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Tous victimes ?
Lundi 9 septembre 2002


Un an après la tragédie du 11 septembre, le monde occidental semble figé dans la torpeur, comme incapable de tirer les enseignements de l'Histoire à mesure qu'elle se déroule sous ses yeux ébahis. Les journalistes dont le rôle est bien de poser les vraies questions font gravement défaut. Les intellectuels aptes à formuler de judicieuses réflexions manquent cruellement. Restent la mauvaise littérature, les anathèmes et le “politiquement correct”. L'on ne doit pas, nous dit-on, chercher des raisons à cette horreur, comme si raisonner conduisait forcément à comprendre et comprendre à excuser... Le gouvernement américain en sort évidemment renforcé, la population faisant corps autour de ses dirigeants, comme à son habitude. George Bush s'imagine déjà terrassant le “dragon Saddam Hussein”, grand ennemi des Etats-Unis devant l'Eternel. Il manquait à son administration des victimes : elle en a 3 000 à présent qu'elle compte bien utiliser aussi longtemps qu'elle le pourra pour étouffer toutes formes de critiques.

Ainsi, nous voici donc conviés au silence, à la caution, au chèque en blanc. Les Etats-Unis sont-ils responsables de bien des horreurs du monde moderne ? Bien sûr, nous dit-on, mais regardons d'abord devant notre porte : nazisme, stalinisme et maoïsme ne sont pas de leur fait... Pratiquent-ils une politique économique injuste ? Oui, mais l'Europe n'a pas un comportement moins inhumain en la matière. Taisons-nous donc et suivons le cortège commémoratif sans nous retourner ni poser de questions. Ne restons surtout pas sur le bord de la route car ceux qui défilent en silence ne manqueraient pas de nous prendre pour des opposants à leur juste cause... Autrement dit, la radicalisation des esprits pousse chacun d'entre nous à s'identifier au plus vite à un groupe, au gré des circonstances. Le 11 septembre, il faut être Américain. Tel autre jour, il convient d'être Israélien, tel autre de se comporter en “bon Français. Malheur à celui qui opérerait quelque résistance, il se verrait aussitôt affubler d'une étiquette négative : si vous pensez que les Etats-Unis ont déclenché la guerre en Afghanistan pour cause de pétrole et d'indépendance énergétique, vous êtes immanquablement un “marxiste ; si vous estimez qu'Ariel Sharon conduit une politique cruelle, vous êtes obligatoirement “antisémite ; si vous sifflez la Marseillaise, vous êtes un “moins que rien.

Mais que peuvent donc bien cacher ces étiquettes abusives et ces processus d'identification fallacieux ? S'il est, à l'évidence, naturel de compatir aux souffrances d'une population, (qu'elle soit américaine, israélienne, palestinienne ou tchétchène etc.) lorsque celle-ci fait l'objet de violences, quelle peut bien être la valeur de cette compassion si nous ne sommes pas “humains avant d'être citoyens de telle ou telle nation ? En sorte que ce ne sont certainement pas l'altruisme ou le goût de la fraternité qui poussent tant d'individus à s'identifier à ceux qui souffrent, mais bien plus la recherche d'un statut de victimes. Il y a là, en effet, un moyen de faire taire son semblable, un prétexte pour nourrir un furieux appétit de revanche, une occasion rêvée de transgresser les interdits et de clamer : « je suis une victime, j'ai tous les droits ». Bien des personnes peuvent se prévaloir d'être des victimes. Mais la Shoah ne donne pas tous les droits aux Juifs, pas plus que l'oppression israélienne ne donne tous les droits aux Palestiniens. Dans le même esprit, les attentats du 11 septembre n'autorisent pas le gouvernement américain à se lancer dans n'importe quelle campagne belliqueuse ou à faire main basse sur les libertés fondamentales. Malheureusement, l'ignorance, le patriotisme, l'autosatisfaction et l'orgueil empêchent les peuples de prendre conscience des limites de leurs droits.

