Au Mozambique, où les inondations de ces dernières semaines ont sans doute fait des milliers de victimes et plus d’un million de sans abri, les opérations de sauvetage des sinistrés par la voie des airs ont dû être interrompues à cause de nouvelles pluies. Par ailleurs, outre les risques d’épidémies de malaria et de paludisme, les survivants doivent faire face à une autre menace : les mines antipersonnel, datant de la guerre civile, que les flots tumultueux ne cessent de déplacer de sorte que des zones considérées depuis des années comme assainies peuvent à nouveau présenter un danger.
On l’aura compris, le Mozambique, peuplé de 18 millions d’habitants, se trouve dans une situation catastrophique aux plans humain et économique et l’aide massive de la communauté internationale sera indispensable pour permettre la reconstruction de ce pays. Pour l’instant, toutefois, nous n’en sommes pas là : il reste encore à procéder à l’évacuation complète des victimes et à assurer leurs besoins en matière d’alimentation et de santé. La question que l’on se pose d’emblée consiste évidemment à se demander pourquoi les sinistrés n’ont pas été secourus plus rapidement : les pluies ont, en effet, débuté il y a plus de trois semaines.
La réponse est simple : pour lancer une opération de grande ampleur, il faut des moyens financiers en rapport. Or, l’argent ne parvient aux organisations chargées de faire face à de tels désastres que bien tardivement, et seulement lorsque les médias commencent à en faire leurs gros titres. En de telles circonstances, il est inconcevable qu’il faille faire appel à des donateurs alors que le temps joue un rôle prépondérant. Parfois même, le sort des victimes peut basculer en quelques heures. Bref, la capacité humaine à se soucier sérieusement de son prochain est, une fois de plus, prise en défaut : les marchés financiers sont plus prompts à réagir à la hausse d’une place boursière qu’à la hausse du niveau d’un fleuve. Et si les maîtres du monde ne peuvent pas tirer profit à court terme d’une situation de crise, ils ne sont guère pressés d’apporter leur aide...
La situation au Mozambique - de même que d’autres catastrophes ailleurs dans le monde - nous ramène ainsi à l’essentiel : comme si la Vie voulait nous aider à réaliser que nous ne sommes pas seuls au monde avec nos richesses. A ce sujet, des chiffres donnés par la Croix Rouge sont particulièrement instructifs : ils énoncent que 96% des morts causées par des catastrophes naturelles se produisent dans des pays en voie de développement, montrant ainsi que la pauvreté et le dénuement des exclus de cette planète ont des conséquences à tous les niveaux. Tout cela pour faire prendre conscience à ceux qui détiennent les richesses qu’ils font un bien mauvais calcul. Aujourd’hui, c’est dans la Fraternité qu’il faut investir parce que l’Amour de l’Autre est notre capital le plus précieux : nombreux sont ceux qui, au sein de leur couple et de leur famille, sont conscients de cette vérité. Il suffit d’un petit effort pour comprendre que cela est encore plus vrai au niveau de l’humanité entière.
Geoffroi |