.

S'appuyant sur le rapport de la Commission Vérité et Réconciliation mise en place après l'apartheid, Monsieur Fagan a déclaré que le régime de répression en Afrique du Sud a fait son lit sur le financement et les compétences de nombreuses firmes internationales qui ont cherché à tirer profit du système répressif. Seront mises au ban des accusés des compagnies britanniques telle que BTR ainsi que des multinationales américaines et des banques suisses et allemandes. Une liste qui inclut également quelques-uns des plus grands noms du monde des affaires : les géants de l'informatique IBM et ICL, les compagnies pétrolières La Royale Hollandaise Shell, BP et Mobil, le fabricant d'armes Vickers et Rolls-Royce... Toutes ont contribué au développement du régime de l'apartheid participant implicitement à ce qui fut un véritable crime contre l'humanité. Selon Fagan, ces firmes se doivent de réparer en indemnisant les victimes, le montant des réparations devant être calculé en fonction des profits accumulés durant l'apartheid.

Par ailleurs, pour appuyer sa requête, Ed Fagan a recueilli les éléments permettant de démontrer que le système de ségrégation instauré en Afrique du Sud en 1948 était intimement lié au régime nazi et que des institutions financières ayant soutenu ce dernier avaient également appuyé le régime de l'apartheid en Afrique du Sud. Il a ajouté que le Premier ministre du régime, Daniel Malan, avait soutenu la propagande nazie durant la seconde guerre mondiale de même que l'un de ses successeurs, Hendrik Verwoerd.

Il y aura aussi des grincements de dents dans les milieux politiques. Un activiste de l'anti-apartheid a en effet déclaré que l'assassinat de ses deux enfants, abattus dans leur sommeil en octobre 1993, avait été cautionné par le Président de Klerk alors qu'il allait recevoir conjointement avec Nelson Mandela le prix Nobel de la Paix 1993 !

Bref, Monsieur Fagan vient de déclencher une onde de choc dans des hautes sphères économiques et politiques. Mais une onde susceptible d'apaiser des milliers de personnes qui demandent que leurs oppresseurs soient mis face à leurs responsabilités et qu'ils restituent ce qu'ils ont fait fructifier dans la terreur et le sang. Certes, aucune indemnisation financière ne saurait panser d'aussi profondes blessures. Mais l'être humain humilié a besoin de se sentir reconnu dans sa souffrance pour pouvoir, un jour, pardonner et trouver enfin l'apaisement.


Lectures conseillées :

>> Apartheid : l'aveu et le pardon - Sophie Pons : La commission Vérité et réconciliation, créée par Nelson Mandela et animée par Desmond Tutu, a présidé les débats publics visant à "crever l'abcès" qui empoisonne la société de l'Afrique du Sud depuis l'apartheid. Ce livre recueille ces témoignages pour écrire l'histoire de l'apartheid, saisissant les moments les plus marquants pour instaurer la mémoire collective et permet ainsi d'engager le pays sur la voie du pardon. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Il n'y a pas d'avenir sans pardon - Desmond Tutu, Alain Deschamps (Traduction), Josiane Deschamps (Traduction) : Desmond Tutu, le célèbre archevêque anglican du Cap en Afrique du Sud, prix Nobel de la Paix, raconte ici son expérience de la commission Vérité et Réconciliation, une opération de prise de parole des bourreaux et victimes de l'apartheid. Ses conclusions relatives à ces dépositions signalent le rôle du pardon, non pour oublier les évènements subis durant 30 ans, mais, pour que les noirs et les blancs comprennent leur histoire mutuelle, afin d'entrevoir l'avenir avec confiance et qu'ils se réconcilient. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !


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Les services publics en péril


De graves incidents ont lieu, en ce moment, au Pérou et principalement à Arequipa, deuxième ville du pays, située à 1000 km au sud de Lima. Le gouvernement a déclaré l'état d'urgence et décrété le couvre-feu, suspendant ainsi le droit des citoyens aux libertés fondamentales. Et c'est à l'armée qu'est confiée la responsabilité de rétablir l'ordre !