Et puis un jour vient le réveil. Un jour comme les autres, un jour sans attentat où l'on doit prendre ses responsabilités dans son travail, devant les siens ou face à l'Etat... Et l'on se sent alors bien seul, ce jour-là. Peut-être parce qu'à force de se faire croire que l'on est une victime parmi d'autres, on perd peu à peu sa capacité à agir en individu responsable, créateur de son propre destin. Mais si nous cessons de dissimuler notre véritable identité sous des étiquettes sans âme, si nous réfléchissons et nous intériorisons un tant soit peu, une évidence s'offre à nous : lorsque nous nous regardons devant la glace, nous sommes seuls. En face de nous se trouve un individu et non un peuple. Un individu doué de nombreuses capacités. Cessons de le nier. Un individu doté d'un important pouvoir. Cessons de l'infantiliser. Plus encore, un être doté d'une certaine dose d'humanité qu'il peut, à sa guise, développer ou diminuer. Cessons de régresser !

Geoffroi


Lectures conseillées :

>> La Loi du plus fort : Mise au pas des Etats voyous - Noam Chomsky, Ramsey Clark, Edward W. Said : Trois intellectuels américains de renommée internationale, Noam Chomsky, Edward W. Said et Ramsey Clark, posent dans trois contributions indépendantes la question de la définition par les Etats-Unis des États dits « voyous ». Ils démontrent que les actions engagées contre eux peuvent être en contradiction avec les résolutions des Nations unies et le droit international. Ensemble, ils révèlent la face noire de la politique étrangère américaine. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Les voies spirituelles du bonheur - Dalaï Lama : L'auteur développe les principes de compassion, responsabilité et fraternité universels. Il se prononce en faveur d'un nouvel ordre économique mondial, du désarmement et du dialogue des religions. La compassion, ou désir d'aider autrui, est un idéal au cœur de la pratique bouddhiste. Les enseignements du Dalaï-Lama permettent de comprendre que la compassion, ou désir d'aider autrui, est une voie vers le bonheur personnel et l'harmonie entre les peuples. Mais, au-delà, la compassion doit aussi être comprise comme religion universelle. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Pourquoi sommes-nous en guerre ? - Norman Mailer, Bernard Cohen (Traduction) : Mailer, écrivain et intellectuel âgé de 80 ans, avait pris part et position violemment contre la guerre du Vietnam. C’était il y a trente ans. Le texte de l’allocution de San Francisco, plus d’un an après les attentats du World Trade Center, ont provoqué aux États-Unis un véritable séisme et lancé un débat d’idées sur le patriotisme exacerbé et l’hégémonie américaine contre lesquels Mailer, en un autre temps, commentateur du mythique match Ali-Foreman dans Le Combat du siècle, punche avec la foudre d’un poids lourd. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> L'émergence des créatifs culturels - Paul H. Ray, Sherry Ruth Anderson : Au terme d'une enquête sociologique de 14 ans aux USA, les auteurs de ce livre ont repéré les représentations communes à plusieurs sous-groupes et identifié les créateurs d'une nouvelle culture en Occident. Ils les ont appelés les "Créatifs Culturels". Ils représentent 24% de la population et sont en rapide croissance. Ce livre s'adresse particulièrement à celles et ceux qui vivent ces valeurs au quotidien ; ils se reconnaîtront dans ces portraits et descriptions, découvriront qu'ils sont bien plus nombreux qu'ils ne croient, et oseront alors vivre au grand jour leurs convictions profondes. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !


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Les actualités
[sélectionnées par l'équipe de Fraternet]

Sommet de la terre 2002


10 ans après le Sommet de Rio, l'ONU a organisé fin août à Johannesburg (Afrique du Sud), où se côtoient villes prospères et bidonvilles, le plus grand rassemblement qui ait jamais eu lieu, pour dresser le bilan des résultats du précédent Sommet de la Terre jugés très décevants. Le but en était, selon les propos de Kofi Annan, secrétaire général, de « passer des promesses à l'action ».

