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L'année du dragon |
6 février 2000 |
L’Asie est entrée hier dans l’année du dragon, animal mythique symbolisant la puissance et la prospérité. Des centaines de millions de personnes espèrent ainsi que l’ère nouvelle qui vient de commencer verra la fin de la crise économique qui les touche depuis bientôt trois ans. De son côté, le gouvernement chinois semble s’être souvenu que le motif du dragon est aussi le symbole de l’empereur, garant de l’ordre au moyen du feu qui sort de sa gueule. Le régime a, en effet, entamé une campagne de répression tous azimuts, frappant sévèrement les dissidents tibétains ou les membres du Falungong, multipliant les exécutions capitales et annonçant la future réintégration de Taiwan au sein de la « Mère-patrie ».
En d’autres termes, Pékin a choisi l’année du dragon pour consolider le pouvoir du parti communiste en étranglant tout ce qui pourrait constituer une menace à sa pérennité. Ainsi, on ne compte plus les adeptes du Falungong, simple mouvement mystique basé sur la maîtrise de la respiration, ayant été battus, torturés, emprisonnés sans jugement ou tués par la police. Tout cela pour une seule raison : le nombre des membres de la « secte hérétique », comme l’appelle le gouvernement, se monte à plusieurs dizaines de millions de personnes, essentiellement des femmes... De quoi inquiéter les dirigeants du parti, spécialement lorsqu’ils constatèrent que certains de leurs cadres pratiquaient eux aussi les fameux exercices de méditation !
« On ne discute pas la perle du dragon », disait Mao, faisant allusion à ce joyau que l’animal porte dans la gorge et qui donne à sa parole un caractère sacré et supérieur devant lequel on ne peut que s’incliner : bref, on ne remet pas en cause les décisions du régime qui, seul, est apte à indiquer la voie que le peuple doit suivre. La communauté internationale semble avoir pris cette maxime, énoncée - rappelons-le -par un des plus grands tyrans que la terre ait porté, pour argent comptant et laisse le gouvernement chinois commettre ses multiples exactions dans la plus totale impunité. Il convient donc de rappeler à nos « honorables » dirigeants ce qu’Amnesty International demandait tout récemment aux ministres des affaires étrangères européens : censurer la Chine devant la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies de la façon la plus claire. Souhaitons que la communauté internationale réagisse avant que le dragon chinois ne s’éveille, sans quoi il ne nous restera qu’à prier saint Georges ou saint Michel de le terrasser...
Geoffroi |