| La Paix active |
17 mai 2000 |
Des affrontements incessants ont eu lieu ces derniers jours entre manifestants palestiniens et soldats israéliens, causant la mort de plusieurs personnes et faisant des centaines de blessés. A l’origine de ce regain de tension entre les deux communautés se trouve la commémoration par les palestiniens de « Al Naqba », autrement dit « la catastrophe » que constitue pour eux la création de l’état d’Israël. De plus, les manifestants réclament la libération des 1600 prisonniers encore détenus par les autorités israéliennes, dont certains ont entamé une grève de la faim.
Les négociations actuelles qui doivent déboucher sur un accord définitif au mois de septembre butent toujours sur les mêmes sujets sensibles que sont l’avenir de Jérusalem-Est, des colonies juives ou des réfugiés palestiniens. Malgré cela, certains négociateurs comme le ministre israélien de la sécurité ou Ehud Barak lui-même continuent de croire en l’aboutissement du processus de paix...
Il est probable, en effet, que les deux partis finiront par trouver un terrain d’entente sur la plupart des sujets mais s’agira-t-il pour autant d’une paix véritable comme sont en droit de l’espérer ceux qui en ont payé le prix sanglant ? Ceux-là qui ont perdu un être cher ou qui connaissent la misère et l’exclusion ne seront pas consolés par ce qui ressortira des tractations secrètes de Stockholm : pour que disparaissent les traces laissées par la violence sur les individus, il faut qu’un processus de guérison susceptible de reformer, peu à peu, les liens fraternels soit mis en place.
Les organisations humanitaires ont, bien entendu, un rôle éminent à jouer dans l’établissement de cette paix active. Mais c’est aussi le rôle des gouvernements que de favoriser l’émergence de cette prise de conscience. Dans leur malheur, israéliens et palestiniens ont la chance d’être attachés historiquement, affectivement et spirituellement au destin de Jérusalem, la Ville Sainte : peut-être est-ce le moment pour eux de comprendre que l’avenir de leur « capitale éternelle » dépend exclusivement de l’énergie qu’ils déploieront à conquérir leur propre apaisement intérieur.
Geoffroi 
Lectures conseillées :
>> Jérusalem : Juifs chrétiens et musulmans au cœur d'une ville unique - Jacques Potin : Jérusalem, revendiquée par les juifs, les chrétiens et les musulmans comme leur centre spirituel, fut tour à tour annexée par chacune des grandes religions monothéistes ou par les civilisations qui les incarnaient. Jacques Potin retrace dans cet ouvrage l'histoire politique et religieuse de Jérusalem des temps bibliques jusqu'aujourd'hui.
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>> Le Manifeste d'un juif libre - Théo Klein : Théo Klein, avocat réputé et figure libre et majeure de la communauté juive, continue — ce qui ne lui vaut pas que des amis — à ne pas mâcher ses mots: il est temps que les Juifs cessent de craindre le monde qui les entoure; il est temps qu'ils cessent de recréer un ghetto virtuel au sein même de la société à laquelle ils appartiennent; il est temps qu'ils retrouvent sur la scène politique, ici et ailleurs, la force de proposition et d'engagement dont leur héritage historique les rend éminemment capables. Contrairement au discours juif ambiant, qui prône, par souci de défense, un recours aveugle à la force, Théo Klein parle lui de confiance, de dialogue et de respect de la dignité de chacun.
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>> Palestine - Israël. Approches historiques et politiques - Collectif , Samaha Khoury : Le destin de la Palestine est, depuis toujours, tragique. L'histoire de cette terre est celle d'incessants conflits. La violence qui s'y manifeste est probablement liée au fait religieux : sur une “Promesse divine” se sont greffées des réalités politiques. Tout cela engendre contestations et discordes, là où il faudrait une sage organisation, respectueuse des droits de tous, et des compromis à défaut de consensus. Il est difficile d'expliquer le conflit israélo-arabe sans recourir à l'histoire et sans revenir sur la fameuse “Promesse de Yahvé”, sur l'idéologie sioniste et le rêve de la “Terre Promise”, sur la déclaration de Balfour et enfin sur les décisions de l'ONU, surtout celle du partage de 1947, et leur nonapplication. Avec l'accord d'Oslo de 1993, la paix semblait pouvoir s'établir. Mais cet accord était-il véritablement l'œuvre commune de toutes les parties en présence ? La paix qui devait résulter de cet accord n'était-elle pas plutôt une fausse paix, annonciatrice de futures catastrophes ?
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