| De
l'action préventive |
Lundi 7 octobre 2002
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Il y a trois ans, le 2 octobre 1999, débutait une nouvelle
guerre en Tchétchénie. Trois années de pillages, de disparitions,
de tortures et de massacres à l'encontre d'une population progressivement
abandonnée par la communauté internationale. L'agonie silencieuse
d'un peuple au nom de la "sacro-sainte" campagne antiterroriste
orchestrée par Vladimir Poutine. L'idée a fait long feu. Depuis
la tragédie du 11 septembre, il n'est pas une action engagée par
une grande puissance de la planète qui ne trouve sa légitimité
dans cette "lutte du bien contre le mal", dans ce combat pour
la "civilisation" rares sont les voix qui s'élèvent en Russie
pour dénoncer "l'impasse sanglante" dans laquelle se fourvoie
Moscou autant que sont timides les critiques à l'égard de Washington
lorsque l'administration Bush affiche sa détermination à en découdre
avec le tyran irakien. Et c'est comme si la foule s'était finalement
résignée à laisser les maîtres du monde se partager les lambeaux
de ce dernier, ne prêtant même plus attention aux transactions
honteuses qui se déroulent quasiment sous ses yeux. Les uns acceptent
de se taire à propos de l'Irak à condition que les autres ferment
les yeux sur une opération militaire en Géorgie, dernière menace
du président russe pour en finir avec les rebelles tchétchènes.
Et chacun de faire monter les enchères pour déstabiliser son adversaire
et tester sa capacité de réaction en le provoquant Vladimir Poutine
vient ainsi d'ordonner l'annulation du statut particulier de Radio
Liberté (défavorable au pouvoir en place), tandis que le gouvernement
américain multiplie les mises en garde contre toute atteinte à
la souveraineté géorgienne...
Bref, c'est à celui qui saura le mieux tirer son épingle du jeu
et s'approprier les richesses énergétiques des régions qu'il tient
sous sa coupe. Pour y parvenir, les méthodes des participants
sont rigoureusement identiques : la mode est à la diabolisation
sans nuance de l'ennemi. Saddam Hussein devient alors l'incarnation
du mal pour le gouvernement américain, tandis que Moscou croit
distinguer les traits du démon chez Edouard Chévernadzé. Ces glorieuses
nations espèrent peut-être faire oublier qu'elles sont elles-mêmes
considérées comme de "grands Satan" par bien des régimes islamiques.
Et c'est ainsi, au nom de la protection contre le mal, que l'on
justifie toutes sortes d'actions préventives, que l'histoire ne
tardera pas à décrire comme autant de génocides et d'atrocités...
Malheur à celui qui douterait du bien-fondé de telles opérations
antiterroristes, il se verrait aussitôt opposer l'argument définitif
de la sauvegarde des valeurs de notre civilisation ! Ces dernières
nécessitent parfois l'usage de la force, nous dit-on, et la stratégie
qui consiste à écraser dès à présent le mal pour éviter de plus
graves dangers est donc la seule raisonnable. En d'autres termes,
les hautes valeurs de notre civilisation passent avant la vie
de l'être humain.
Nous sommes ainsi parvenus au comble de l'absurdité. En effet,
seul le plus ou moins grand respect que nous accordons à la vie
humaine peut permettre de mesurer notre degré de civilisation.
C'est là l'enseignement des sages depuis des millénaires et par-delà
les cultures. Mais aujourd'hui, lorsque nous évoquons la notion
de civilisation, nous la restreignons inconsciemment à notre mode
de vie, notre façon de penser ou encore notre niveau de développement
ou de consommation... De sorte qu'il n'est nullement étonnant
que nous soyons disposés à tuer nos semblables au nom de telles
"valeurs" où dominent la vanité et le matérialisme. Quelles autres
références pourrions-nous donc avoir alors que les idéologies
sont, depuis longtemps, parties en ruine ? Quel discours convient-il
donc d'opposer à la dictature de la violence et de l'enfermement,
à l'orgueil démesuré de notre système capitaliste ? Celui de la
sagesse et du contrôle de soi, celui du réalisme et de l'apaisement.
