| Richesses
intérieures |
Lundi 6 mai 2002
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La victoire écrasante du Président
Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen permet aux Français de
reprendre leurs esprits avant de s'engager, le mois prochain,
dans la “bataille” des législatives. Largement soulagée à l'annonce
du verdict, la classe politique s'est mise à chanter les louanges
des électeurs, portant aux nues leur sens civique et allant même
jusqu'à congratuler chaudement ceux qui s'étaient rendus aux urnes
“en se bouchant le nez”... A l'en croire, la démocratie sort renforcée
de ce séisme. Déjà, les politiciens expriment leur joie à l'idée
que le jeu politique va à nouveau focaliser l'attention des Français,
comme à la “grande époque” ou la droite et la gauche pouvaient
encore faire croire qu'elles étaient porteuses d'un projet de
société. En réalité, le spectacle dispensé par ces “comédiens”
donne une vision précise de l'état de la démocratie en France :
le degré zéro.
En effet, les Français ont d'autant plus de mérite d'avoir sauvegardé
la démocratie qu'ils n'en retireront pas de bénéfices directs,
exceptés ceux qui, depuis toujours, sont passés maîtres dans l'art
de donner l'apparence de la souveraineté populaire à ce qui n'est
autre qu'un système ploutocratique, une machine à sous. Et ce
peuple dont on chante les louanges aujourd'hui, quel piteux état
que le sien ! Un électeur sur cinq s'est détourné des isoloirs
malgré la gravité de l'enjeu ; un autre électeur sur cinq a opté
pour le “changement extrême”, par choix pour quelques-uns, par
désarroi ou colère pour beaucoup... Reste 60 % des votants dont
on ne saurait dire quelle proportion exacte revient ravie du scrutin
ou se satisfait seulement d'avoir préservé le pays d'une catastrophe.
En d'autres termes, tout le monde ou presque s'accordera pour
dire que de choix il n'y avait point. Et que cette élection montre
une fois de plus - et de façon douloureuse - que la société dans
laquelle nous vivons ne permet aux hommes et aux femmes que d'espérer
un court instant le meilleur, puis de se résigner à éviter le
pire.
Cela n'est, bien entendu, pas seulement le fait des élites dirigeantes.
Quelle que soit notre position sociale, n'avons-nous pas tous
une petite tendance à manifester de l'altruisme surtout en rêve,
à jouer les philanthropes par procuration et, finalement, à n'inscrire
le mot “fraternité” que sur le listel de nos monnaies ? Bien sûr,
l'idéal demeure toujours devant nous et, de même, l'homme se fixe-t-il
par nature des finalités qui longtemps le dépassent. Si cela est
compréhensible, il convient cependant de se demander si nous mettons
vraiment assez de bonne volonté dans notre quête d'un mieux-être
général ou bien si nous nous ingénions à piétiner nos valeurs
et à bafouer nos plus ardentes aspirations... La dernière de ces
hypothèses paraît être la bonne au vu de l'épreuve que nous traversons
et celle-ci ne peut prendre sa source que dans un terrible conflit
intérieur : nous voulons la liberté mais nous laissons l'injustice
se répandre ; nous parlons de tolérance mais nous nous claquemurons
dans nos certitudes ; nous souhaitons la démocratie mais nous
ignorons qu'elle implique le partage du pouvoir... Bref, nous
désirons le meilleur jusqu'à la porte de notre ego et ce n'est
que rarement que nous nous aventurons au dehors pour exiger le
meilleur pour autrui. Or, il y a des mieux-être qui ne s'obtiennent
qu'ensemble et la démocratie fait partie de ceux-là !
Oui, la démocratie est une grande et noble idée qui fait l'unanimité,
ou presque, autour de son nom depuis longtemps déjà. Considérée
pour ce qu'elle est réellement, un grand nombre de ceux qui la
défendent ne tarderaient cependant pas à la reléguer au rang des
utopies comme ils le font si vivement lorsqu'ils entendent parler
de Fraternité et d'Amour avec un grand “A”... Car la démocratie
implique pour chacun d'entre nous de renoncer à certains privilèges,
à certaines exclusivités, à certains conditionnements. En somme,
un authentique changement de comportement qui ne pourra avoir
lieu que lorsque chaque individu y découvrira son intérêt. A l'heure
actuelle, partager le pouvoir fait peur à l'immense majorité des
gens parce que cela ne peut que déboucher sur un partage des richesses
lequel, même équitable, les remplit d'angoisse. Quoi de plus naturel ?!
Comment, en effet, parviendrions-nous à partager ce que nous avons
si nous n'avons pas préalablement partagé ce que nous sommes ?
