| Si vis pacem... |
25 août 2000 |
La conférence sur le désarmement dans les pays d’Asie s’est ouverte hier à Akita, au Japon, sous l’égide des Nations Unies. L’objectif en est de promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité dans cette région du monde en développant des stratégies visant à éviter la prolifération des armes nucléaires et à contrôler davantage les stocks d’armes conventionnelles. Alors que l’ensemble des états gaspillent chaque jour 500 millions de dollars en dépenses militaires, nous ne pouvons que douter de l’efficacité d’une telle rencontre tant que les citoyens ordinaires n’auront pas pris conscience de la grande mystification dont ils sont les victimes.
Car il s’agit bien de cela : une incroyable tromperie qui a pour conséquence de désespérer les individus en faisant de leur désir de vivre dans un monde juste et pacifique un rêve apparemment inaccessible. Pourtant, nous pouvons être certains que l’immense majorité des êtres humains aspire à la paix. Et, de même, les moyens qui permettraient de mettre fin à la pauvreté et aux conflits sociaux, de nourrir, soigner et éduquer tous les enfants de la planète existent bel et bien, si seulement nos dirigeants acceptaient une réduction de seulement quelques pourcents de leurs dépenses en armement...
Autrement dit, les richesses et la volonté sont là, mais cela ne suffit pas. Tout le monde ou presque désire la paix, mais elle ne vient pas ! Pourquoi ? Parce que l’aspiration des individus à la paix est étouffée par les intérêts de quelques groupes puissants (industriels, militaires, politiciens...) et par une masse de conditionnements pervers (nationalisme, racisme, haine...). Pire, ceux-là même qui fabriquent des armes ou en organisent le trafic le font, bien entendu, au nom de la paix et au droit des peuples à se défendre ! Mais il suffirait de demander à ces « bonnes âmes » de vendre leurs machines de guerre à prix coûtant pour qu’ils reconvertissent rapidement leur industrie de mort en une entreprise plus lucrative...
Oui, nous sommes trompés et abusés sans cesse parce que nous ne pouvons nous exprimer sur les sujets vitaux qui intéressent le destin de la planète et l’avenir de nos enfants. Nous pourrions crier au complot mais cela serait trop facile. Si, en effet, les lobbies font en sorte qu’aucun débat international ne puisse avoir lieu sur la question du désarmement total et rigoureux des états, il nous faut nous en prendre, avant tout, à nous-mêmes : utilisons-nous suffisamment notre pouvoir créateur ? Réagissons-nous en tant qu’individus libres ou préférons-nous déléguer notre responsabilité à un groupe ou une association qui agira à notre place ? Oui, il semble bien que pour obtenir l’apaisement de notre conscience, il nous suffise de nous fondre dans la foule au lieu d’affirmer individuellement notre position. Finalement, peut-être aimons-nous marcher au pas avec les autres, petit pion au sein d’une armée ?
Geoffroi |