| Inde
- Pakistan : 2 à 1 |
Lundi 3 juin 2002
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A l'heure où des milliards de regards se focalisent sur les
performances des grandes équipes engagées dans la coupe du monde
- Angleterre, Argentine, Brésil, France, Italie etc. - le score
de 2 à 1 entre l'Inde et le Pakistan ne risque pas de retenir
notre attention. Il y a à cela une bonne raison : ces deux nations
ne participent tout simplement pas au mondial de football car
c'est un autre genre d'affrontement qui les intéresse, d'un type
beaucoup plus explosif... 2 à 1, c'est en effet le rapport qui
existe entre l'Inde et le Pakistan du point de vue de la puissance
militaire, une proportion qui assurerait sans doute la victoire
à l'Etat indien, si seulement les autorités de Karachi ne possédaient,
elles aussi, l'arme nucléaire. Et c'est ainsi qu'aujourd'hui,
du fait d'une querelle séculaire, nous voici devenus les spectateurs
d'un match se déroulant sans arbitre et dont l'issue plus ou moins
tragique aura des conséquences qui dépasseront largement le stade
des opérations.
Que les accros du direct se rassurent, la partie n'a
pas encore été engagée. Les équipes - plus d'un million de soldats -
ont mis à profit ces jours derniers pour se masser le long de
leur frontière et peaufiner leur préparation. Aux dernières nouvelles,
le coach indien, le premier ministre Vajpayee, a fait
savoir qu'il n'envisageait pas d'attaquer le Pakistan, attendant
de voir se concrétiser les promesses du général Musharraf de mettre
hors d'état de nuire les militants islamistes que son régime a
soutenu activement jusqu'à présent. De ce fait, le Foreign Office
britannique, jugeant la situation extrêmement grave, a demandé
à ses ressortissants de quitter l'Inde, suivant en cela l'exemple
des Etats-Unis, de l'Australie et du Canada. De l'avis des spécialistes,
il est peu probable que l'entraîneur pakistanais puisse
tenir ses engagements : il doit aujourd'hui faire face à une obligation
de résultats, s'il veut conserver une place convoitée par une
pléiade de militaires belliqueux ou, plus prosaïquement, sauver
sa peau ! Aussi le début de la rencontre peut-il intervenir
à tout moment. Mais il est préférable de la suivre à la télévision,
étant donné la violence du choc...
Les amateurs de sensations fortes ne seront, en effet, pas déçus.
D'après les experts de la défense américaine, une guerre nucléaire
entre l'Inde et le Pakistan, ferait douze millions de morts en
une heure. Des régions entières deviendraient aussitôt inhabitables
et les pays voisins seraient gravement affectés par la contamination.
Il en résulterait une crise humanitaire d'un genre inconnu. Bien
entendu, de telles perspectives ne peuvent que scandaliser les
spectateurs que nous sommes, friands de belles actions diplomatiques et de gestes techniques
de la communauté internationale. Ce jeu dangereux fait d'agressions et de coups pas francs nous répugne et nous restons sur la
touche, incrédules : un tel match peut-il vraiment avoir lieu ?
Malheureusement oui. Les gouvernements indien et pakistanais sont
entrés dans une logique belliqueuse, résultat de plusieurs guerres
depuis un demi-siècle, dont ils auront bien du mal à s'extraire.
Un attentat sanglant à New Delhi, un massacre de civils au Kashmir
ou tout autre acte de terrorisme peuvent déclencher instantanément
le signal des hostilités. Certes, l'Etat indien a déclaré qu'il
n'appuierait pas le premier sur le bouton nucléaire - crime que
le régime pakistanais envisage très sérieusement - mais ses stratèges
semblent avoir intégré l'idée d'une première attaque ennemie à
laquelle il riposterait de façon définitive... Autrement dit,
on ignore encore le résultat de cette finale de la coupe du monde
de la barbarie.