Etaient présents une centaine de chefs d'Etat ou de gouvernement (à l'exception de George Bush et de Vladimir Poutine), et plus de 40 000 personnes comprenant des dirigeants de firmes multinationales, les délégués des ONG, des journalistes et tous ceux venus assister à des événements parallèles.

Un Plan d'action devait y être défini pour décider des mesures à prendre pour que se concrétise le développement durable de la planète. Considérant que plus d'un milliard d'humains n'ont pas accès à l'eau potable, plus d'un milliard et demi n'ont pas l'électricité, qu'environ 2 milliards subsistent avec moins d'un euro par jour et que d'ici à 2025 les deux tiers de la population mondiale vivront peut-être dans des pays qui auront à faire face à une grave pénurie d'eau, les priorités à l'ordre du jour ont été les suivantes : l'eau potable, les énergies non polluantes, la santé, l'agriculture durable et la sauvegarde de la “biodiversité” des différentes espèces animales.

Le développement durable propose de définir un programme d'action concret conciliant environnement et développement afin de permettre la croissance des pays du Sud et d'améliorer les conditions de vie des êtres humains sans détruire l'environnement naturel comme l'ont fait les pays du Nord. Ceci dans le but de préserver l'avenir de la planète pour les futures générations.

Peut-on penser que les mentalités évoluent, qu'un tournant soit pris et que la croissance économique et l'intérêt des entreprises passent enfin par un souci de justice et un respect de l'environnement ?

Quel est l'avis des participants à l'issue de ce sommet ?
- « Je suis satisfait » nous dit Kofi Annan.
- « Un pas dans la bonne direction » a déclaré Jacques Chirac.
- Les 200 grandes entreprises présentes sous la bannière du BASD se sont déclarées “très contentes” du résultat du sommet.
- « Les pauvres ont obtenu des miettes » affirme l'association caritative Oxfam.
- « Quelle différence entre les discours et l'action », s'est exclamé le président équatorien Gustavo Noboa.
- Un collectif des grandes ONG a appelé les ministres à « déchirer leur copie et tout recommencer ». Elles regrettent d'avoir été trop souvent écartées des débats. Elles dénoncent « l'échec à protéger la Terre, la biodiversité et les hommes ». Un point positif : Greenpeace estime que « la ratification prochaine du protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique par le Canada est un pas en avant ».
- « Le sommet de Johannesburg restera dans l'histoire comme une occasion manquée d'apporter l'énergie aux deux milliards de personnes qui en sont privées, et de lancer la révolution des énergies renouvelables dont nous avons besoin pour protéger le climat » ont estimé Greenpeace, le WWF et Oxfam.
- Les représentants de la société civile jugent « que le secteur privé a piraté ce sommet et que les considérations commerciales ont pris trop d'importance. Ils estiment avoir assisté à une soumission irresponsable des Etats à la globalisation menée par les multinationales ».
- Un sénateur Vert d'Australie déclare « les seuls vrais gagnants de cette conférence sont des pays comme les Etats-Unis, l'Australie ou l'Arabie Saoudite, ceux qui ne voulaient pas d'engagements chiffrés et qui défendent l'industrie du pétrole ».
- « Dans cette négociation, conclut un militant français, je ne sais pas qui est vainqueur ou vaincu. La seule chose sûre, c'est que la Terre a perdu ».

Il ressort que le Plan d'action proposé à la clôture du Sommet ne donne pas satisfaction. Des engagements sont pris comme il y a 10 ans à Rio mais les décisions sont floues et les moyens de concrétiser les actions ne sont pas mentionnés. Les objectifs ne sont pas chiffrés et les échéances ne sont pas précisées.

