| Une
jeune internaute détenue au secret |
Lundi 17 mars 2003
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CHINE : La jeune internaute Liu Di détenue au
secret depuis quatre mois
Depuis quatre mois aujourd'hui, Liu Di, étudiante en psychologie,
est détenue par la police. Sa famille n'a toujours pas été autorisée
à la voir. Les autorités l'accusent d'avoir mis en danger
la sécurité nationale et affirment vouloir faire pression
sur elle en la détenant au secret. Mais selon ses proches, Liu
Di n'a fait qu'exprimer sur Internet son désir de liberté.
Reporters sans frontières déplore le traitement infligé à Liu
Di, âgée de 22 ans, depuis son arrestation en novembre 2002,
et s'interroge : Comment une jeune internaute sans aucun engagement
politique peut-elle mettre en danger la sécurité de la Chine
populaire ? L'organisation demande la libération immédiate de
Liu Di et la levée des charges qui pèsent contre elle. Reporters
sans frontières rappelle que la Chine a signé le Pacte international
relatif aux droits civils et politiques.
La famille de Liu Di a confirmé à Reporters sans frontières
que la jeune internaute est bien détenue au secret. La police
refuse de préciser son lieu de détention. Ses parents ont seulement
reçu deux courts messages de leur fille qui leur demandait de
l'argent. Ils ont pu déposer dans un commissariat de l'argent
et des vêtements, sans être sûrs pour autant qu'on les ait remis
à leur fille.
Depuis l'arrestation de Liu Di, la police a seulement indiqué
à sa famille qu'elle avait été arrêtée pour avoir mis
en danger la sécurité nationale. Selon les policiers,
il était nécessaire de maintenir la pression sur
l'étudiante lors de l'enquête. Ses parents sont inquiets des
réalités que couvre le mot pression utilisé par
les policiers, même si ces derniers affirment que la jeune fille
est en bonne santé.
Le père de Liu Di a expliqué à Reporters sans frontières ne
pas comprendre pourquoi sa fille, qui signait ses messages sur
Internet La souris inoxydable, est emprisonnée pour
avoir mis en danger la sécurité nationale. « Elle
adorait surfer sur Internet pour chercher des informations.
Mais elle était frustrée par le manque de liberté sur Internet
et elle a peut-être exprimé des critiques ou des sarcasmes,
mais sans jamais penser aux conséquences de ces messages »,
a précisé Liu Qinghua.
La police a par ailleurs averti la famille que la nature de
cette affaire pourrait changer si les médias étrangers, les
organisations de défense des droits de l'homme ou les dissidents
chinois faisaient du bruit autour du cas de Liu Di.
Le 7 novembre 2002, à la veille de l'inauguration du seizième
Congrès du Parti communiste chinois, Liu Di avait été arrêtée
sur le campus de l'université de Pékin. Sa famille n'a été informée
de son arrestation que lorsque la police est venue procéder
à une fouille de son domicile, saisissant ses notes, ses livres
et son ordinateur.
Au moins trente-six cyberdissidents sont actuellement emprisonnés
en Chine.
Reporters sans frontières
http://www.rsf.org/
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