| La différence |
28 février 2000 |
Durant deux décennies, sur un simple vélo, Ram Chandra Biswas a visité la plupart des pays du monde, délivrant son message de paix et de non violence. Durant toutes ces années, il a parcouru plus de 450 000 kilomètres, partagé le quotidien de milliers d’êtres humains, rencontré quelques personnages importants et vu les plus beaux sites de la planète. Parti de Calcutta il y a 18 ans et séjournant actuellement au Vietnam, Ram Chandra Biswas a connu toutes sortes d’expériences telles la chute du mur de Berlin ou le soleil de minuit au pôle nord... Mais toutes ses aventures lui auront surtout appris « à avoir foi en l’homme », selon ses propres dires. A présent, il compte passer encore quelques années à visiter d’autres régions du monde et découvrir de nouveaux visages. Puis, il envisage de mettre par écrit ses souvenirs de voyage afin que ce qu’il a vécu puisse profiter à ses semblables.
Devant un tel accomplissement, nous ne pouvons qu’éprouver infiniment de reconnaissance pour le puissant message de fraternité que nous adresse Ram Chandra Biswas et pour l’exemple qu’il donne d’un être ayant consacré son existence à servir son idéal : un idéal qui trouve son énergie dans l’Amour authentique du prochain, par-delà les conditionnements culturels et religieux. Exactement l’exemple dont l’homme a besoin, à l’aube du troisième millénaire, pour comprendre que l’existence n’a d’autre objectif que de lui permettre de connaître autrui pour mieux se connaître, d’apprendre à aimer l’autre de façon à mieux s’aimer lui-même.
Qui n’a pas souhaité courir le monde à la manière de Ram Chandra Biswas ? Tous, nous avons fait ce rêve un jour, signe de notre tendance naturelle à aller vers l’autre, à nous découvrir en le découvrant... Trop souvent, ce que nous avons vu de lui nous a déplu ou choqué : peut-être parce que c’était nous que nous voyions à travers lui, nous et nos limites. Aujourd’hui, pour réussir notre voyage - l’aventure quotidienne de nos relations avec autrui - il ne suffit pas d’aimer notre semblable malgré sa différence : il faut l’aimer à cause d’elle. Car c’est au cœur de sa différence que se cache la clé de notre propre mystère, celui qui tient emprisonné notre potentiel créateur.
Geoffroi |