L'intérêt des multinationales a pesé lourd sur ces négociations au détriment des pays en développement. Les voix des ONG, des militants du mouvement des Sans-terre, qui ont manifesté en masse, n'ont pas été entendues. Les nations riches ont des priorités économiques de développement qui ne passent pas par les revendications des Inuits de l'Arctique menacés par le réchauffement climatique, ou celles des indigènes des Philippines appauvris par l'exploitation minière. Les catastrophes naturelles, de plus en plus nombreuses, comme les inondations qui ont eu lieu en Europe et en Asie, ne sont pas encore suffisamment significatives pour impressionner les “magnats de la pollution”. Que leur importe la disparition des espèces vivantes, la pauvreté, la désertification de l'Afrique, la famine, la détérioration du climat, le clivage entre les riches et les pauvres, la pollution en Asie, les pratiques sociales condamnables, les compromissions avec des régimes corrompus, pourvu que le commerce marche et que l'argent rentre dans leurs poches !
Le Sommet de Johannesburg aura coûté plus de 80 millions d'euros et aura été financé en partie par de grandes entreprises Sud-africaines. Mais les consciences ne sont pas encore prêtes pour prendre le tournant décisif indispensable qui permettrait d'éviter d'atteindre un “point de non-retour” fatal pour la planète et pour ses habitants.



Lectures conseillées :

>> Atlas mondial du développement durable : Concilier économie, social, environnement - Anne-Marie Sacquet : Le développement durable s'est imposé au Sommet de la Terre de Rio, en 1992, sur le constat de l'échec d'un mode de croissance épuisant la planète et reléguant la grande majorité des peuples dans la pauvreté. Plus de 170 chefs d'État et de gouvernement signent alors, en présence de milliers d'associations, un programme d'actions pour le XXIe siècle, l'Agenda 21. Ce programme propose un développement durable "conciliant préservation de l'environnement, équité sociale et efficacité économique", garantissant ainsi le bien-être de tous les habitants de la planète, sans compromettre l'avenir des générations futures. Qu'en est-il, dix ans après Rio, et au lendemain du Sommet de Johannesburg ? Comment s'est traduit dans les faits l'Agenda 21 ? Quels engagements ont pris les États, les entreprises, les collectivités ? Quel est aujourd'hui l'état de la planète et comment vivent ses habitants ? Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Combien de catastrophes avant d'agir ? : Manifeste pour l'environnement - Nicolas Hulot : L'environnement n'a toujours pas, dans la vie politique française, la place qu'il devrait avoir. Il ne l'a pas chez les responsables politiques, qui continuent de le traiter à la marge. Il ne l'a pas non plus chez les citoyens-consommateurs : ils ne se réveillent que lors des catastrophes écologiques, pour se rendormir peu après, quand l'alerte est passée. Leur insouciance conforte évidemment l'inaction des politiques. Je crains que dans le futur, si l'on ne fait pas davantage d'efforts, la dégradation de notre environnement ne provoque d'autres graves désillusions. Ne conviendrait-il pas de regarder enfin en face les risques de notre Terre, ceux de la France et ceux du monde, pour ne pas arriver toujours trop tard, après les catastrophes ? Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Pour que la terre reste humaine - Nicolas Hulot, Robert Barbault, Dominique Bourg, Jean-Louis Schlegel : Quelle place pour l'homme sur la Terre aujourd'hui ? Quels doivent être ses rapports avec l'environnement ? Jusqu'à quand pourra-t-il exploiter la nature sans contrôle ? Telles sont les graves questions qui structurent cet ouvrage : eau, air, forêt, animaux, tous les thèmes relatifs à l'environnement sont très clairement présentés, expliqués, qu'ils soient très anciens – l'épuisement des ressources énergétiques de la planète – ou plus actuels : effet de serre, vache folle, réchauffement de la planète… Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Johannesburg : Les Défis du nouveau siècle - Collectif : De nombreux observateurs ont relevé une contradiction entre la clarté du discours politique et la confirmation à Johannesburg du rôle dévolu aux entreprises privées pour avancer sur le chemin d'un développement durable. Se contenter de relever cette contradiction pour s'en plaindre est cependant profondément démobilisateur et inutile. Il est par contre infiniment plus intéressant et positif de jouer sur elle pour pousser toutes les avancées concrètes qu'elle légitime, y compris de la part du monde industriel ; et en dépit de la minceur des décisions prises lors de ce sommet et du goût amer qui nous en reste, il faut retenir les quelques décisions positives ainsi que le message politique qui a été porté et entendu à Johannesburg, aussi ténus soient-ils. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !


