| Les Donneurs de Sens |
26 juin 2000 |
Aujourd’hui lundi débute à Genève le Sommet Mondial pour le Développement Social organisé par les Nations Unies. Les représentants des états vont y examiner les progrès et les reculs accomplis depuis le précédent sommet de Copenhague en 1995 au cours duquel dix engagements fondamentaux avaient été pris concernant, notamment, l’éradication de la pauvreté, la réalisation du plein emploi et le renforcement de l’intégration sociale. L’objectif avoué de cette réunion est de placer l’être humain au centre du développement social, donnant ainsi sa place au « cœur » dans le processus de globalisation, ainsi que l’a déclaré Theo-Ben Gurirab, président de l’assemblée générale.
En parallèle à cette rencontre internationale, a lieu le sommet des ONG et des syndicats qui se retrouvent afin d’élaborer ensemble une plate-forme commune d’actions et de réflexions autour de la mondialisation libérale. Comme l’on peut s’y attendre, cette dernière est vigoureusement dénoncée comme facteur d’inégalités au sein même des états et de déséquilibres entre les pays du nord et ceux du sud. Face à cette menace, un mouvement international de rejet s’est spontanément formé dont l'une des expressions les plus tangibles fut la manifestation de Seattle lors du sommet de l’OMC en 1999. Les questions fondamentales qui émergent de cette prise de conscience d’une partie importante de la société civile concernent les outrages faits à l’environnement, à la démocratie et, bien entendu, aux droits sociaux et économiques des individus.
Un mouvement planétaire est bien en train de se matérialiser qui cherche à redonner aux personnes et aux peuples les moyens de contrôler leur destin. Devant le danger que représentent les sociétés transnationales qui accroissent la misère des plus pauvres, s’attaquent aux acquis sociaux et mettent en péril le patrimoine de l’humanité, et pour pallier l’impuissance que ressentent les individus face à l’opacité des institutions politiques et financières internationales, des hommes et des femmes se rassemblent et fraternisent dans un même désir de partager leurs idées, leurs droits, leurs richesses... Consciemment ou non, ils laissent leur cœur s’exprimer par leur volonté de développer la dimension humaine de notre univers. Quel devrait être le rôle des gouvernements, des institutions internationales, des religions et des sociétés sinon de permettre à chacun de donner son propre visage humain à l’œuvre collective ? Comment tolérer que les élites dont c’est la charge échappent ainsi à leur devoir ? Exprimer le meilleur de soi-même en « donnant du sens » à l’édifice commun fait partie des droits fondamentaux : une nécessité physique, psychique et spirituelle dont il est urgent de favoriser le libre développement.
Geoffroi
Lectures conseillées :
>> La Grande Désillusion - Joseph Eugene Stiglitz, Paul Chemla (Traduction) : Vice-président de la Banque mondiale, Joseph Stiglitz démissionna avec fracas de son poste en 2000. Auréolé d'un Prix Nobel d'économie reçu en 2001, il fait ici le procès des politiques prônées par le Fonds monétaire international. Avec pédagogie et sur un ton incisif, il décrit avec moult anecdotes comment les grands argentiers ont contribué à façonner l'économie mondiale, et dénonce leurs décisions davantage fondées sur les intérêts des pays riches que sur ceux des pays "aidés". S'il ne remet pas en cause pour autant la mondialisation, "potentiellement capable d'enrichir chaque habitant de la planète en particulier les plus pauvres", il réclame une réforme en profondeur du fonctionnement des institutions internationales, pour mettre fin à ce "consensus de Washington" dont l'échec est patent.
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>> Le profit avant l'homme - Noam Chomsky : Dans cet ouvrage, Noam Chomsky ne se contente pas de dénoncer les injustices économiques qu'entraîne le règne sans partage, à travers le monde, de la doctrine néo-libérale. Il démontre de façon implacable que les dirigeants du monde riche tiennent un double langage, contant les mérites de la liberté des marchés mais prenant toutes sortes de mesures pour y échapper eux-mêmes. Il montre surtout que les politiques économiques libérales ont été mises en oeuvre aux dépens de la démocratie, c'est-à-dire imposées d'en haut, et parfois dans le plus grand secret.