Les émeutes se sont déclarées à la suite de la décision prise par le président péruvien Alejandro Toledo de privatiser deux compagnies d'électricité, propriétés de l'état, Egasa et Egesur, en les vendant à une filiale de la Suez-Lyonnaise des Eaux, la société Tractebel, pour un montant de plus de 167 millions de dollars.

La violence de la réaction du peuple péruvien s'explique par le fait que Toledo, par ce geste, a trahi ses électeurs. En effet, il y a un an, à l'occasion de sa campagne présidentielle, il s'était engagé solennellement, dans un acte signé avec les organisations de défense des intérêts locaux, “à ne jamais privatiser” ces deux sociétés. Il lui est donc demandé aujourd'hui de tenir ses promesses et d'attendre les élections régionales de novembre prochain pour permettre aux autorités locales de donner leur avis. La révolte a pris une telle ampleur depuis vendredi dernier qu'il y a déjà plus de 100 blessés et que les dégâts constatés au centre ville sont estimés officiellement à cent millions de dollars. L'aéroport a dû être fermé et le trafic aérien interrompu.

Malgré ces manifestations alarmantes et une cote de popularité ayant chuté de 20% depuis son élection, le président péruvien maintient sa décision. Il semble ne pas tenir compte de l'avis de son peuple et des organisations qui réclament sa démission.

Le maire d'Arequipa, Juan Manuel Guillen, ainsi que 22 maires du département, on fait une grève de la faim de 4 jours, appelant au calme et dénonçant la violence comme pouvant nuire à leur cause qu'ils estiment juste.

Souhaitons que la voix de la raison puisse se faire entendre et que ces incidents regrettables ne soient pas la cause d'un conflit plus sérieux, dont Alejandro Toledo porterait l'entière responsabilité.

Cet événement est le reflet de ce qui pourrait arriver dans d'autres pays prochainement. Les gouvernements de 130 pays sont en train de négocier secrètement un accord international visant à privatiser les entreprises d'état. (fournisseurs d'énergie, éducation, services postaux, services sociaux, médias, transports…)

Dans moins de deux ans, cet accord appelé “General Agreement on Trades in Services” (GATS) mettra fin irrévocablement à la notion de service public. Ce qui va bouleverser la vie de millions de personnes et remettre en cause la qualité et les coûts des services.

Depuis 10 ans, de nombreux pays du Tiers Monde, qui dépendent du Fond Monétaire International, ont été forcés de démanteler leurs infrastructures publiques ou d'abandonner des programmes sociaux, pour obtenir en contrepartie une réduction de leurs dettes. Ces services sont alors confiés à des groupes étrangers comme Vivendi ou la Suez-Lyonnaise des Eaux qui en tirent de gros bénéfices. C'est le cas dans de nombreux pays latino-américains où la santé et l'eau coûtent maintenant très cher, abaissant ainsi considérablement le niveau de vie des populations.

Déjà plus de 40 pays, Europe incluse, envisagent de placer l'éducation sous le joug du GATS, confiant ce secteur à des entreprises étrangères et ceci de façon quasi irréversible : il sera très difficile de revenir en arrière. Mais ce n'est pas tout. Les négociations dans le cadre du GATS prévoient également un droit de regard sur l'environnement et la protection des ressources naturelles ! De quoi donner froid dans le dos si l'on songe qu'une généralisation de telles pratiques conduirait à terme à la mort de la démocratie.


Lecture conseillée :

>> Services publics : Le livre noir des privatisations - Promouvoir les Services Public, Gérard Delfau (Préface) : Cet essai constitue l'une des premières tentatives de présentation synthétique des dégâts économiques et humains causés par la privatisation de quelques grandes entreprises publiques, en Europe et aux États-Unis, dans le domaine de l'énergie, de l'eau, du courrier, des services financiers, du transport, etc. Il ne s'agit pas d'une étude universitaire, mais d'un ouvrage collectif, résultat de la collecte quotidienne et sans cesse actualisée d'informations par Jean-Jacques Bianchini, Anne-Isabelle Ferry et les membres de l'association " Promouvoir le Services Publics " (PSP). Il rappelle la brève et désastreuse histoire de la privatisation de quelques services publics dans le monde, démonte les ressorts de l'idéologie néolibérale, esquisse les voies de la reconquête, tant au niveau français et européen qu'à l'échelle des institutions internationales, puisque déjà vacille la toute puissance du marché. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !