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Changer de régime

L'Irak et le régime de Saddam Hussein seraient-ils en passe d'acquérir cette fameuse arme nucléaire susceptible de justifier l'intervention militaire unilatérale dont rêve une bonne partie de l'administration américaine au pouvoir ? Aucune preuve évidente ne semble, pourtant, pouvoir alimenter, à l'heure actuelle, cette ambition. Il est vrai que le dictateur irakien use de toutes les ficelles, perfidies et fausses vérités pour mettre à l'épreuve l'orgueil des dirigeants américains et britanniques et pour attiser leur esprit belliqueux.

Aussi, lorsque les différents responsables de l'administration Bush sont conduits à s'exprimer sur une “nécessaire intervention” militaire sur le sol irakien, les convictions et les invectives personnelles prennent le pas sur les discours prudents, cohérents et homogènes qu'une telle situation exigerait. Or, nous avons l'impression d'assister à la montée d'une mayonnaise politico-militaire saupoudrée de consultations diplomatiques houleuses entre les différents dirigeants et porte-parole des grandes nations. L'administration Bush, la CIA et les Britanniques sont pour ainsi dire “sur le pied de guerre” alors que le reste du monde multiplie les mises en garde face à une intervention militaire de grande envergure en Irak. Les Chinois, les Russes, les Français et la Ligue Arabe ont exprimé leur désaccord à l'égard d'une action militaire imminente vers laquelle les Américains se dirigeraient allègrement sous le couvert d'une “action préventive”.

Jacques Chirac, le président français, a mis principalement l'accent sur le caractère particulièrement dangereux de la banalisation d'une telle action dite de “prévention”, qui cache en fait une véritable intervention armée à grande échelle, capable de créer un précédent militaire dont pourraient profiter ultérieurement des régimes ambigus et controversés comme la Chine, la Russie, l'Inde ou le Pakistan.

Devant cette déconvenue, George W. Bush a accéléré les consultations avec ses homologues pour essayer de les rallier à sa cause. Qu'à cela ne tienne ! Tout le monde campe sur ses positions et George W. Bush, appuyé par son vice-président Dick Cheney, a fini par déclarer « Les Etats-Unis sont prêts à agir seuls, s'il le faut ! ».

En ce moment même, le président américain prépare sérieusement le discours qu'il va prononcer le 12 septembre prochain à l'Assemblée Générale des Nations Unies et au cours duquel sa position à l'égard de l'Irak sera certainement largement évoquée. Puis il y a, au-delà des batailles politiques, au-delà des querelles diplomatiques et autres invocations éthiques quant aux valeurs militaires à respecter, la réalité des enjeux géostratégiques et économiques. Faut-il encore rappeler ceux de la guerre du Golf, gardés secrets aussi bien par le camp irakien que par celui des alliés, mais connus de tous ? Le pétrole, cette énergie fossile de plus en plus prisée, dont la possible pénurie ébranle la stabilité des pays qui en consomment le plus. Faut-il se remettre en mémoire le scénario catastrophe vécu par l'un des plus grands exploitants et producteurs de pétrole du monde, la firme texane ENRON ? Il y a également la vieille revanche du père Bush désireux de démanteler l'arsenal irakien en même temps que de renverser le régime de Saddam Hussein pour y mettre à la place un allié soumis, action qu'il n'a pu accomplir du temps de son mandat. Et il existe sûrement d'autres raisons qui nous dépassent et que nous ne découvrirons que bien plus tard, si nous les découvrons un jour !

