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De l'Obstination
20 octobre 2000


A Londres, le Foreign Office vient de confirmer la libération de James Mawdsley, un défenseur des droits humains condamné à 17 ans de prison par la dictature birmane. La prudence reste toutefois de mise tant que le prisonnier n’aura pas été placé sous la responsabilité de l’ambassadeur britannique à Yangon (Rangoon). James Mawdsley avait été condamné en septembre 1999 pour possession de tracts en faveur de la démocratie et critiques à l’encontre du régime. Les violences et mauvais traitements subis durant sa détention avaient indigné la communauté internationale et suscité de nombreuses pressions auprès du gouvernement, l’un des plus barbares de la planète.

L’année dernière déjà, une autre citoyenne britannique, Rachel Goldwyn, avait été jetée en prison pour avoir chanté en public des slogans favorables à la démocratie. Libérée au mois de janvier 2000, elle n’a cessé depuis d’attirer l’attention de l’opinion internationale sur la situation dramatique du peuple birman. Ainsi, grâce aux sacrifices de ces deux activistes - et de bien d’autres, qu’ils soient birmans ou non - la tragédie qui se déroule dans ce pays est, à présent, largement connue : un pouvoir tyrannique, soutenu par de grandes entreprises étrangères, tente d’y étouffer les velléités démocratiques manifestées clairement par la population et conduit une guerre sans merci contre ses pacifiques opposants. Aujourd’hui, la Birmanie est au ban des nations depuis que l’Organisation Internationale du Travail (OIT) a recommandé à ses membres de revoir leurs relations avec la junte birmane, si elle ne prenait pas de sérieuses mesures afin de mettre fin au travail forcé. En ce moment même, une délégation d’experts de l’OIT est à Yangon pour y étudier les efforts entrepris par le gouvernement et il ne fait aucun doute que ce dernier, en relâchant James Mawdsley, espère ainsi s’attirer la clémence des instances internationales...

L’obstination exemplaire de James Mawdsley et Rachel Goldwyn, dans leur combat en faveur des droits humains, ne peut manquer d’accroître notre confiance en l’émergence d’une conscience universelle authentiquement fraternelle. Ainsi que le déclarait Mawdsley dans sa lettre au peuple birman, « s’agissant de droits humains, il n’y a pas d’étrangers ; nous sommes tous les mêmes, des êtres humains, et votre cause est la mienne ». Cette proclamation idéale, il l'a traduite en actes concrets : expulsé de Birmanie par deux fois avant son emprisonnement, il a toujours su qu’en tant que ressortissant britannique, il risquait seulement quelques mois de prison alors que des birmans auraient certainement été exécutés sommairement pour des faits identiques. Une belle leçon de fraternité qui montre à chacun d’entre nous qu’il peut agir efficacement au nom de ses semblables, de par sa simple appartenance à un pays libre. « Cessons donc de penser que le bien que nous faisons n’a pas la moindre conséquence : les gouttes d’eau de pluie finiront par remplir la jarre... » (Bouddha).

Geoffroi Contact


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