| L'abolition de l'esclavage |
24 juillet 2000 |
Le sommet d’Okinawa qui réunissait les pays du G8, dont la Russie, s’est terminé hier sans que la moindre action concrète ait été envisagée concernant l’annulation de la dette des nations les plus pauvres. Cette rencontre, qui aurait dû prendre des mesures historiques analogues à l’abolition de l’esclavage au XIX ème siècle, fut en réalité un véritable gaspillage puisque le Japon y consacra 750 millions de dollars, somme qui aurait permis d’effacer la dette de plusieurs pays africains : un record qui témoigne de l’hypocrisie des membres du « club des riches » alors que le sort d’un milliard d’êtres humains est en jeu.
Déjà, lors du précédent sommet de Cologne, les pays du G8 avaient considérablement déçu les 19 millions de signataires de la pétition lancée par le collectif « Jubilé 2000 », en ne promettant que des mesures d’allégement de la dette proprement insignifiantes. Or, on sait aujourd’hui que seulement 15% de l’allégement promis sera réalisé durant l’année alors qu’à Okinawa les gouvernants des pays les plus industrialisés ont célébré dans l’euphorie l’accélération de la croissance mondiale. Bien entendu, nos huit dirigeants se sont engagés à en partager les bénéfices afin de réduire la pauvreté et de faciliter l’accès à l’éducation et aux soins pour les plus démunis. Mais devant leur incapacité à s’entendre sur un calendrier d’annulation de la dette, ces belles paroles paraissent aussi légères que la fumée. Pendant ce temps, les populations de plus de 50 pays souffrent chaque jour du poids effrayant de la dette. Pour ne citer qu’un exemple, chaque habitant de la Zambie doit l’équivalent du double de son revenu annuel aux créanciers internationaux...
Une telle inaction de la part des « maîtres du monde » est tout bonnement scandaleuse. Mais on ne saurait se contenter de rejeter l’échec d’Okinawa sur certains pays qui font volontairement obstacle au règlement de cette douloureuse question : il revient à chaque nation de se décider « souverainement » par rapport à ses propres créances sans se soucier de l’immobilisme et de l’irresponsabilité criminels de ses voisins. Il appartient donc personnellement à messieurs Amato, Blair, Chirac, Chrétien, Clinton, Mori et Schröder d’engager, dans leur pays, un vaste débat public sur la question de la dette afin de s’adjoindre le soutien de leur peuple : dès lors, on ne tarderait pas à voir les autres nations emprunter le même chemin. Mais s’en trouve-t-il un, parmi nos glorieux chefs d’état, qui ait assez de conscience pour effectuer ce sursaut historique ? Encore faudrait-il qu’il se soit libéré du joug de ses propres conditionnements pour se rendre compte de la misère dans laquelle il maintient autrui ! Seul le souci constant de la Fraternité et l’Amour sincère de son semblable produisent cette libération sans laquelle le plus brillant des hommes d’état demeure éternellement un esclave.
Geoffroi
Lectures conseillées :
>> Afrique : Abolir la dette pour libérer le développement - Arnaud Zacharie, Eric Toussaint : Quelles alternatives de développement pour résister aux contraintes imposées par le FMI et la Banque mondiale ?
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>> Vers une écologie spirituelle - Collectif : Dans le cadre du festival de Fès des musiques sacrées du monde, s'est tenu en juin dernier un colloque international regroupant des spécialistes du monde entier qui ont réfléchi trois jours durant, à la question: "comment vivre la mondialisation autrement?". En effet, la prise de conscience de l'importance de la diversité des cultures est sans doute d'autant plus urgente que celle-ci semble menacée. Cet ouvrage regroupe les contributions d'Edgar Morin, Jean-Claude Carrière, Jean Staune, Thierry de Montbrial, Faouzi Skali...
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>> La Grande Désillusion - Joseph Eugene Stiglitz, Paul Chemla (Traduction) : Vice-président de la Banque mondiale, Joseph Stiglitz démissionna avec fracas de son poste en 2000. Auréolé d'un Prix Nobel d'économie reçu en 2001, il fait ici le procès des politiques prônées par le Fonds monétaire international. Avec pédagogie et sur un ton incisif, il décrit avec moult anecdotes comment les grands argentiers ont contribué à façonner l'économie mondiale, et dénonce leurs décisions davantage fondées sur les intérêts des pays riches que sur ceux des pays "aidés". S'il ne remet pas en cause pour autant la mondialisation, "potentiellement capable d'enrichir chaque habitant de la planète en particulier les plus pauvres", il réclame une réforme en profondeur du fonctionnement des institutions internationales, pour mettre fin à ce "consensus de Washington" dont l'échec est patent.