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>> Pour une mondialisation à finalité humaine - Attac : La globalisation financière, fruit de l'évolution de l'économie mondiale au cours des trois dernières décennies, a modifié en profondeur l'organisation de nos sociétés. De nombreux enjeux globaux sont désormais régis par les seules lois du marché, avec toutes les conséquences démocratiques, économiques, sociales et environnementales que cela implique. Face à ce constat, l'association citoyenne Attac (Association pour la taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens) propose toute une série d'analyses et d'alternatives pour une mondialisation à finalité humaine.
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>> L'Aide au développement à l'heure de la mondialisation - Michèle Bailly, Patrice Dufour : Depuis une dizaine d’années, l’aide au développement est en crise et la part que lui consacrent les pays industrialisés a fortement diminué. Pourtant, comme l’a brutalement rappelé la destruction des tours du World Trade Center, le monde est UN.
Il est inacceptable – et suicidaire – d’ignorer que la moitié de l’humanité vit avec moins de deux dollars par jour. Alors que la mondialisation bouleverse le quotidien de milliards d’êtres humains, l’heure est venue de faire revivre l’ardente obligation du développement. Les leçons tirées du passé et les pistes nouvelles ouvertes par les recherches récentes sont riches de promesses : il faut s’engager résolument dans cette voie pour faire reculer la pauvreté.
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>> Mettre en pratique le développement durable : Quel processus pour l'entreprise responsable ? - Olivier Dubigeon : Il ne s’agit plus ici de convaincre du bien-fondé des démarches de développement durable engagées par les entreprises, il s’agit de proposer des pistes d’action concrètes. Olivier Dubigeon, fort de son expérience actuelle à un poste éminemment sensible dans une des entreprises les plus exposées, la Cogema, propose de remettre à plat les processus de l’entreprise pour que sa responsabilité ne soit plus un simple slogan mais une réalité quotidienne. Gouvernance, relation avec les actionnaires, relation avec les ONG, indicateurs de performance, reporting, labels et certifications – toutes ces questions sont passées en revue avec méthode pour donner au manager le premier guide opérationnel du développement durable en entreprise.
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>> Atlas mondial du développement durable : Concilier économie, social, environnement - Anne-Marie Sacquet : Le développement durable s'est imposé au Sommet de la Terre de Rio, en 1992, sur le constat de l'échec d'un mode de croissance épuisant la planète et reléguant la grande majorité des peuples dans la pauvreté. Plus de 170 chefs d'État et de gouvernement signent alors, en présence de milliers d'associations, un programme d'actions pour le XXIe siècle, l'Agenda 21. Ce programme propose un développement durable "conciliant préservation de l'environnement, équité sociale et efficacité économique", garantissant ainsi le bien-être de tous les habitants de la planète, sans compromettre l'avenir des générations futures. Qu'en est-il, dix ans après Rio, et au lendemain du Sommet de Johannesburg ? Comment s'est traduit dans les faits l'Agenda 21 ? Quels engagements ont pris les États, les entreprises, les collectivités ? Quel est aujourd'hui l'état de la planète et comment vivent ses habitants ?
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>> En finir avec la criminalité économique et financière - G. Konrad : Financement des activités criminelles en tout genre, recyclage de l'argent sale dans les paradis fiscaux, bancaires et judiciaires, faillites frauduleuses de grands groupes comme Enron : à l'abri et au service de la mondialisation " légale ", l'économie du crime s'est, elle aussi, globalisée. Les règles du droit ont été neutralisées et instrumentalisées pour consolider les rapports de force fondés sur la toute-puissance de l'argent. Face à cette gigantesque entreprise de mise en coupe réglée de la planète par la finance, le combat juridique devient essentiel. C'est pourquoi Attac et le Syndicat de la magistrature proposent de mobiliser le droit pour reconquérir les espaces perdus par la démocratie. Ils réclament une justice enfin efficace contre la criminalité financière et économique internationale. Cette enquête, qui poursuit le travail mené sur les paradis fiscaux, en indique les voies et les moyens.
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