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Le Monde de Demain
6 juillet 2000


Dans le cadre du Conseil Economique et Social des Nations Unies, a lieu, à New York, une rencontre entre ministres d'état, chefs d'entreprise et experts en nouvelles technologies de l'information et de la communication. L'objectif avoué est de définir des mesures concrètes afin de combler le fossé « digital » qui sépare les nations développées et les pays pauvres, alors que le monde entre dans l'ère de la nouvelle économie fondée sur le savoir et la connaissance. A l'heure actuelle, il apparaît clairement que les technologies de l'information sont autant susceptibles d'aider valablement des populations défavorisées à sortir de l'isolement et de la misère que d'accroître les inégalités.

L'aspect positif de l'arrivée des nouvelles technologies de l'information dans des régions en développement comporte de multiples facettes : l'accès à des bases de données médicales pour du personnel de santé éloigné des grandes villes, l'enseignement à distance sans contrainte d'espace ni de temps, le développement et la diffusion d'un savoir local, la promotion du tourisme… Autant de points qui peuvent permettre à des individus ou à des groupes humains de mieux connaître leurs droits, de mieux protéger leur santé, d'acquérir des capacités nouvelles et de les partager avec autrui. En revanche, on imagine facilement quels peuvent être les dangers à répondre sans réfléchir au chant des sirènes de la société globale de l'information : accroître les écarts entre une élite férue de technologies de pointe et soucieuse d'engranger au plus tôt les bénéfices du commerce électronique et des personnes ne sachant ni lire ni écrire et n'ayant jamais utilisé un téléphone… En d'autres termes, l'utilisation des technologies comme l'Internet afin de favoriser le mieux-être des populations démunies en matière de santé, d'éducation et de promotion sociale est une approche extrêmement positive. Mais s'il s'agit de pousser des gouvernements à se ruiner en infrastructures informatiques et en réseaux de télécommunications, aux dépens - comme toujours - des budgets de santé et d'éducation, quels avantages ces nations en tireraient-elles ?

Il ne faudrait pas, en effet, que le raisonnement qui prévaut sur le marché de l'armement - et qui consiste à dire aux pays pauvres « équipez-vous des dernières nouveautés avant d’être écrasés par vos voisins » - vienne à dominer le marché des technologies de l'information et de la communication chez les pays en développement. L’Internet, la téléphonie mobile ou la télévision par satellite ne sont pas des fins en soi, de même que la communication avec son semblable peut être vaine si l’on ne sait pas d’abord ce que l’on veut lui communiquer ou, mieux, ce que l’on désire échanger avec lui. La globalisation effrénée de l’économie que véhicule l’industrie de l’information et de la communication doit être compensée par le développement d’un mode de pensée et de comportement visant à l’union entre les êtres par le respect du caractère unique de chaque individu, de chaque groupe humain : bref, une façon d’être et d’agir avec le cœur qui manque cruellement à notre monde mais qui peut encore gagner la première place dans le monde virtuel que nous sommes en train de créer, prélude au monde réel de demain.

Geoffroi Contact


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