Et pendant que se nouent les fils de ce drame, les Etats-Unis
et l'Europe vaquent à leurs profits ordinaires, tandis que l'ONU
demeure sagement sur le banc des remplaçants. En d'autres temps,
le Conseil de Sécurité tiendrait réunion permanente, imposerait
un plan de paix aux belligérants et préparerait l'envoi d'une
force internationale d'intervention au Kashmir... Mais l'ombre
du 11 septembre plane sur les esprits : la résolution pacifique
des conflits est encore moins qu'autrefois à l'ordre du jour ;
la protection des populations se limite à la sauvegarde exclusive
du peuple américain ; racisme et égoïsme reprennent du poil de
la Bête ! Et l'on dirait que l'horreur est désormais tenue pour
une fatalité et que l'humanité, figée dans la torpeur, attend
un conflit nucléaire pour se réveiller. Jamais, oui, jamais la
communauté internationale n'aura fait aussi peu de cas d'une si
grande menace. Voilà bien qui illustre tragiquement le manque
d'intérêt que nous avons les uns pour les autres. Pourtant, nombreux
sont ceux d'entre nous qui se passionnent, en ce moment même,
pour des équipes de football étrangères, glorifiant le réalisme
italien, la fougue camerounaise, la vivacité sud-coréenne ou la
perfection technique des joueurs brésiliens... Le malheur des
Indiens et des Pakistanais tiendrait-il donc à la pauvreté de
leur football ? C'est presque cela : la réalité est que nous nous
soucions de nos semblables seulement si nous les sentons proches
et si, par exemple, nous partageons une même passion. Mais dans
ce monde essentiellement concentré sur des préoccupations futiles
et mercantiles, quand donc prenons-nous le temps de faire connaissance
les uns avec les autres ? Quand prendrons-nous conscience que
fraterniser est aussi vital que respirer ? Tous les quatre ans,
c'est si peu.
Geoffroi
Lecture conseillée :
>> Les Voix de la partition Inde-Pakistan - Urvashi Butalia, Françoise Bouillot (Traduction) : En 1947, alors que l'Inde proclame son indépendance, le régime colonial britannique divise le pays et trace de nouvelles frontières selon des zones supposées de densité musulmane et hindoue, créant ainsi deux nations : le Pakistan - occidental et oriental (devenu ensuite le Bangladesh) - et l'Inde. On peut affirmer aujourd'hui que la partition de l'Inde a provoqué l'une des plus grandes convulsions de l'histoire : douze millions de personnes ont été déplacées, plus d'un million sont mortes, des milliers de femmes ont été violées, des familles séparées, des foyers détruits et des propriétés perdues. Au terme d'une longue et patiente enquête, Urvashi Butalia reconstitue le vécu et les conséquences, à l'échelle individuelle, de ce gigantesque traumatisme pour rendre enfin leur voix aux hommes, femmes et enfants - petites gens, marginaux et membres de castes opprimées - oubliés par les comptes rendus historiques. Justes et pudiques, les témoignages consignés ici sont restitués dans une langue simple et dépourvue de pathos, sans autre volonté que de briser le silence.
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actualités |
[sélectionnées
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Dernière Commission des droits de l'homme : un échec.
Les Etats tortionnaires, oppresseurs ou peu respectueux des droits
humains peuvent se réjouir. Ce n’est plus une justice favorable
à l’impunité qui est en cause aujourd’hui mais la Commission des
Droits de l’Homme sensée défendre les opprimés !
La 58ème session de la Commission des droits de l’homme de l’ONU
qui s’est tenue à Genève s’est en effet soldée par un véritable
échec. Il semble qu’une coalition de divers pays tels que les
Etats-Unis, des pays africains, asiatiques et musulmans ait réussi
à saboter cette dernière session limitant considérablement le
temps de parole des rapporteurs spéciaux et des organisations
humanitaires non gouvernementales.Plusieurs pays ont ainsi échappé
à des condamnations de la Commission. La Chine n’a nullement été
inquiétée et la Russie n’a pas été condamnée pour ses exactions
en Tchétchénie. Pour la première fois depuis 1984, l’Iran n’a
pas été mentionné pour ses atteintes aux droits humains de sorte
que le mandat du représentant spécial de la Commission en Iran
ne sera pas renouvelé. Idem pour la Guinée Equatoriale et pour
le Zimbabwe. Israël a refusé le projet du haut-commissaire de
se rendre sur son propre sol ainsi que dans les territoires occupés.