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>> Le G8 illégitime - Attac, Sous la direction de Gustave Massiah et Bernard Cassen : Une relecture de l'histoire du G8, ce “club” qui, de Rambouillet en 1975 au Canada en juin 2002, en passant par Paris en 1989, a travaillé à diffuser et propager les recettes de l'ultralibéralisme à travers le monde.
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>> L'Aide au développement à l'heure de la mondialisation - Michèle Bailly, Patrice Dufour : Depuis une dizaine d’années, l’aide au développement est en crise et la part que lui consacrent les pays industrialisés a fortement diminué. Pourtant, comme l’a brutalement rappelé la destruction des tours du World Trade Center, le monde est UN.
Il est inacceptable – et suicidaire – d’ignorer que la moitié de l’humanité vit avec moins de deux dollars par jour. Alors que la mondialisation bouleverse le quotidien de milliards d’êtres humains, l’heure est venue de faire revivre l’ardente obligation du développement. Les leçons tirées du passé et les pistes nouvelles ouvertes par les recherches récentes sont riches de promesses : il faut s’engager résolument dans cette voie pour faire reculer la pauvreté.
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>> La Face cachée de la mondialisation : L'Impérialisme au XXIe siècle - James Petras, Henry Veltmeyer : La mondialisation n'est qu'un nouveau visage de l'impérialisme. Son " inéluctabilité " et la soumission des peuples au capitalisme et à l'économie de marché partout dans le monde dépendent de la capacité des classes dominantes et dirigeantes à imposer leurs volontés et à convaincre que leurs intérêts sont ceux de tous. Un élément clé de la réflexion sur la mondialisation réside dans la compréhension que son but n'est pas un monde meilleur et plus juste mais, comme cela a toujours été le cas avec l'impérialisme, de servir les intérêts de ceux qui détiennent déjà pouvoir et privilèges.
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>> OMC, le pouvoir invisible - Agnès Bertrand, Laurence Kalafatides : Une source d'informations particulièrement éclairantes sur les enjeux de la crise actuelle et les menaces que l'OMC fait peser sur notre avenir. Dans un style limpide, Agnes Bertrand, philosophe de formation et écologiste engagée, nous fait vivre de l'intérieur le fonctionnement de l'OMC, son évolution récente et son implication sur le quotidien de chacun d'entre nous. Malgre l'opacité de ce qui est pourtant devenu l'institution la plus puissante au monde, l'auteur met clairement en évidence les intérêts qu'elle sert aujourd'hui, son implacable logique et quel est le sens d'une action que les citoyens peuvent mener à son encontre. Un livre a faire partager au plus grand nombre.
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>> Journal d'une combattante : Nouvelles du front de la mondialisation - Naomi Klein, Lori Saint-Martin (Traduction), Paul Gagné (Traduction) : Naomi Klein contribue sans relâche au débat contemporain sur la mondialisation, son impact et son avenir. Ce journal dune combattante réunit deux années de chroniques écrites à l'occasion de manifestations ou de sommets tenus aux quatre coins du monde et parues dans de nombreuses publications. Il rend compte de la nature même de la résistance avec ses manifestations populaires qui ont secoué et aiguillonné des millions de nos contemporains, les allures de carnaval qui ont marqué cette nouvelle forme de subversion jusqu'à l'apparente désorganisation du mouvement - en réalité sa plus grande force. Provocant, intelligent et passionné, ce journal de bord constitue tout à la fois un manuel de survie face à la prédation de l'économie mondiale, un bilan de la mondialisation et de ses conséquences et un témoignage unique sur un moment marquant de notre histoire.
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>> L'Autre mondialisation - Dominique Wolton : Avec l'ouverture des frontières, la télévision, la démocratisation des voyages et plus récemment Internet, le monde se serait mué en un gigantesque « village ». C'est, du moins, ce que veulent faire croire des industries de la communication plus puissantes que jamais ; nous serions tous « citoyens du monde », multi-branchés, capables d'assimiler les héritages les plus divers, bricolant dans la bonne humeur une sorte de culture mondialisée. Rien de plus vain que cette prétention cosmopolite. Pour affronter un monde toujours plus ouvert, et donc plus incertain, il faut au contraire être confiant dans son identité, prêt à se confronter à d'autres valeurs. Bref, avoir des racines. Ce n'est pas parce que l'Autre est aujourd'hui plus accessible qu'il est plus compréhensible, c'est même précisément l'inverse. Plus nos différences sont visibles, plus elles créent des tensions. Curieusement, alors qu'on ausculte à la loupe la mondialisation économique, on oublie de penser cette « autre mondialisation » dont dépendent pourtant la paix et la guerre de demain. A quelles conditions, donc, organiser au niveau mondial une cohabitation des cultures ? C'est la question centrale de ce livre et, pour Dominique Wolton, l'un des principaux enjeux politiques d'aujourd'hui. À contre-courant des idées reçues, il risque des propositions qui surprendront.
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