On ne donne pas à celui que l'on ne connaît pas, voilà le fond
de l'affaire. Et pour se connaître et s'apprécier, il faut échanger
et y trouver son compte. De sorte que nos systèmes dits démocratiques
ne le seront pas tant que leurs membres n'auront pas à cœur d'échanger
entre eux leurs richesses intérieures.
Geoffroi
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actualités |
[sélectionnées
par l'équipe de Fraternet]
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Milosevic face à ses juges
Le procès en cours pour juger Slobodan Milosevic et les serbes
impliqués dans des crimes contre l'humanité va durer encore quelques
années. Si certains accusés se sont rendus spontanément à la justice
du Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie (TPIY),
en revanche de gros calibres, tel Ratko Mladic qui commandait
les forces serbes pendant la guerre en Bosnie, Milan Milutinovic,
toujours président de la République de Serbie et l'ancien chef
politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, continuent de
narguer la justice internationale. Ce dernier, responsable de
génocide, réfute la légalité du TPIY. Parmi ceux qui se sont rendus,
l'ancien vice-premier ministre yougoslave, Nikola Sainovic, inculpé
de crimes de guerre au Kosovo, a annoncé le 3 mai, au cours de
sa première audition, qu'il plaidera non coupable.
Trois autres anciens responsables vont probablement bientôt se
livrer. Il s'agirait de Vladimir Kovacevic, accusé du bombardement
de Dubrovnik en 1991, de Milan Martic, poursuivi pour le bombardement
à la roquette en 1995 de civils à Zagreb et de Milan Mrksic, recherché
pour avoir fait assassiner, en 1991, 198 personnes réfugiées dans
un hôpital à Vukovar. Depuis l'ouverture du procès de Slobodan
Milosevic, le 12 février dernier, le moment le plus fort a eu
lieu lors de la déposition d'Ibrahim Rugova, le président élu
du Kosovo, venu témoigner contre lui.
Figure de proue des indépendantistes albanais du Kosovo, il a
déclaré à Milosevic qui lui demandait s'il croyait sincèrement
que les Serbes allaient baisser les bras par rapport au Kosovo
: « Si en disant “Serbes” vous pensez à Belgrade, alors je réponds
oui. Vous devez renoncer au Kosovo. Le Kosovo appartient à tous
les Kosovars, c'est-à-dire à une majorité d'Albanais, aux Serbes
du Kosovo, aux Gorani, aux Roms, aux Turcs... » Ensuite, devant
l'accusation qui lui a été faite d'avoir posé en souriant devant
les photographes avec Slobodan Milosevic tandis que les Kosovars
étaient expulsés de chez eux par la milice serbe, Ibrahim Rugova
a répondu qu'il avait dû s'exécuter, contre sa volonté, à la suite
de fortes pressions et de menaces exercées par Ljuba Joksic, responsable
serbe des services secrets à Pristina. Cette manœuvre, comme bien
d'autres, était destinée à le discréditer. Prisonnier de guerre
du dictateur, Ibrahim Rugova a réussi par la suite à rejoindre
Rome avec sa famille d'où il a enfin pu lancer un appel pour sauver
son peuple.
Un autre point marquant du procès a eu lieu lors d'une audience
où le colonel britannique Ciaglinski, ancien officier de liaison
de la KVM (Mission de Vérification déployée au Kosovo) avec les
représentants serbes, fut amené à témoigner. Slobodan Milosevic
a refusé d'admettre l'existence d'une carte du Kosovo sur laquelle
était tracée une grande ligne en S partant du nord
de Pristina jusqu'à Kacanik (proche de la frontière macédonienne)
et remontant jusqu'à Pec, dans l'ouest du Kosovo. Elle devait
servir à l'élimination de l'UCK, la rébellion albanaise au Kosovo,
et par la suite de tous les Albanais. Tout au long de ce procès,
il est clair que Milosevic est loin d'adopter un profil bas. Il
a même été jusqu'à proféré au juge May : « La Serbie n'a pas eu
peur des bombardements de l'OTAN ni des sanctions. Pensez-vous
qu'elle sera effrayée par ce tribunal érigé en instrument de guerre
(contre la Serbie) ? » De plus, il reproche aux juges du tribunal
de relever “d'une institution illégitime”. Par son attitude, Slobodan
Milosevic montre qu'il n'a plus rien à perdre et que sa seule
chance est d'essayer, par son arrogance, de mobiliser une partie
de l'opinion publique en sa faveur. Mais qui aura envie de jouer
son jeu ?
