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Certains l'aiment chaud (Ecoutez-le en Real Audio)
Jeudi 14 juin 2001


George Bush est attendu aujourd'hui en Suède pour y rencontrer les dirigeants de l'Union Européenne et s'entretenir avec eux de l'avenir du protocole de Kyoto sur le réchauffement du climat. Des dizaines de milliers de manifestants soucieux de l'environnement feront connaître leur indignation au président américain, dont la politique est d'autant plus irresponsable que son pays est le premier pollueur de la planète. De plus en plus de voix s'élèvent aux Etats-Unis, émanant entre autres des milieux scientifiques, pour demander à Bush de faire machine arrière sur cette question, qui exige l'instauration d'un consensus au plan international, le plus rapidement possible. Mais le président a décidé que les données scientifiques étaient trop imprécises et qu'il fallait procéder à de nouvelles recherches. Autrement dit, ainsi que le déclarait un leader d'une organisation de protection de l'environnement, "il demande une étude sur le feu, pendant que la maison brûle"...

En fait, si l'on regarde de près le projet politique de George Bush en matière d'énergie, l'on ne peut qu'être effaré de constater qu'il conduit directement à l'aggravation de l'effet de serre et à l'augmentation des émissions de CO2 : son objectif consiste, en effet, à consommer davantage de pétrole et de charbon, au point d'accroître de 35 % la pollution responsable du réchauffement de la terre, au cours de la prochaine décennie. Et cela semble d'autant plus inconcevable que la Maison Blanche a récemment demandé à un panel de scientifiques de lui donner son opinion quant à l'influence de l'être humain sur le climat. La semaine dernière, les onze experts de la National Academy of Sciences ont remis un rapport sans équivoque à l'administration Bush, confirmant que "les activités humaines sont bien à l'origine de l'accumulation dans l'atmosphère de gaz à effet de serre qui provoque une hausse des températures et du niveau des océans, laquelle se poursuivra tout au long de ce siècle". 800 pages d'études détaillées n'auront donc pas suffi à convaincre un président tenu par ses commanditaires de favoriser la croissance économique, quoi qu'il en coûte.

D'ici deux ou trois décennies, lorsque l'humanité se penchera sur son passé, il ne fait aucun doute qu'elle jugera sévèrement les hommes qui auront traité avec insouciance les questions environnementales. Peut-être même qu'un jour les politiques irresponsables en matière de production énergétique relèveront du crime contre l'humanité. Si George Bush risque fort d'être immortalisé comme un malfaiteur de l'environnement - à moins qu'il évolue quant à sa vision du monde, ce que nous lui souhaitons ardemment - il manque cependant, face à lui, de dirigeants aptes à entraîner l'humanité sur la voie du développement harmonieux. En d'autres termes, rares sont, aujourd'hui, les êtres suffisamment volontaires et charismatiques, capables de générer autour d'eux un courant de sympathie qui dépasse les frontières d'une nation. Pourtant, la mondialisation et les problèmes vitaux qui l'accompagnent requièrent l'avènement d'une nouvelle génération d'individus, trouvant leur bonheur non pas dans le pouvoir, mais dans le service et le partage. Plus il y en aura, dans tous les secteurs de la société, mieux cela sera pour l'humanité. Et l'on a beau dire que "personne n'est parfait", il est profitable à tous de chercher à le devenir...

Geoffroi Contact


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