Quant à la résolution proposée par le Mexique et l’Union Européenne
dénonçant les exactions commises dans le cadre de la lutte contre
le terrorisme, elle a été rejetée, notamment par les Etats-Unis
qui estiment que cela pourrait « conduire à des critiques de la
politique américaine ».
Bref, les souffrances de l’humanité ne soucient plus que les organisations
humanitaires qui déplorent que le principal organisme de défense
des droits de l’homme soit désormais sous l’emprise de régimes
autoritaires qui n’ont que faire des notions d’éthique et de droits
humains.
Mais dans ce marasme, un protocole à la Convention sur la torture
exigeant des inspections dans les lieux de détention a toutefois
été approuvé par la Commission. Par ailleurs, le Conseil de sécurité
de l'ONU s’est penché sur la notion de “droit d’ingérence” évoqué
des années auparavant par Bernard Kouchner. Préférant utiliser
le terme moins ambigu, selon elle, de “responsabilité de protéger”,
elle a reconnu qu’il était du devoir de la communauté internationale
de protéger des populations civiles en danger rappelant par-là même
la principale responsabilité des Etats à savoir la protection
de leur population. C’est à n’y rien comprendre ! D’un côté, on
ne veut plus incriminer les Etats responsables d’exactions et
d’un autre, on se déclare soucieux de défendre les populations
opprimées. Décidément, il ne nous reste plus qu’à conclure une
fois de plus que les belles paroles ne sont que du vent si elles
ne sont pas suivies d’actes concrets. Or, même si un sujet aussi
fondamental que celui de la défense de l’opprimé a enfin été pris
sérieusement en compte, le persécuté demeure encore et toujours
une double victime : celle de son oppresseur et celle de l’inertie
de celui qui prétend être son ami.
La communauté internationale pourrait-elle prévenir un éventuel
génocide au Burundi ou au Congo ? Pour que cela soit possible,
encore faudrait-il une plus grande cohésion entre les discours
humanitaires et la volonté politique des Etats qui prouvent encore
aujourd’hui qu’il est bien plus rapide de mobiliser des armées
pour défendre des intérêts économiques que pour protéger le peuple
rwandais ou tchétchène. Mais il reste un espoir. Toujours le même :
comme l’a déclaré l’ambassadeur français, c’est lorsque la pression
de l’opinion publique deviendra irrésistible que les gouvernements
se réveilleront. L’information est plus que jamais le fer de lance
de la conscientisation… et de l’action.mis dans inf_0306
Lectures conseillées :
>> L'ONU contre les droits de l'homme - Claude B. Levenson, Jean-Claude Buhrer : Étonnant paradoxe, on n'aura jamais autant parlé des droits de l'homme alors qu'ils n'ont jamais été si peu respectés. De sérieux dysfonctionnements se sont faits jour à l'Organisation des Nations unies, au sein même de la Commission des droits de l'homme. Aujourd'hui, parmi les 53 membres de la Commission, nombreux sont les pays qui refusent de se soumettre dans les faits aux principes auxquels leur signature les engage. Et comme pour enfoncer le clou du discrédit, la Libye a accédé pour un an à la présidence de la Commission en 2003.
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>> ONU, violations humaines - Jean-Loup Izambert : Derrière le noble idéal de paix, de justice et de progrès affiché se cache une réalité sinistre, qui pousse un responsable syndical de l'ONU à déclarer: « Les Nations Unies sont l'incarnation de la violation des droits de l'homme ! »
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>> Faut-il supprimer l'ONU ? - P.-E. Deldique : L'ONU est constamment vilipendée depuis sa création en 1945. Non sans raison. Pour autant il ne faut pas se tromper de cible. Son action, et surtout son inaction, s'avèrent la conséquence des décisions politiques des Etats les plus puissants au sein du Conseil de sécurité : leur intérêt national passe avant la mission de paix de l'ONU. Cette ONU de 1945 a beaucoup vieilli : en l'état, elle ne sert plus à grand-chose. Une refondation est nécessaire. Pierre-Edouard Deldique mène l'enquête au cœur de l'ONU, et dresse un tableau sans complaisance d'une organisation bien mal armée pour affronter le monde d'aujourd'hui
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Petit
pacte entre amis...