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La
vérité est ailleurs...
Alors qu'Ariel Sharon vient d’arriver, hier dimanche, à Washington
pour rencontrer le Président George Bush et lui présenter un “plan
de paix” entre Israéliens et Palestiniens dans lequel il compte
écarter toute participation de Yasser Arafat, Human Rights Watch
publie un rapport dénonçant les pratiques illégales et cruelles
des FDI (Forces de Défense Israéliennes) lors de la prise du camp
de Djenine, début avril 2002. H.R.W. parle même de crimes de guerre
dont beaucoup de civils palestiniens ont été les victimes durant
cette opération militaire (utilisation de boucliers humains, exécutions
de civils handicapés, refus de soins aux blessés, utilisation
d’armes disproportionnées comme des missiles antichars contre
des maisons...). L’étude que H.R.W. a menée à Djenine montre que
des abus graves ont été commis et qu’une enquête approfondie est
indispensable pour faire reconnaître ces exactions meurtrières,
à la fois par le gouvernement israélien mais aussi par la communauté
internationale. Trois experts de H.R.W. ont été dépêchés sur place
et ont recueilli récits et témoignages afin d’établir ce rapport
qui devrait servir, selon le souhait de l’organisation de défense
des droits humains dans le monde, à déclencher une enquête plus
profonde et précise. De leur côté, les membres des FDI n’ont pas
accepté de répondre aux demandes d’informations de Human Rights
Watch. Alors qu’aucun inspecteur des Nations Unies n’a encore
la possibilité de pénétrer dans le camp pour y conduire son enquête,
H.R.W. en appelle à la responsabilité de l’organisation et de
ses membres pour satisfaire aux droits militaires, civils et humanitaires
internationaux.
« De telles enquêtes relèvent d'abord et avant tout du devoir
du gouvernement israélien mais la communauté internationale doit
s'assurer qu'une réelle recherche des coupables aura réellement
lieu » a déclaré Peter Bouckaert, chercheur à Human Rights Watch
et membre de l'équipe d'enquête. Malgré la détermination de Human
Rights Watch à vouloir clarifier la situation en terme de responsabilité
des FDI dans une action militaire fortement controversée, aucune
décision d’enquête émanant des autorités internationales n’a été
émise.
Comment peut-on avoir l’audace de présenter un “plan de paix”
alors que l’on a montré et démontré par des actes inhumains que
l’on est uniquement un homme de guerre ? Pouvons-nous croire à
un plan de paix émanant de l’autorité palestinienne alors qu’elle
vient de commander une action militaire dans laquelle des abus
et des crimes de guerre ont été commis contre des civils israéliens
? Non, personne n’en serait dupe ! Comment croire, alors, à la
sincérité et à la bonne foi de M. Sharon dans son prétendu désir
de paix qu’il vient présenter à ses protecteurs et fournisseurs
d’armes américains ? Une nouvelle mascarade qui nous démontre,
une fois encore s’il le fallait, que si le processus de paix ne
pouvait aboutir qu’en l’absence de M. Arafat à la table des négociations,
il le pourrait tout aussi sûrement sans la présence de M. Sharon
!
Lectures conseillées :
>> La Guerre israélienne de l'information : Désinformation et fausse symétries dans le conflit israélo-palestinien - Joss Dray, Denis Sieffert : La guerre, avant d'être une affaire militaire, est une affaire de mots. Ils ont joué un rôle majeur dans l'offensive déclenchée, le 28 février 2002, par l'armée israélienne contre les villes palestiniennes. On sait à quel point, à cette occasion, elle a placé l'information sous contrôle. Mais on sait moins que l'offensive a été préparée par un long travail de délégitimation de l'Autorité palestinienne. Cette entreprise de désinformation commence dès le lendemain de la négociation de Camp David II, en juillet 2000 : le " refus " de Yasser Arafat d'accepter la " généreuse " proposition israélienne de restitution de " 97 % " des territoires occupés va devenir une vérité acceptée par l'ensemble de l'opinion internationale. Or, comme le démontrent les auteurs de ce livre, il s'agit d'un pur mensonge, suivi de bien d'autres...