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Les retombées du nucléaire

Le projet de réalisation d'un nouveau site de fabrication d'armes nucléaires en Angleterre, à Aldermaston, risque de se concrétiser rapidement au vu des enjeux politiques et économiques qui y sont rattachés. Cette installation sera capable d'étudier, de construire et de tester les nouvelles générations de bombes atomiques qui constitueront les pièces maîtresses des guerres futures. En effet, selon certains experts en armement, il s'agirait de très petites ogives destinées à être utilisées contre des groupes terroristes ou des états malveillants. Ce site de fabrication deviendrait ainsi le fleuron de la technique nucléaire en matière d'armes lourdes en Europe. Ce projet, largement appuyé par Tony Blair, suscite de nombreuses réactions au sein de la classe politique anglaise mais aussi auprès des mouvements favorables au désarmement. Ainsi, les ministres s'indignent que ce plan de réarmement n'ait pas fait l'objet d'un débat parlementaire avant d'être approuvé ou rejeté alors qu'il nécessitera une dépense se montant à plusieurs centaines de millions de livres sterling. Certains analystes n'hésitent pas à qualifier cette décision de grave manquement aux obligations des Britanniques face au traité de non-prolifération des armes nucléaires. Par ailleurs, la mise en œuvre de ce plan, dont l'existence à été confirmée par l'Institut des Armes Atomiques, coïncidera avec la fermeture du site de Burghfield, où les têtes nucléaires “Trident” étaient fabriquées depuis près de 50 ans.

Cette nouvelle politique de développement de l'armement atomique bénéficie, en fin de compte, des dispositions militaires rapides prises conjointement par les Britanniques et les Américains au lendemain du 11 septembre 2001. Tony Blair justifie alors sa décision par la nécessité de participer, au côté des Etats-Unis, à l'élaboration d'un bouclier de défense anti-terroriste. Depuis plusieurs mois, la coopération entre les deux pays n'a cessé de s'accroître et des membres de la défense britannique ont régulièrement rendu visite à leurs homologues américains.

L'industrie de l'armement construit son avenir sur les phobies et la paranoïa des chefs d'états qu'elle soudoie lors de leur accession au pouvoir. Le fructueux marché, directe et parallèle, des ventes d'armes explique à lui seul que ce genre d'engagement militaire soit pris et que de tels investissements soient envisagés de la part de politiciens bellicistes. Que penser alors de l'immobilisme et du désintérêt affiché de l'O.N.U. (Organisation des Nations Unies) devant le conflit opposant l'Inde et le Pakistan, tous deux détenteurs d'armes nucléaires. Faut-il y voir un désengagement politique du fait de quelques implications et collaborations douteuses dans l'armement initial de ces pays ? Quelles sont les raisons qui font qu'aucun chef d'état ne s'investit réellement pour essayer de mettre en place un projet de plan entre ces deux peuples ? Ce sont les stratégies politico-économiques qui feront toujours de l'argent et de la course aux énergies les seuls moteurs initiant des actions de guerre afin de “garantir la paix”, une paix fragile et illusoire imposée par la force où l'être humain n'est qu'un prétexte au sein d'enjeux qui ne le concernent pas...

Dans le même temps, les Russes renégocient leurs accords passés avec les Américains dans le but de pouvoir réutiliser leurs armes nucléaires et justifier, par la suite, leur remplacement par des missiles plus performants ! De quoi relancer l'économie d'un pays au bord de la ruine ! En effet, si les retombées du nucléaire sont multiples elles se résument à deux alternatives bien distinctes : l'iode131 et le césium137 pour le peuple ; l'argent et le profit pour les fabriquants, les dirigeants... et les trafiquants !