Le 28 mai 2002, à Rome, s’est tenu le dernier sommet qui réunissait
l’O.T.A.N. et l’Union Européenne. L’enjeu de cette réunion des
19 membres de l’Alliance était considéré comme historique par
la présence même de Vladimir Poutine. Ainsi, l’issue de ce sommet,
sans réelle surprise, a permis d’initier la création d’un nouveau
conseil O.T.A.N.-Russie en matière de stratégie économique et
militaire. Chacun s’est félicité du caractère profondément symbolique
de cette union qui jette définitivement les fantômes de la guerre
froide aux oubliettes en même temps qu’elle devrait ouvrir les
perspectives d’une coopération plus étroite entre l’Ouest et l’Est.
La création de ce conseil place, de ce fait, la Russie et les
autres membres de l’Alliance sur un pied d’égalité en ce qui concerne
les décisions clés qui pourraient êtres prises en son sein. Rappelons
seulement qu’il y a 5 ans, en 1997, les différents chefs d’Etats
des pays membres de l’O.T.A.N. avaient déjà signé avec Boris Eltsine
« l’acte fondateur » qui devait mettre fin à 40 années de tensions
entre les deux blocs : c’était le PJC (Conseil Conjoint Permanent),
un outil qui devait permettre la gestion commune des crises. Cet
accord venait, en réalité, adoucir une tension qui s’intensifiait
à cause de l’élargissement de l’O.T.A.N. à trois nouveaux pays :
la Pologne, la Hongrie et la République Tchèque. Ne nous y trompons
pas : la création du Conseil de Rome prépare de manière diplomatique
l’entrée en novembre 2002 de l’Ukraine et d’autres pays de l’ancienne
U.R.S.S. au sein de l’Alliance...
Au milieu de toutes les déclarations pompeuses qu’a suscité cette
entente avec la Russie, une voix s’est également élevée, en la
personne de Mme Elisabeth Andersen, directrice exécutive de Human
Rights Watch Europe (H.R.W.), au nom de la défense des droits
humains. Elle a appelé les responsables européens, membres de
l’O.T.A.N., à considérer la Russie et son président comme peu
dignes de faire partie de ce conseil à cause des exactions meurtrières
commises en Tchétchénie par les forces armées russes. S’appuyant
sur le refus qui avait été fait à la Croatie d’intégrer l’Alliance
jusqu'à ce qu’un rapport soit établi sur la responsabilité de
certains généraux croates impliqués dans des crimes de guerres,
H.R.W. a exigé qu'il en soit de même pour les violations des droits
humains et les crimes perpétrés par l’armée russe en Tchétchénie.
Dans une lettre adressée aux membres de l’O.T.A.N. et de l’Union
Européenne, Human Rights Watch déclarait que les abus de l’armée
russe en Tchétchénie venaient entacher le cœur même des valeurs
et des objectifs stratégiques des deux institutions. « Si l’O.T.A.N.
reste silencieuse, alors l’entrée de la Russie changera le visage
de l’Alliance » avait ajouté Mme Andersen. Malgré les appels répétés
de Human Rights Watch auprès des Etats membres demandant des comptes
à Vladimir Poutine quant à sa politique militaire inhumaine en
Tchétchénie, les oreilles sont restées sourdes et les voix ne
se sont pas élevées. Aurions-nous besoin de le réaliser encore :
les intérêts économiques et militaires sont infiniment plus importants
que les intérêts humains. Les tenants et les aboutissants de ce
sommet en sont la preuve flagrante : il s'agit ni plus ni moins
de la lutte contre le terrorisme “islamiste” par l’union des élites
terroristes occidentales. Le combat contre le terrorisme de surface
par le terrorisme souterrain, la guerre contre la guerre, “le
mal contre mal”. L’un est la source et la raison d’être de l’autre.