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>> Palestine - Israël. Approches historiques et politiques - Collectif , Samaha Khoury : Le destin de la Palestine est, depuis toujours, tragique. L'histoire de cette terre est celle d'incessants conflits. La violence qui s'y manifeste est probablement liée au fait religieux : sur une “Promesse divine” se sont greffées des réalités politiques. Tout cela engendre contestations et discordes, là où il faudrait une sage organisation, respectueuse des droits de tous, et des compromis à défaut de consensus. Il est difficile d'expliquer le conflit israélo-arabe sans recourir à l'histoire et sans revenir sur la fameuse “Promesse de Yahvé”, sur l'idéologie sioniste et le rêve de la “Terre Promise”, sur la déclaration de Balfour et enfin sur les décisions de l'ONU, surtout celle du partage de 1947, et leur nonapplication. Avec l'accord d'Oslo de 1993, la paix semblait pouvoir s'établir. Mais cet accord était-il véritablement l'œuvre commune de toutes les parties en présence ? La paix qui devait résulter de cet accord n'était-elle pas plutôt une fausse paix, annonciatrice de futures catastrophes ?
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>> Politicide : Les Guerres d'Ariel Sharon contre les palestiniens - Baruch Kimmerling, Arnaud Regnault de la Soudière (Traduction) : Mettant en relief dés épisodes clés de la politique israélienne (guerre de 196'7, guerre du Liban, Intifada), Baruch Kimmerling décrit le parcours d'Ariel Sharon: ses succès militaires, son arrivée sur la scène politique, ses liens avec le pouvoir, ses victoires électorales. Il livre ainsi une démonstration brillante du fonctionnement de la société israélienne et de la pensée politique de Sharon. À l'heure où Israël connaît de profondes mutations (réduction drastique de la liberté d'expression, implication croissante dès militaires dans les affaires politiques...), Baruch Kimmerling écrit un ouvrage indispensable pour comprendre une situation d'urgence, véritable cri d'alarme contre les extrémismes de tous bords.
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Libération
d'Aung San Suu Kyi
Figure emblématique de la défense des droits humains, leader de
la Ligue Nationale pour la Démocratie au Myanmar (LND) et Prix
Nobel de la paix en 1991, Aung San Suu Kyi
a été libérée ce lundi 6 mai au matin, après 19 mois d'assignation
à résidence. Un événement largement applaudi par ses partisans
du LND, par tous les défenseurs des droits humains ainsi que par
l'ensemble de la communauté internationale. Dès sa libération,
Aung San Suu Kyi a affirmé son désir de poursuivre avec les généraux
le dialogue de “réconciliation nationale” qu'elle avait entamé
avec succès à la fin de l'année 2000 éveillant une lueur d'espoir
au sein d'une population assujettie et divisée par plus de 40
années de dictature militaire.
Fille du héros de l'indépendance birmane assassiné en 1947, Aung
San Suu Kyi, devenue le symbole birman de la lutte non violente
pour la démocratie, avait été assignée à résidence de 1989 à 1995.
Malgré le succès écrasant du LND lors des élections législatives
en 1990, la junte militaire avait dénié sa victoire. En septembre
2000, après avoir quitté la capitale birmane sans autorisation,
Madame Suu Kyi avait été de nouveau assignée à résidence. Aujourd'hui,
la “Dame de Rangoon” fait l'éloge de la communauté internationale
qui a fait pression sur la junte birmane pour obtenir des assouplissements
politiques ; elle félicite tout particulièrement l'action diplomatique
de Monsieur Razali Ismail, envoyé spécial du secrétaire général
de l'ONU chargé de la crise birmane.
Cependant, malgré la libération inconditionnelle d'Aung San Suu
Kyi ainsi que de nombreux opposants birmans, les observateurs
des droits de l'homme sont sceptiques quant à l'avènement d'un
prochain système démocratique au Myanmar. La tâche d'Aung San
Suu Kyi sera en effet colossale. Une fois parvenue au gouvernement
- ce qui est loin d'être acquis ! - elle devrait encore réunifier
l'opposition fragmentée et, surtout, réconcilier les dizaines
d'ethnies déchirées depuis l'indépendance du pays en 1948. Elle
sait qu'il « lui faudra travailler très dur pour rattraper toutes
ces années perdues. » Perdues ? Pas forcément ! Son combat et
son sacrifice en faveur de la Liberté portent désormais leurs
fruits : sacrifice de son propre pays par des appels incessants
aux sanctions internationales et au boycottage du tourisme ; sacrifice
de sa propre famille, résidant en Angleterre, qu'elle n'aurait
pu revoir que si elle avait accepté de ne plus revenir dans sa
terre natale... On ne peut que faire confiance à cette grande
dame qui n'a jamais faibli dans ses convictions et dans son combat
; un grand personnage dont l'Asie a particulièrement besoin pour
comprendre que les droits humains constituent un idéal commun
à tous les peuples de la terre.