Lectures conseillées :

>> Héritage nucléaire - Thérèse Delpech : L'auteur, experte des questions nucléaires, dresse un état précis de la prolifération nucléaire dans le monde, "avec le souci d'inscrire les évolutions des différents pays dans un contexte politique et régional". Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Essais nucléaires - De Becker : Un ouvrage sur les enjeux, le programme de désarmement, la surveillance, les divers types d'expériences nucléaires. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !


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Où en est le terrorisme au Moyen-Orient ?

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les terroristes continuent leur action, allant même jusqu'à déclarer que le récent attentat de Karachi constituait le commencement du djihad. Il a fait, rappelons-le, 11 morts et 46 blessés devant le consulat américain. Tarjuman Al-Qanoon, qui a revendiqué cet attentat, a déclaré qu'il fallait voir là le début de son combat au Pakistan et que cette action faisait partie de la “guerre sainte” menée contre les Etats-Unis et leurs alliés.

Actuellement, le Pakistan est considéré comme la plaque tournante des opérations pour lutter contre les partisans d'Oussama Ben Laden. Ces derniers ont trouvé refuge dans des écoles coraniques. Ils sont soutenus par un puissant réseau. Depuis le 11 septembre, de très nombreuses arrestations liées à Al-Qaida ont eu lieu. En mars dernier, Abu-Zubaydah, le plus ancien des opérateurs actifs d'Al-Qaida, a été arrêté à Faisalabad. Son nom fut lié à l'arrestation de José Padilla le mois dernier à Chicago. Celui-ci est soupçonné d'être le poseur d'une “bombe sale” quelque part aux Etats-Unis. Au Pakistan, deux de ses complices furent également arrêtés. Onze volumes d'une encyclopédie du Jihad ont pu être récupérés à Peshawar ; ils étaient distribués aux nombreux fugitifs d'Al-Qaida cachés dans la ville et comprenaient des centaines de pages consacrées aux assassinats, à la fabrication de bombes chimiques et d'armes biologiques. Ces livres étaient dédicacés par Ben Laden.

Un tract, accompagné d'une photo de ce dernier en compagnie du mollah Omar, dit ceci : « Je suis en vie et mon ami mollah Omar (chef suprême des talibans) aussi. C'est le devoir de tous les musulmans de faire la guerre aux infidèles ».

Des cellules terroristes existent dans plusieurs pays. Au Maroc, par exemple, Zuher al-Tbaiti, recruteur saoudien d'Al-Qaida depuis une dizaine d'années, a envoyé des douzaines d'hommes pour être formés au terrorisme dans les camps d'Afghanistan. Il vient d'être arrêté par la police des frontières avant d'avoir pu mettre son projet à exécution : il s'agissait de faire sauter un des navires de guerre britanniques et américains ancrés dans le détroit de Gibraltar. Après son arrestation, deux autres ressortissants furent arrêtés, Hilal Alassiri et Abdellah al-Ghamdi, anéantissant ainsi un des centres névralgiques d'Al-Qaida.

En Grande-Bretagne, en Malaisie, en Italie, en Espagne, des groupes de jeunes volontaires sont formés de la même manière qu'au Maroc pour commettre les pires atrocités. La tactique d'Al-Qaida consiste à envoyer dans ces différents pays des hommes rompus à l'entraînement du terrorisme dans le but de former des volontaires.

Aujourd'hui, le gouvernement Bush semble prendre conscience que sa victoire contre le terrorisme est loin d'être acquise : les attentats suicide à Karachi, les complots au Maroc, les risques de bombes “sales” aux U.S.A. sont autant de preuves que les Talibans se sont regroupés et qu'un nouvel Al-Qaida est en train de se former. Des hommes du F.B.I. et de la C.I.A. ont été envoyés sur place pour lutter contre cette menace. Les derniers événements ont d'ailleurs convaincu les Etats-Unis de la nécessité de fermer certains de leurs consulats au Pakistan.