Mais s'il y a des enjeux à défendre et que tout homme politique oublie définitivement, à un moment ou à un autre, lorsqu'il s'agit d'envisager un conflit militaire, c'est bien l'enjeu humain. Celui-ci ne rassemble que des pacifistes, des humanistes et humanitaires qui ne cessent de hurler (ils murmuraient encore il y a quelques années) aux oreilles des dirigeants de ce monde pour attirer leur attention sur la misère humaine qu'ils génèrent, du haut de leurs tours de verre, chaque fois qu'ils marchent sur un pays étranger ou sur leur propre pays au nom du pouvoir et de valeurs pseudo-démocratiques garants d'une paix mondiale de plus en plus fragile.

Le peuple irakien est presque mort, son quotidien est jonché de famines, de maladies connexes à la guerre du Golf de 1990 touchant principalement les enfants qui naissent sans yeux, sans bras ou atteints de leucémie et qui meurent par milliers. Le peuple irakien souffre, à mort. Comment faut-il le faire comprendre, comment faut-il le dire ? Et suffit-il de l'écrire ? Et lorsque George W. Bush déclare qu'il veut renverser le régime irakien, aurait-il l'intention d'inverser leur “régime alimentaire” pour arrêter définitivement la misère, la malnutrition et la mort qui en découle, inexorable depuis plus de douze ans ?

Lectures conseillées :

>> Mourir pour McDo en Irak : Colonisation américaine, résistance irakienne - Naomi Klein, Jean Bricmont, Tariq Ali, Geoffrey Geuens, Collectif : Il y a quelques semaines, le personnel du Pentagone a visionné “La Bataille d'Alger”, un classique anticolonialiste. Aveu idéologique que la campagne irakienne est du même ordre que la guerre d'Algérie ou que celle du Vietnam. Au même moment, on apprenait, lors d'un congrès d'investisseurs, que McDo pourrait commencer à vendre des Big Mac et des frites en Irak dans les prochains mois. Si cette nouvelle vous enchante, ne lisez pas ce livre. Face à cette recolonisation, le mouvement pacifiste doit se poser la question de la résistance à la Pax Americana. Que voir dans cette guerre d'un type nouveau et dans les récents actes de résistance contre l'occupant ? Et surtout, que faire ? Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Rupture dans la civilisation : Le révélateur irakien - Jacques Julliard : "La plus grande victoire de Ben Laden, ce n’est pas l’attaque contre les tours jumelles de Manhattan et les trois mille morts qu’elle a faits. Sa plus grande victoire, c’est le nouveau cours de la politique américaine. C’est le triomphe d’une philosophie qui par certains points s’apparente à la sienne : heurt de civilisations, primat de la force sur le droit. C’est l’éclatement de l’Occident qui s’ensuivit." Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Guerre à l'Irak : Ce que l'équipe Bush ne dit pas - Scott Ritter, William Rivers Pitt : En 1998, au terme de sept années de mission en Irak, Scott Ritter et les inspecteurs mandatés par les Nations unies ont confirmé la destruction de l'arsenal d'armes biologiques, chimiques et nucléaires de l'Irak. Pourquoi, dès lors, mener une nouvelle guerre à l'Irak ? Scott Ritter et William Rivers Pitt analysent les raisons d'une guerre annoncée contre l'Irak par la Maison blanche et soulignent l'absence totale de liens entre Al Qaida et Saddam Hussein... Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

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La “Justice” au Texas

Dans un même esprit de fraternité et de défense des droits humains, l'équipe de Fraternet vient de créer l'Association Latitude pour apporter un soutien moral et financier aux condamnés à mort du Texas (Etats-Unis). En effet, la justice texane fait preuve d'incompétence, de discrimination sociale, raciale et met tout en œuvre pour condamner puis exécuter des personnes démunies et vulnérables.

