| La longue marche |
17 mars 2000 |
Chaque année, le Parlement Européen publie un rapport sur la situation des droits de l’homme au sein de l’Union Européenne. Ainsi, il y a quelques jours, les députés ont adopté une résolution suite au rapport du danois Bertel Haarder portant sur la période 1998-99. Il y est rappelé que le caractère universel des droits humains, leur indissociabilité et leur interdépendance constituent les valeurs fondamentales que chaque pays membre s’est engagé à respecter et auxquelles tout candidat doit impérativement souscrire.
Il est particulièrement intéressant de noter qu’au cœur de l’Union Européenne, des violations des droits humains ont lieu couramment, violations qu’il est indispensable de traquer si l’Europe veut assumer correctement son rôle de leader en la matière. Par exemple, plusieurs pays dont la France ont été rappelés à l’ordre pour n’avoir pas encore ratifié la convention européenne pour la protection des minorités nationales. De même, certaines minorités n’ont pas la possibilité de pratiquer leur religion dans tous les pays de l’Union. Les parlementaires ont également constaté que des cas de torture et de traitements inhumains exercés par les forces de l’ordre dans certains pays ont été enregistrés par des organisations humanitaires. Le rapport évoque aussi le sort des émigrés et des demandeurs d’asile, la protection face aux abus des systèmes judiciaires, la lutte contre le terrorisme, la promotion des droits des enfants et des femmes, la bioéthique etc. Dans tous ces domaines, d’importants progrès restent à accomplir à l’égard des plus défavorisés, ceux que le rapport désigne sous le nom de « sans-papiers, sans-logis ou sans-emploi »... Oui, lorsque l’on découvre qu’en Europe, 40 millions de personnes vivent au-dessous du seuil de pauvreté, il apparaît évident que le non-respect des droits humains est aussi un fléau qui ravage les sociétés développées et nous concerne donc de la façon la plus directe.
Pour pallier les innombrables carences en matière de droits humains, les parlementaires sont favorables à l’adoption d’une véritable politique européenne des droits de l‘homme qui s’appuierait sur une charte des droits fondamentaux « juridiquement contraignante ». Mais une telle politique ne peut se mettre en place si elle n’est pas profondément désirée par une majorité d’individus conscients de son caractère vital. En d’autres termes, l’éducation aux droits humains est l’affaire de tous : elle consiste bien entendu à prendre connaissance de ses droits mais aussi à savoir reconnaître et promouvoir la légitimité des droits d’autrui c’est-à-dire à abandonner cette « réticence à accorder à l’autre les libertés que l’on revendique tout naturellement pour soi ». C’est exactement là que commence la longue marche de la Fraternité.
Geoffroi
Lectures conseillées :
>> Protéger les droits humains : Outils et mécanismes juridiques internationaux - Amnesty international : Amnesty International est un mouvement mondial composé de plus d'un million et demi de membres et de sympathisants actifs dans au moins 150 pays et territoires. Ces hommes et ces femmes ont choisi de consacrer une partie de leur temps et de leur énergie afin de promouvoir le respect des droits humains universellement reconnus et inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH) et dans d'autres instruments internationaux et régionaux.
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>> Amnesty International, rapport 2003 - Amnesty international : Les défenseurs des droits humains doivent se mobiliser sur des fronts toujours nouveaux. En 2002, l'actualité politique internationale a été dominée par la « guerre contre le terrorisme » et la menace d'un conflit en Irak, au détriment d'autres questions fondamentales touchant au respect des droits de l'être humain. Dans ce domaine, sous couvert d'une politique étroitement sécuritaire, des initiatives concertées ont mis à mal les avancées enregistrées au cours des dernières décennies. Des mesures draconiennes - intrusion dans la vie privée des gens, détention de suspects sans jugement et renvois forcés de personnes au mépris de leur sort - prises tant par des gouvernements démocratiques qu'autocratiques, ont porté atteinte au droit international. Les droits humains ont connu des restrictions, des États ont échappé à toute forme de surveillance, et les divisions issues de différences de religion et d'origine ont été exploitées. Mais les défenseurs des droits humains ont aussi connu des succès en 2002 avec, notamment, l'instauration de la Cour pénale internationale, étape décisive dans la lutte contre l'impunité dont bénéficiaient les auteurs des pires crimes contre l'humanité. Ce Rapport d'Amnesty International réunit des informations sur les atteintes aux droits humains commises dans 151 pays et territoires au cours de l'année 2002. Il apporte une pierre à l'édifice des défenseurs de ces droits qui se battent pour un monde plus sûr, un monde où les droits de la personne l'emportent sur les intérêts politiques, militaires ou économiques.
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>> Torture, une impunité criminelle - Amnesty International : Tous les jours, dans toutes les régions du monde, des hommes, des femmes et des enfants sont victimes de torture. Le plus souvent, ces actes ne font l'objet d'aucune enquête. Leurs auteurs ne sont pas poursuivis. Le crime de torture, malgré sa gravité, est commis en toute impunité. Au vu de cette situation, les tortionnaires ont toutes les raisons de penser que leurs actes ne seront jamais sacntionnés par une arrestation, un procès ou une peine quelconque. Quant aux victimes et à leurs proches, leur droit à la vérité et à la justice sont bafoués, et leurs espoirs de réparation anéantis. Le présent ouvrage, publié dans le cadre de la campagne mondiale d'Amnesty International contre la torture, indique aux gouvernements quelles nouvelles mesures ils peuvent prendre pour mettre fin à l'impunité.
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