Posons-nous donc la question suivante : qu'avons nous à perdre
sinon la vie ? Que nous importe les valeurs dont nous sommes fiers
si nous ne sommes pas là, nous ou nos enfants, pour en jouir ou
les honorer ? Seule compte notre propre existence, celle de chacun
de nos pareils. Dès lors, demandons nous si notre vie vaut objectivement
davantage que celle du Tchétchène retrouvé assassiné, la tête
dans un sac plastique, les os brisés, son corps jeté à la hâte
dans un fossé par quelques soldats russes terrorisés et manipulés
? Rien ne nous permettra jamais de connaître la valeur de notre
propre vie que le droit que nous accordons à l'autre de vivre
dignement et le soin que nous mettons à le lui permettre. C'est
bien là que se situe le noyau de cette notion si galvaudée que
celle de civilisation. Pour le comprendre, il n'est nul besoin
de se soumettre à un système ou de se plier à un rituel, simplement
de se poser un minimum de questions comme, par exemple, celle-ci:
pourquoi vivons-nous ? Si notre cœur n'est pas trop rempli d'amertume
ou de haine, nous découvrirons rapidement que nous vivons les
uns pour les autres et que la richesse inhérente à chaque individu
doit être scrupuleusement sauvegardée, protection que ne peuvent
assurer ni les bombes, ni les injustices, ni les vols permanents
dont nos sociétés se rendent coupables.
Telle est la véritable action préventive que nous avons le pouvoir
d'engager : une action préventive sur nous-mêmes, avant de prendre
de graves décisions. Interroger son cœur sur le bien-fondé de
ses actes, travailler sur soi avant de se croire juste, avant
de prétendre imposer aux autres nos "valeurs"... Nos gouvernants
ne sont pas forcément pires que nous. Ils se laissent conduire
par leur avidité et leurs peurs au même titre que leur peuple
et à la mesure des tentations auxquelles leur pouvoir les expose.
Puissent donc les humains que nous sommes apprendre à travailler
préventivement sur eux-mêmes, à opérer cette introspection salutaire
prélude à tout changement, cet indispensable djihad (sens initial
du terme dans l'islam). Nous comprendrons alors que le danger
survient autant lorsque nous nous croyons mauvais que lorsque
nous sommes certains d'être bons.
Geoffroi
Lectures conseillées :
>> La Grande Alliance : De la Tchétchénie à l'Irak, un nouvel ordre mondial - Frédéric Encel, Olivier Guez : Parmi les nombreux bouleversements géopolitiques survenus à la suite des attentats du 11 septembre, le plus spectaculaire est la constitution d'une grande alliance stratégique russo-américaine. Mois après mois, George W. Bush le moraliste et Vladimir Poutine le pragmatique enterrent définitivement la « petite guerre froide » des années 1990. Pour la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale, Russes et Américains se retrouvent côte à côte pour combattre un ennemi commun: le fondamentalisme islamiste. Du conflit tchétchène à la transformation de l'OTAN, de la lutte contre les réseaux dAl-Qaïda en Asie centrale à la coopération énergétique, Moscou et Washington ont ouvert une nouvelle ère de leurs relations.
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>> Le Chardon tchéthène : Sous le rouleau compresseur russe - Laurence Binet : Depuis bientôt dix ans, les Tchétchènes tentent de résister à l'occupation russe. Sous prétexte de lutter contre le terrorisme, l'armée russe se livre à une opération de destruction de ce peuple, tandis que la communauté internationale détourne les yeux. Maaka, 17 ans, raconte ses neufs dernières années dans la Tchétchénie en guerre : la faim, le froid, l'absence de soins, l'humiliation, sa famille décimée par les bombes et la terreur russes. L'exil comme seul échappatoire. Jeune appelé de l'armée russe, Pavel est envoyé contre son gré pour faire la guerre en Tchétchénie. Dans des lettres qu'elle ne reçoit pas, censure militaire oblige, il raconte à sa mère, Olga, comment l'armée russe les déshumanisent, lui et ses camarades, pour mener une guerre contre les civils. De son côté, Olga s'engage auprès du Comité des Mères de soldats qui luttent contre le recrutement forcé des jeunes Russes et les pratiques odieuses de l'armée.
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>> La Guerre des Bush : Les Secrets inavouables d'un conflit - Eric Laurent : George W. Bush invoque avec insistance la lutte “du Bien contre le Mal”. Que cache ce discours ? Une vérité troublante, immorale, des questions dérangeantes. Pourquoi un puissant banquier saoudien, a-t-il constamment aidé George W. Bush dans ses activités pétrolières, le sauvant même de la faillite ? Comment expliquer l'acharnement du père, lorsqu'il était président, à armer, financer Saddam Hussein, provoquant peut-être l'invasion du Koweit ? Puis, douze ans plus tard, l'acharnement du fils à vouloir détruire ce même Saddam Hussein ? “La guerre des Bush” plonge le lecteur au cœur des secrets les plus inavouables et éclaire toutes ces zones d'ombre. Une fois le livre refermé, plus personne ne pourra jamais croire à la vérité officielle.
