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Effet de vide
21 février 2000


L’organisation humanitaire Human Rights Watch condamne l’utilisation par les forces russes des bombes à effet de vide (FAE) et demande à nouveau au Président Vladimir Poutine d’en interdire l’usage. Ces armes particulièrement destructrices causent la mort de très nombreux civils parce que les russes les utilisent de façon aveugle, au mépris des conventions internationales en ce domaine. L’état-major a déjà annoncé avoir largué ce genre de bombes sur la banlieue de Grozny et dans les montagnes du sud de la Tchétchénie. Actuellement, l’armée refusant d’ouvrir des corridors pour permettre aux civils de fuir les zones de combat, ces derniers se retrouvent dans une situation dramatique...

Il convient de savoir que les bombes à effet de vide ont pour objectif d’éliminer les combattants embusqués dans des grottes, des tunnels ou des bunkers. A l’onde de choc qu’elles provoquent et qui est extrêmement dévastatrice, s’ajoute l’effet de vide qui déchire les poumons des victimes. Un expert russe cité par Human Rights Watch compare la capacité de destruction de cette arme à celle d’un missile nucléaire de faible puissance...

Arrêtons-nous un instant sur cette escalade dans la violence opérée par le pouvoir russe. Depuis le début de l’intervention en Tchétchénie, nous n’avons entendu parler que d’atrocités malgré les efforts des autorités pour faire disparaître le moindre témoin : depuis le bombardement de la place du marché de Grozny jusqu’aux camps de filtration, l’heure est à la cruauté sous toutes ses formes. Et comme toujours lorsque l’être humain se laisse emporter dans le tourbillon de la haine, il devient incohérent et stupide. Oui, pour accuser les américains d’être les complices du « terrorisme médiatique tchétchène », pour reprocher à Mary Robinson (commissaire aux droits de l’homme des nations Unies) « d’être anti-russe », il faut être stupide. Pour avoir enlevé le journaliste Andrei Babitsky et se mettre la presse moscovite à dos, pour faire de la Tchétchénie un nouvel Afghanistan, il faut être imbécile. Pour martyriser ainsi le peuple tchétchène depuis des décennies et conduire la Russie au bord du gouffre, il faut être fou : une folie qui résulte de cet effet de vide après que le cœur a explosé, un vide d’Amour et de Fraternité dont souffrent gravement les maîtres de la Russie. Espérons que cette déflagration-là ne parviendra pas jusqu'à nous !

Geoffroi


Lectures conseillées :

>> Fédération de Russie : Un pays sans véritable justice - Amnesty International : Dans toute la Fédération de Russie, de graves atteintes aux droits humains et au droit international humanitaire sont commises par des responsables de l'application des lois et des membres des forces de sécurité. Hommes, femmes et enfants placés en détention sont presque systématiquement torturés ou victimes de mauvais traitements. Dans les centres de détention provisoire, surpeuplés et insalubres, les conditions de vie sont assimilables à un traitement cruel, inhumain ou dégradant. Selon de nombreuses informations dignes de foi, la Tchétchénie est le théâtre d'agressions contre les civils, de viols, de " disparitions " et d'exécutions extrajudiciaires imputables aux forces russes. Amnesty International dénonce l'impunité qui règne dans la Fédération de Russie et qui ne fait que perpétuer les atteintes aux droits humains. Ce rapport attire également l'attention sur les obstacles qui empêchent les victimes - femmes, enfants et membres de minorités ethniques ou nationales en particulier - d'obtenir réparation. La publication de ce rapport coïncide avec le lancement de Justice pour tous !, campagne mondiale d'Amnesty International en faveur des droits humains dans la Fédération de Russie. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Tchétchénie : Le déshonneur russe - Anna Politkovskaïa, André Gluksmann (Préface), Galia Ackerman (Traduction) : Depuis août 1999, Anna Politkovskaïa, grand reporter du bihebdomadaire Novaïa Gazetta, s'est rendue plus d'une quarantaine de fois en Tchétchénie pour couvrir la guerre, la seconde, qui frappe cette petite République. Pour elle, c'est l'avenir même de la Russie et ses chances d'accéder à une véritable démocratie qui sont enjeu. Décrivant le calvaire de la population tchétchène, elle montre que la poursuite du conflit le rend de plus en plus incontrôlable. La violence absolue favorise la minorité tchétchène la plus extrême, au détriment de la majorité acquise aux idées occidentales, et déshumanise les combattants des deux camps. Les militaires russes pillent, violent et tuent en toute impunité, les combattants tchétchènes sombrent dans la délation et les règlements de compte, dévorés par le désir de vengeance d'un côté, et les exigences cyniques de la survie de l'autre, basculant parfois dans la criminalité pure et simple. Et finalement, ces pratiques finissent par gangrener moralement toute la société. Pour Anna Politkovskaïa, qui n'épargne pas l'actuel président russe Vladimir Poutine, cette spirale infernale trouve son origine dans la tradition d'un pouvoir qui a besoin d'un ennemi - bouc émissaire -, pour lui faire porter le poids des malheurs - réels - des Russes, dans la difficile période du postcommunisme. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Le Chardon tchéthène : Sous le rouleau compresseur russe - Laurence Binet : Depuis bientôt dix ans, les Tchétchènes tentent de résister à l'occupation russe. Sous prétexte de lutter contre le terrorisme, l'armée russe se livre à une opération de destruction de ce peuple, tandis que la communauté internationale détourne les yeux. Maaka, 17 ans, raconte ses neufs dernières années dans la Tchétchénie en guerre : la faim, le froid, l'absence de soins, l'humiliation, sa famille décimée par les bombes et la terreur russes. L'exil comme seul échappatoire. Jeune appelé de l'armée russe, Pavel est envoyé contre son gré pour faire la guerre en Tchétchénie. Dans des lettres qu'elle ne reçoit pas, censure militaire oblige, il raconte à sa mère, Olga, comment l'armée russe les déshumanisent, lui et ses camarades, pour mener une guerre contre les civils. De son côté, Olga s'engage auprès du Comité des Mères de soldats qui luttent contre le recrutement forcé des jeunes Russes et les pratiques odieuses de l'armée. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !


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