Lectures conseillées :

>> Sur les traces de Ben Laden : le jeu trouble des Américains - Mohamed Sifaoui : Plus de deux années après les attentats du 11 septembre 2001, Oussama Ben Laden est tantôt donné pour mort, tantôt pour blessé. Le chef d'Al-Qaida revient cycliquement sur la scène médiatique pour montrer que lui, son état-major et son organisation n'ont pas été sérieusement affectés par la lutte mondiale contre le terrorisme. Comment expliquer les échecs de la lutte antiterroriste lancée par les Américains, qui ne sont pas seulement dûs à la méconnaissance du phénomène islamiste? Cette enquête menée sur le terrain au Pakistan et en Afghanistan fait ressortir une série d'indices et de témoignages qui montrent que les stratèges de la Maison Blanche ont sciemment « retardé » la neutralisation d'Oussama Ben Laden. Celui-ci se cache depuis plusieurs mois au Waziristân, une zone tribale encerclée discrètement pour limiter les déplacements du chef d'Al-Qaida. Pourquoi? D'abord, la manipulation du danger islamiste est une sorte de culture chez l'administration américaine. Ensuite, parce qu'il fallait absolument renverser le régime irakien avant de neutraliser le chef d'Al-Qaida. Enfin, la décision de « reporter » l'arrestation de Ben Laden est due à des calculs électoralistes. En effet, le 2 novembre 2004 se dérouleront les présidentielles américaines : quoi de mieux que l'arrestation de Ben Laden, quelques semaines auparavant, pour assurer la réélection de Bush ? Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Les Coulisses de la terreur - M. Labeviere : Deux mois avant les attentats du 11 septembre, la CIA négocie encore avec Oussama Ben Laden. Puis les Etats-Unis déclenchent les hostilités en Afghanistan. Ils laissent s'échapper le milliardaire saoudien et ses protecteurs, comme ils laissent s'évanouir leurs capitaux dans une jungle financière. Qui sont les complices au cœur même de l'establishment américain ? Aurons-nous bientôt un “Ben Ladengate” ? Pour l'éviter, les idéologues de l'administration Bush inventent une nouvelle guerre froide : la guerre sans fin contre la terreur... Désormais, tous ceux qui ne partagent pas les valeurs du meilleur des mondes selon Washington sont suspectés de soutenir le terrorisme, sinon d'être des terroristes eux-mêmes, agents d'un nouveau complot contre le monde libre et les champions du Bien. Ce complot est baptisé d'un nom générique : Al-Qaïda. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> 11/9 : Autopsie des terrorismes - Noam Chomsky : Sollicité par les médias internationaux, le linguiste anarchiste américain Noam Chomsky s'est livré à une analyse de la situation au lendemain des attentats du 11 septembre. Ces entretiens sont aujourd'hui rassemblés dans un petit livre publié au Serpent à plumes : 11/9. Loin de la déferlante consensuelle qui a submergé nos ondes après cette date, Chomsky démonte le système de propagande mis en oeuvre par les autorités américaines et les médias, notamment à travers l'emploi d'une terminologie très précise. Il questionne par exemple le sens de la formule "guerre contre le terrorisme" en rappelant qu'aucune puissance occidentale ne peut respecter sa propre définition officielle du terme "terrorisme" : les États-Unis ne sont-ils pas le seul pays à avoir été condamné pour «usage illégal de la force» contre le Nicaragua par la Cour internationale de justice de La Haye (1986) ? Par conséquent, le seul pays dont le terrorisme a été établi à l'aide de preuves ? Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Guerre et mondialisation : A qui profite le 11 septembre ? - Michel Chossudovsky : Une guerre trop vite déclarée contre des ennemis trop vite identifiés ? Quelques heures après les attentats du 11 septembre, l'administration Bush déclare ouvertes les hostilités contre le terrorisme, Ben Laden, l'Afghanistan, l'islam politique... À croire que cette date a servi de prétexte inespéré aux ambitions et aux nécessités de la politique américaine. Remontant aux origines de la présence des services secrets américains en Asie centrale depuis la Seconde Guerre mondiale, Michel Chossudovsky dénonce le chantage de l'administration républicaine aux talibans, à la veille du 11 septembre. Devant les résistances afghanes aux offres de la société pétrolière Unocal, l'ultimatum américain est le suivant : « Soit vous recevez un tapis d'or, soit vous recevez un tapis de bombes ! » Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !


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