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| Les
Actualités |
[sélectionnées
par l'équipe de Fraternet]
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Vers une nouvelle adoption ?
Voilà presque un an, novembre 2001, que le Premier ministre roumain,
Adrian Nastase, a décrété un moratoire dans le but de bloquer
l'adoption internationale d'environ 6 000 enfants " réservés "
principalement par des familles d'accueil résidant aux Etats-Unis
et en Europe. Quatre projets de loi, destinés à créer un nouveau
cadre juridique autour des procédures d'adoption avec pour objectif
une meilleure protection des enfants, sont à l'étude. La Roumanie
tente par cette décision d'améliorer son image aux yeux de l'opinion
internationale et de mettre fin à une réputation particulièrement
gênante relative au marché d'adoption d'enfants abandonnés roumains.
Sa candidature pour faire partie de l'Union Européenne et de l'O.T.A.N.
favorise aussi cette démarche. En effet, à la suite de la chute
du régime de Ceaucescu, en 1989, l'Europe découvrait " les orphelinats-mouroirs
" roumains avec consternation et horreur. Plus de 100 000 enfants,
malades et handicapés, issus de familles extrêmement pauvres,
y étaient internés, souvent jusqu'à leur mort. Dès lors, et durant
tout le début des années 1990, les Américains essentiellement
et les Européens à moindre échelle, ont adopté un nombre considérable
d'enfants roumains, à tel point que le pays arrivait à fournir
les deux tiers des adoptions du monde entier. Aujourd'hui, les
pressions exercées par les Etats-Unis et l'Europe sur la Roumanie
pour débloquer la situation et satisfaire les familles en attente
d'adoption se multiplient. Mais ne nous y trompons pas ! Ce ne
sont pas uniquement les intérêts des enfants qui priment dans
ce genre de lutte diplomatique où la politique officielle masque
difficilement les chantages et enjeux officieux. Comme souvent,
il a fallu cette décision roumaine pour mettre à jour un certain
nombre d'irrégularités et de problèmes liés directement aux circuits
d'adoption. Les Etats-Unis, non signataires de la Convention sur
les Droits des Enfants émise par l'ONU, ont fort intérêt à ce
que la situation se libère le plus rapidement possible, au risque
de devoir rendre compte de certaines procédures plus ou moins
légales qui ont eu lieu par le passé. L'Europe elle-même n'a pas
trop envie que le dossier s'éternise et qu'il révèle sans doute
des vérités jusqu'alors minutieusement cachées. Non pas qu'elles
aient été littéralement de l'ordre du trafic ou de l'exploitation
mais que la révélation d'affaires parallèles amène à faire un
amalgame pouvant s'avérer fâcheux pour l'image et l'intégrité
de toutes les instances concernées.
Au fond, toute cette polémique autour du système d'adoption roumain,
et par extension, du circuit international, met en exergue l'ambiguïté
avec laquelle beaucoup de dossiers étaient traités jusqu'à présent.
Elle rend possible également des éclaircissements sur les motivations
des familles d'accueil, de revenir sur leurs préjugés et initie,
par la même occasion une réflexion plus globale sur le fonctionnement
de nos sociétés en matière d'inégalité, d'échanges entre pays
riches et pauvres. Car, comme nous pouvons nous en douter, une
adoption s'effectue toujours des pays en crise - qu'elle soit
due à une guerre ou une difficulté économique majeure - vers les
pays riches, mais jamais l'inverse. Si cela peut paraître positif
au premier abord, et il l'est dans bien des aspects, les enjeux
cachés doivent nous rappeler à une responsabilité accrue. Les
questions fusent alors. Ne pourrions-nous pas utiliser la somme
d'argent énorme investie dans les circuits d'adoption pour aider
directement les pays pauvres afin que les familles tentées d'abandonner
leurs enfants ne se dirigent pas vers cette solution dramatique
et qu'elles soient capables de les nourrir ? Dans quelle mesure
les puissances occidentales ne se servent-elles pas de la pauvreté
de certains pays, culturellement proches d'eux, pour satisfaire
les besoins maternels et paternels frustrés de leurs propres citoyens
? Si l'adoption reste un beau geste " humanitaire " et humain
où l'amour joue sans doute toujours un grand rôle, il est nécessaire
que des lois internationales soient établies dans l'intérêt, non
pas seulement des familles d'accueil et des intermédiaires, mais
surtout et en premier lieu, des enfants dont la souffrance est
immense.