Les médias ont souvent mis en exergue les carences de la justice texane : l'incompétence des avocats commis d'office qui, sous-payés, se désintéressent totalement des causes qu'ils ont à défendre ; le pouvoir abusif du district attorney qui va jusqu'à utiliser des moyens illégaux afin d'assurer sa réélection ; les jurés qui subissent eux aussi une certaine discrimination raciale, sociale et de sexe et qui ne sont choisis que s'ils sont pour la peine de mort ; la manipulation du jury qui ne dispose que des informations les incitant à ne prononcer que la peine de mort ; une nouvelle orientation de la justice texane dans les procédures d'appel qui procède en même temps de l'habeas corpus et de l'appel direct, ce qui ne donne aucune chance au condamné de faire valoir de quelconques irrégularités lors de son procès (depuis 1995 les révisions des sentences sont passées de 33% à seulement 3% !) ; quant au recours en grâce, ultime espoir d'un condamné, la commission ne fait état sur aucun registre des motifs de ses décisions et ses membres rendent leur verdict individuellement par fax ! (depuis 1995, 1 seul condamné a évité la mort).

Aussi, connaissant les invraisemblables failles de la “justice” texane qui n'en a que le mot et sachant que ce sont les personnes les plus démunies qui en font les frais, l'Association Latitude veut donner les moyens à quelques unes d'entre elles d'être défendues équitablement en leur payant un avocat compétent susceptible de sauver leur vie. C'est le cas actuel de Bryan Eric Wolfe, emprisonné depuis plus de 9 ans dans les couloirs de la mort et qui a besoin de notre aide à tous, maintenant, son exécution étant programmée pour la fin de cette année.

Si vous voulez en savoir plus sur la justice texane, sur ce qui se passe dans les prisons du Texas et si vous voulez apporter votre part d'humanité dans ce monde inhumain, vous pouvez visiter notre site en cliquant sur ce lien : www.association-latitude.org


Lectures conseillées :

>> Dix-sept ans dans le couloir de la mort - Richard Michael Rossi, Robert Badinter (Préface), Fabien Gastellier (Traduction : document exceptionnel de 300 pages sur la vie quotidienne dans le quartier des condamnes a mort. A la facon d'un sociologue se penchant sur ce monde absurde ou la vengeance, la repression et l'humiliation sont les lois quotidiennes; ou la folie vous guette, ou vous vous demandez chaque soir de quelle facon vous pourrez aborder le jour prochain, Richard Rossi dresse un impitoyable requisitoire sur un systeme delirant qui traite ses prisonniers comme la Rome antique, ses parias. Il s'interroge egalement sur les peines de prison a vie sans liberte conditionnelle, sur le travail du deuil des familles de victimes qui consiste a uniquement rechercher l'execution du meurtrier, sur l'emergeance de plus en plus inquietante de ceux que l'on nomme "volontaires". Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Lettres du couloir de la mort - Joseph Kitchens : Incarcéré a la prison d'Huntsville (Texas), condamné à mort pour avoir violé et tué une jeune femme en 1986, Joseph William Kitchens est exécuté par injection létale le 9 mai 2000. Grâce à l'entremise d'Amnesty International, section française, il entreprend de correspondre avec Suzanne, ancien professeur d'anglais, membre de l'ACAT (action des chrétiens pour l'abolition de la torture). Témoins, mois après mois, de l'évolution de Joseph, Suzanne et ses amis de l'ACAT sont vivement impressionnés par son humanité, son espérance et sa repentance sincère, qui culminent dans ses dernières lettres, juste avant l'exécution. Cette correspondance exceptionnelle vaut en outre par ce qu'elle révèle de la condition carcérale sans issue. Enfin, elle met en évidence une nécessité fondamentale aujourd'hui aus Etats-Unis : la remise en cause de la peine de mort dans de nombreux états. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> En direct du couloir de la mort - Mumia Abu-Jamal, Jacques Derrida, Jim Cohen, John Edgar Wideman, Leonard I. Weinglass : Témoignage d'un Afro-Américain qui vit depuis treize ans dans des conditions souvent inhumaines dans le quartier des condamnés à mort d'une prison de Pennsylvanie. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !



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