Et quand on y regarde de près, le sang versé par les terroristes
“islamistes” est de la même couleur que le sang répandu sur les
mains des chefs d’Etats, membres de l’O.T.A.N. Ceux qui sont censés
protéger le droit et promouvoir le respect de la vie humaine par
le biais “d’alliances” plus ou moins fumeuses n’ont pas eu à se
forcer pour accueillir une “brebis galeuse” dans leur troupeau.
Non, ils ont simplement ouvert la porte à l’un des leurs !
Lectures conseillées :
>> La Grande Alliance : De la Tchétchénie à l'Irak, un nouvel ordre mondial - Frédéric Encel, Olivier Guez : Parmi les nombreux bouleversements géopolitiques survenus à la suite des attentats du 11 septembre, le plus spectaculaire est la constitution d'une grande alliance stratégique russo-américaine. Mois après mois, George W. Bush le moraliste et Vladimir Poutine le pragmatique enterrent définitivement la « petite guerre froide » des années 1990. Pour la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale, Russes et Américains se retrouvent côte à côte pour combattre un ennemi commun: le fondamentalisme islamiste. Du conflit tchétchène à la transformation de l'OTAN, de la lutte contre les réseaux dAl-Qaïda en Asie centrale à la coopération énergétique, Moscou et Washington ont ouvert une nouvelle ère de leurs relations.
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>> Un témoin indésirable - Andreï Babitski : Dans un livre politiquement incorrect, Andrei Babitski, -célèbre journaliste russe dont l'enlèvement à fait la une des journaux il y a deux ans- jette une lumière nouvelle sur la guerre entre la Russie et la Tchétchénie. S'appuyant sur sa connaissance du Nord-Caucase, il révèle les motivations et les responsabilités des deux camps depuis dix ans. Ses contacts personnels et sa réputation de probité lui ont permis de faire son métier de reporter jusque dans les montagnes du sud du pays, d'accès très difficile. Il a vu la guerre et ne montre aucune complaisance à l'égard de l'armée russe corrompue ; sans mission ni discipline, pas plus qu'envers les chiens de guerres tchétchènes.
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Le
rapport annuel d'Amnesty International
Paru le 28 mai dernier, ce rapport sur l'année 2001 met en évidence
la régression des libertés dans certains pays démocratiques dans
le but de lutter contre le terrorisme, ceci à la suite des événements
dramatiques du 11 septembre. Ces nations ont ainsi adopté des
mesures législatives et administratives tout à fait draconiennes,
comme par exemple des périodes de détention plus longues, parfois
sans inculpation, voire sans jugement… Irène Khan, secrétaire
général d'Amnesty, déplore cette attitude, véritable porte ouverte
pour les pays totalitaires qui sont ainsi justifiés dans leur
exactions à l'encontre de leurs opposants, sous le couvert de
la lutte anti-terroriste. Comme c'est le cas en Chine, en Inde,
au Pakistan, au Zimbabwe, pour ne citer que ceux-là. S'indignant
de cet état de fait, elle déclare : « Les droits humains ne doivent
pas être sacrifiés sur l'autel de la sécurité… »
Autres conséquences du 11 septembre, une recrudescence d'actes
portant atteinte aux droits humains par les forces armées de certains
régimes répressifs. L'attention de la communauté internationale
étant moins vigilante à leur égard, ceux-ci se permettent de nombreuses
exactions. Amnesty International entend bien intensifier son action
afin que les opprimés ne soient pas oubliés.
Quant aux 17 millions de réfugiés et demandeurs d'asile qui fuient
la guerre et veulent sauver leur vie, l'organisation recommande
que soit mise en place une protection efficace pour toutes ces
personnes déplacées. Elle souhaite qu'elles puissent voir les
frontières s'ouvrir et non se refermer devant elles, comme le
veut la politique actuelle de nombreux pays.
Le rapport stipule également que des recommandations seront faites
aux gouvernements et aux groupes politiques armés pour lutter
contre la peine de mort qui sévit encore de façon dramatique en
Chine (2468 exécutions en 2001), comme en Iran, en Arabie Saoudite
et aux Etats-Unis. De plus, il leur est recommandé la libération
des prisonniers d'opinion, l'arrêt de la torture et des prises
d'otage etc.