Lectures conseillées :
>> La dame de Rangoon - Barbara Victor : Histoire d'un combat héroïque. Celui d'Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, une femme en lutte contre la junte militaire au pouvoir en Birmanie. C'est son histoire et aussi celle de la Birmanie actuelle qui sont décrites dans cette enquête biographique originale. L'auteur est l'une des très rares journalistes à avoir eu accès tant à l'exécutif du régime militaire qu'à Aung San Suu Kyi elle-même. Barbara Victor raconte ses rencontres avec les chefs politiques, les tortionnaires, les seigneurs de la drogue, mais aussi avec les dissidents, les victimes des tortures, les investisseurs étrangers peu scrupuleux, et l'opposition qui se cache. Sur fond d'intrigues et de scandales financiers, et dans une atmosphère de terreur, ce livre est la description vivante et complète d'un pays isolé du monde depuis plus de vingt ans.
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>> Birmanie côté femmes - Claude Delachet-Guillon : Depuis de nombreuses années, l'opposition à la dictature militaire en Birmanie est incarnée par Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix en 1991. Pourtant, de manière moins visible mais tout aussi déterminée, des millions de femmes birmanes luttent pour le droit d'exister dans la dignité, au sein d'une société caractérisée par l'arbitraire d'un régime dirigé exclusivement par des hommes. L'auteur, familière de la Birmanie, leur donne ici la parole, qu'elles soient opposantes actives à la junte, épouses victimes ou femmes répudiées. Elles décrivent avec beaucoup d'humanité les situations auxquelles elles sont confrontées ou les défis qu'elles doivent relever. Cumulant souvent seules la responsabilité financière de la famille, l'éducation des enfants et les tâches ménagères, elles peuvent être soumises à d'odieux chantages mettant en jeu leur honneur, quand il ne s'agit pas directement de viols ; le silence ou la fuite sont alors les seules alternatives...
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>> Aung San Suu Kyi, demain la Birmanie - Jean-Claude Buhrer, Claude-B Levenson : Pays d'or et de larmes, à la charnière des mondes indien et chinois, la Birmanie ressemble à un paradis perdu. Depuis la brutale confiscation du pouvoir par une dictature militaire en 1988, l'étau n'a cessé de se resserrer autour de la figure de proue de l'opposition Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, dont le destin extraordinaire brille aujourd'hui sur toute l'Asie. Prise en otage par les militaires qui l'ont acculée à la faillite économique malgré le riz, le pétrole et les rubis, la Birmanie se reconnaît dans les valeurs démocratiques que Suu Kyi, fille du héros de l'indépendance, personifie. Des hommes et des femmes qui croient aux astres et aux esprits, qui souffrent et qui espèrent en dépit d'un régime mis au ban de la communauté internationale. Les birmans attendent, comme attendait la demoiselle de Kipling, comme savent attendre "ceux qui la connaissent le mieux et qui porteront témoignage que les aurores de Birmanie sont aussi belles que ses couchers de soleil".
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Le
“droit à mourir”
Atteinte d'une maladie dégénérative du système nerveux, Diane
Pretty est totalement paralysée au point de ne plus pouvoir parler
et de devoir se nourrir par l'intermédiaire d'un tube. Elle a
cependant gardé toutes ses facultés intellectuelles ce qui lui
permet de s'exprimer au moyen d'un petit ordinateur portable.
Agée de 44 ans, cette Anglaise nous informe qu'elle va bientôt
mourir dans de terribles souffrances et émet donc le souhait de
mettre fin à ses jours avec l'aide de son mari.
Cependant, selon la juridiction de la Chambre des Lords du Royaume-Uni,
celui-ci encourrait une peine de 14 ans de prison pour euthanasie
active ou suicide assisté. Diane Pretty a donc fait appel auprès
de la Haute Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg.
Mais le 29 avril dernier, à l'unanimité, les juges lui ont refusé
ce “droit à mourir”. Il est évident que celle-ci ne veut pas généraliser
l'euthanasie et se protéger ainsi des dérives potentielles. « La
loi m'a ôté tous mes droits » nous dit Diane Pretty. Bien entendu,
aucune loi n'est à même de répondre à ses besoins, aucun soin
intensif n'est à même de pouvoir la soulager du poids de sa souffrance
physique et morale. Heureusement, une seule personne est à même
de l'aider à mourir dignement : son mari qui par amour et compassion
désire respecter le libre arbitre de sa femme.
Parce que la loi humaine est encore loin d'être en phase avec
le respect absolu des individus, Brian Pretty a lancé une
pétition sur Internet dans le but d'une révision de la loi
anglaise concernant l'euthanasie. Un petit espoir, pour Diane,
de mourir dignement...
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