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Kosovo, un an après...
25 mars 2000


George Robertson, le secrétaire général de l’OTAN, est arrivé hier au Kosovo, un an après le début des bombardements sur la Serbie. Il a tenu des propos amères quant à la situation de la province, en proie à une violence permanente et dénoncé l’inexistence de la défense européenne. De leur côté, les représentants des quinze pays de l’Union Européenne, lors du sommet qui se tient en ce moment à Lisbonne, s’efforcent d’adopter une nouvelle stratégie au Kosovo : le rapport présenté par Javier Solana leur a fait comprendre qu’il était urgent de réagir pour sauvegarder la crédibilité de l’Europe.

Il y a un an, la façon dont l’Europe et les Etats-Unis avaient choisi de gérer la crise yougoslave était déjà hautement critiquable : souvenons-nous, en effet, combien les dirigeants occidentaux avaient été lents à intervenir alors qu’ils étaient prévenus depuis longtemps du drame qui se préparait ; rappelons-nous aussi la brutalité avec laquelle l’OTAN entreprit de punir la Serbie, causant la mort de nombreux civils (on sait aujourd’hui qu’il y eut trois fois plus de civils morts que ce que l’OTAN avait annoncé). Par la suite, et comme cela était prévisible, la gestion de la paix a démontré à quel point l’Europe était incapable de mettre en place une politique commune où les droits humains aient véritablement la première place : manque de personnel, lenteur à libérer les fonds, difficulté à s’organiser, division sur l’avenir de la région... Bref, une absence de volonté politique commune qui met l’ensemble des Balkans en grand danger.

Aujourd’hui, il semble que les Quinze aient décidé de prendre le problème au sérieux et ils ont d’autant plus intérêt à le faire que le sud de la Serbie, où vivent encore quelques 70 000 albanais, paraît au bord de sombrer dans la violence... Toutefois, on ne voit guère comment les pays européens vont s’y prendre pour relancer le processus de stabilisation du Kosovo, alors même qu’ils sont dans l’incapacité de condamner d’une seule voix la politique conduite par la Russie en Tchétchénie. Une fois encore, les politiciens ont fait la preuve de leur incohérence : à force de ne raisonner qu’en terme de stratégie, de géopolitique, d’intérêts économiques et de leadership, nos dirigeants se rendent imperméables aux réalités les plus simples : l’une d’entre elles énonce qu’il n’y a de politique que de droits de l’homme et qu’à toujours dédaigner le sort des individus, la politique même en vient à détruire ses propres fondations. La vie de la cité a-t-elle encore un sens lorsque la cité est vide ?

Mettre absolument tout en œuvre pour protéger la vie humaine et créer les circonstances appropriées à son développement, voilà ce que devrait être la politique. Tant que l’individu et ses droits ne seront pas au centre des débats publics, tant qu’ils n’auront pas la priorité absolue dans les sphères politiciennes, les mêmes horreurs se répéteront inlassablement, autant d’épreuves jusqu'à temps que les hommes comprennent.

Geoffroi Contact


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