fraternet.com



L'Enfance volée
11 mai 2000


Les organisations humanitaires réunies au sein de la Coalition pour l'arrêt de l'exploitation des enfants soldats tiennent actuellement un congrès à Bangkok afin d’attirer l’attention de la communauté internationale sur cette pratique inhumaine. Dans le monde, ce sont plus de 300 000 enfants qui sont impliqués dans des conflits où ils servent comme combattants, espions, porteurs et, bien souvent, esclaves sexuels.

L’Asie arrive juste derrière l’Afrique en ce qui concerne l’utilisation de mineurs en tant que soldats : des pays comme la Birmanie, l’Afghanistan ou le Sri Lanka s’illustrent particulièrement en ce que les armées nationales aussi bien que les rebelles ont pris l’habitude d’arracher des filles et des garçons à leurs parents et de les forcer à se battre pour leur compte. Ces enfants, drogués, battus et violés sont contraints de participer aux pires atrocités qui les laisseront traumatisés à vie...

Dans ce domaine, la Birmanie s’est taillée une solide réputation par sa volonté d’augmenter le nombre de ses militaires jusqu'à 475 000 hommes pour l’année 2000. La junte militaire au pouvoir, bien que signataire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ainsi que de divers protocoles traitant de la protection de l’enfance, continue ses pratiques ignobles comme l’enlèvement de garçons et de filles à la sortie de l’école dans le but de grossir son contingent.

Dans le monde entier, le sort de ces milliers d’enfants interpelle la conscience humaine. La réponse que donnent les associations humanitaires à cette tragédie consiste à exiger des nations qu’elles relèvent l’âge de la conscription à 18 ans. Si cette revendication est légitime et nécessaire, il ne faut pourtant pas s’aveugler : la guerre ne causerait-elle plus le moindre traumatisme à partir de cet âge fatidique ? Et connaissons-nous des guerres « propres » au cours desquelles des civils ne sont pas exterminés et des femmes violées ? Où est-il inscrit, dans la nature humaine, qu’il soit positif de tuer son prochain lorsque l’on devient un « adulte » ?

L’enfance n’est pas seulement une période de la vie qui disparaît au bout d’un certain laps de temps. Elle est surtout un état de conscience caractérisé par la confiance en la vie et l’ouverture sur les autres : autrement dit, l’aspiration à une certaine illimitation qui ne peut que se révolter contre des concepts irrationnels comme la souveraineté nationale, le patriotisme et autres notions artificielles porteuses de mort. Ce n’est donc pas seulement l’âge de la conscription qui doit être élevé mais la guerre qu’il faut bannir ainsi que toutes les idéologies qui appellent le sang.

Tant que l’humanité n’aura pas compris cette vérité toute simple, son irresponsabilité l’empêchera de pénétrer dans l’âge adulte : celui où l’on sait pourquoi l’on vit et non pas pourquoi l’on tue.

Geoffroi Contact


Abonnement à l'Info
L'info quotidienne dans
votre boite email (gratuit)


Abonnement à l'Hebdo
Les meilleurs textes
chaque semaine (gratuit)


http://www.fraternet.com - Copyright © 2000 - 2001 Les Chemins D'En Haut - Tous droits réservés.