L'amour peut tout combler, c'est une certitude, mais aussi faut-il
créer les supports humains indispensables à son expression. Que
les états ne soient plus les seuls à établir des lois et des procédures
juridiques plus ou moins lourdes et étroites dans l'acte d'adoption.
Que les âmes de bonnes volontés œuvrant aux seins d'associations
des droits humains, par exemple, aient plus grandes latitudes
dans la gestion et la consultation de ce genre de cas. Et, enfin,
que l'adoption ne soit plus considérée comme un
remède ultime au soulagement de la misère humaine, mais
seulement comme un pansement avant que nous découvrions les moyens
de refermer les plaies de l'inégalité et de la violence que nos
sociétés encore imparfaites - mais toutefois perfectibles - engendrent
et répandent...
Lectures conseillées :
>> Pour une éthique adoption internationale - Gérard Gouzes : Un rapport sur l'adoption internationale qui a nécessité de nombreux déplacements et de nombreuses rencontres au Vietnam, en Roumanie, au Maroc... Une enquête passionnante, bouleversante à plus d'un titre, comme celle menée auprès des familles adoptantes qui ont vécu et vivent encore des situations affreuses dans de nombreux pays où, bien souvent, les enfants ne sont que des marchandises. Pourquoi et comment stigmatiser sinon condamner ces pratiques dans certains pays (parfois développés) qui laissent proliférer sur leur territoire des sites Internet étalant des photos d'enfants à adopter ? Pourquoi et comment prendre conseil auprès de la MAI ou d'une association agréée qui a fait ses preuves ? Pourquoi et comment arriver à uniformiser sur l'ensemble du territoire français les procédures d'agrément, afin de ne pas " adopter dans la douleur " ? Et avec cela combien d'amour, d'abnégation, de courage... pour permettre à un enfant abandonné de retrouver l'affection d'une famille, la chaleur d'un foyer ! S'il suffisait d'aimer...
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>> Au nom des enfants oubliés de roumanie - Catherine Derouett
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Epidémie
de SIDA en Chine
Le Dr Wan Yanhai est le lauréat du Prix de l'Action contre le
VIH/sida et pour les droits humains. Luttant depuis des années
en Chine pour aider à arrêter la propagation de cette maladie,
il vient d'être accusé par les autorités chinoises d'avoir divulgué
des secrets d'état par le biais de son site Internet. Il a, à
ce titre, été détenu de façon arbitraire, entre août et septembre
derniers, par le Bureau de la Sécurité.
Il est reconnu aujourd'hui que de nombreux chinois ont été scandaleusement
contaminés à la suite d'un commerce du sang organisé par des agents
sanitaires du gouvernement et des autorités locales dans la province
du Henan. Si personne n'agit pour endiguer ce fléau, il est à
craindre que d'ici 10 ans l'infection touchera plus de 10 millions
de personnes. Elle a déjà tué un grand nombre d'individus et fait
plus d'un million de malades.
Le rôle joué par Le Dr Wan Yanhai est prépondérant dans la prévention
et le combat pour la lutte contre cette maladie. Il est le fondateur
d'une organisation officielle très active en Chine qui vise à
aider les personnes affectées du SIDA. Celles qui sont atteintes
sont souvent illettrées et totalement démunies face à cette maladie.
Son action a pu sauver de nombreuses vies. Et ce sont ces activités
courageuses qui sont la cause de ses problèmes avec un gouvernement
qui refuse la réalité des faits et minimise l'étendue des risques
encourus par la population.
Soutenu par la communauté internationale et Human Rights Watch,
il est à espérer que le Dr Wan pourra continuer son important
travail en Chine comme à l'extérieur et que le gouvernement montrera
son sérieux en laissant Wan Yanhai et ses collaborateurs enfin
libres d'agir.
Lecture conseillée :
>> Sang rouge, sang noir - Egmont R Koch, Irène Meichsner : Cette enquête sur le scandale du sang contaminé par le virus du sida, menée entre les U.S.A. et l'Allemagne, "montre que les réactions des autorités responsables ont joué partout dans le même sens, celui de la désinformation et de l'occultation du risque".