Enfin, pour faire suite à l'actualité, Amnesty International vient
de décerner un “carton rouge” au Japon quant à sa politique d'accueil
des immigrés. Ces derniers subissent, en effet, d'incessantes
violations de leurs droits fondamentaux et de mauvais traitements
dans les centres où ils sont détenus. Rien de commun avec l'accueil
chaleureux que les autorités japonaises réservent aux amateurs
de football qui viennent assister aux matchs de la coupe du monde...
Lecture conseillée :
>> Amnesty international : Rapport 2002 - Amnesty international : Les droits de nombreuses personnes n'ont pas été défendus contre des atteintes fondées sur la couleur de leur peau, leur identité ou leur orientation sexuelle. Des millions de personnes dont la sécurité était menacée ont été contraintes de se réfugier dans d'autres pays, où elles ont été confrontées à une hostilité et à des difficultés croissantes. Si ce rapport révèle les insuffisances des dispositifs de protection des droits humains, il témoigne aussi du courage et de la détermination inébranlables des défenseurs des droits fondamentaux, ainsi que du rôle capital qui est le leur dans un monde en proie à la pauvreté, à la guerre et à la répression.
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>> Protéger les droits humains : Outils et mécanismes juridiques internationaux - Amnesty international : Amnesty International est un mouvement mondial composé de plus d'un million et demi de membres et de sympathisants actifs dans au moins 150 pays et territoires. Ces hommes et ces femmes ont choisi de consacrer une partie de leur temps et de leur énergie afin de promouvoir le respect des droits humains universellement reconnus et inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH) et dans d'autres instruments internationaux et régionaux.
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>> Amnesty International, rapport 2003 - Amnesty international : Les défenseurs des droits humains doivent se mobiliser sur des fronts toujours nouveaux. En 2002, l'actualité politique internationale a été dominée par la « guerre contre le terrorisme » et la menace d'un conflit en Irak, au détriment d'autres questions fondamentales touchant au respect des droits de l'être humain. Dans ce domaine, sous couvert d'une politique étroitement sécuritaire, des initiatives concertées ont mis à mal les avancées enregistrées au cours des dernières décennies. Des mesures draconiennes - intrusion dans la vie privée des gens, détention de suspects sans jugement et renvois forcés de personnes au mépris de leur sort - prises tant par des gouvernements démocratiques qu'autocratiques, ont porté atteinte au droit international.
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>> Amnesty International, rapport 2004 - Amnesty international : Guerre en Irak, crise de légitimité des Nations unies, violations flagrantes des droits fondamentaux dans certains États, impunité... L'année 2003 a lancé bien des défis au mouvement international de défense des droits humains. Au nom de la « guerre contre le terrorisme », les normes internationales en matière de droits humains ont continué d'être bafouées. Des milliers d'hommes et de femmes ont subi des détentions illégales, des procès inéquitables ou des tortures, bien souvent pour leurs seules convictions religieuses ou leur appartenance ethnique. Dans le monde entier, plus d'un milliard de personnes ont vu leur vie dévastée par la pauvreté et l'injustice sociale, tandis que les gouvernements continuaient d'investir sans restriction dans les programmes d'armement. Ce Rapport d'Amnesty International, qui détaille la situation des droits humains dans 155 pays et territoires pour l'année 2003, donne une vue d'ensemble de l'évolution de cette situation par région. Il présente les thèmes prioritaires de l'action d'Amnesty International - violence contre les femmes, droits sociaux, économiques et culturels, justice, protection des réfugiés et des migrants - et célèbre les progrès réalisés par les militants dans ces domaines et dans d'autres. Dans un monde dangereux et divisé, il est fondamental que le mouvement international de défense des droits humains conserve sa force, sa pertinence et son élan. Grâce à ses membres et à ses alliés, Amnesty International poursuit sa lutte pour les droits humains, en tant qu'instrument de justice pour tous.
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