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La
“Justice” au Texas
Dans un même esprit de fraternité et de défense des droits humains,
l'équipe de Fraternet vient de créer l'Association Latitude pour
apporter un soutien moral et financier aux condamnés à mort du
Texas (Etats-Unis). En effet, la justice texane fait preuve d'incompétence,
de discrimination sociale, raciale et met tout en uvre pour
condamner puis exécuter des personnes démunies et vulnérables.
Les médias ont souvent mis en exergue les carences de la justice
texane : l'incompétence des avocats commis d'office qui, sous-payés,
se désintéressent totalement des causes qu'ils ont à défendre
; le pouvoir abusif du district attorney qui va jusqu'à utiliser
des moyens illégaux afin d'assurer sa réélection ; les jurés qui
subissent eux aussi une certaine discrimination raciale, sociale
et de sexe et qui ne sont choisis que s'ils sont pour la peine
de mort ; la manipulation du jury qui ne dispose que des informations
les incitant à ne prononcer que la peine de mort ; une nouvelle
orientation de la justice texane dans les procédures d'appel qui
procède en même temps de l'habeas corpus et de l'appel direct,
ce qui ne donne aucune chance au condamné de faire valoir de quelconques
irrégularités lors de son procès (depuis 1995 les révisions des
sentences sont passées de 33% à seulement 3% !) ; quant au recours
en grâce, ultime espoir d'un condamné, la commission ne fait état
sur aucun registre des motifs de ses décisions et ses membres
rendent leur verdict individuellement par fax ! (depuis 1995,
1 seul condamné a évité la mort).
Aussi, connaissant les invraisemblables failles de la justice
texane qui n'en a que le mot et sachant que ce sont les personnes
les plus démunies qui en font les frais, l'Association Latitude
veut donner les moyens à quelques unes d'entre elles d'être défendues
équitablement en leur payant un avocat compétent susceptible de
sauver leur vie. C'est le cas actuel de Bryan Eric Wolfe, emprisonné
depuis plus de 9 ans dans les couloirs de la mort et qui a besoin
de notre aide à tous, maintenant, son exécution étant programmée
pour la fin de cette année.
Si vous voulez en savoir plus sur la justice texane, sur ce qui
se passe dans les prisons du Texas et si vous voulez apporter
votre part d'humanité dans ce monde inhumain, vous pouvez visiter
notre site en cliquant sur ce lien : www.association-latitude.org
Lectures conseillées :
>> Dix-sept ans dans le couloir de la mort - Richard Michael Rossi, Robert Badinter (Préface), Fabien Gastellier (Traduction : document exceptionnel de 300 pages sur la vie quotidienne dans le quartier des condamnes a mort. A la facon d'un sociologue se penchant sur ce monde absurde ou la vengeance, la repression et l'humiliation sont les lois quotidiennes; ou la folie vous guette, ou vous vous demandez chaque soir de quelle facon vous pourrez aborder le jour prochain, Richard Rossi dresse un impitoyable requisitoire sur un systeme delirant qui traite ses prisonniers comme la Rome antique, ses parias. Il s'interroge egalement sur les peines de prison a vie sans liberte conditionnelle, sur le travail du deuil des familles de victimes qui consiste a uniquement rechercher l'execution du meurtrier, sur l'emergeance de plus en plus inquietante de ceux que l'on nomme "volontaires".
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>> Lettres du couloir de la mort - Joseph Kitchens : Incarcéré a la prison d'Huntsville (Texas), condamné à mort pour avoir violé et tué une jeune femme en 1986, Joseph William Kitchens est exécuté par injection létale le 9 mai 2000. Grâce à l'entremise d'Amnesty International, section française, il entreprend de correspondre avec Suzanne, ancien professeur d'anglais, membre de l'ACAT (action des chrétiens pour l'abolition de la torture). Témoins, mois après mois, de l'évolution de Joseph, Suzanne et ses amis de l'ACAT sont vivement impressionnés par son humanité, son espérance et sa repentance sincère, qui culminent dans ses dernières lettres, juste avant l'exécution. Cette correspondance exceptionnelle vaut en outre par ce qu'elle révèle de la condition carcérale sans issue. Enfin, elle met en évidence une nécessité fondamentale aujourd'hui aus Etats-Unis : la remise en cause de la peine de mort dans de nombreux états.
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>> En direct du couloir de la mort - Mumia Abu-Jamal, Jacques Derrida, Jim Cohen, John Edgar Wideman, Leonard I. Weinglass : Témoignage d'un Afro-Américain qui vit depuis treize ans dans des conditions souvent inhumaines dans le quartier des condamnés à mort d'une prison de Pennsylvanie.
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