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Fonder une Famille...
5 juillet 2000


Le Sommet Mondial pour le Développement Social s’est achevé samedi dernier, à Genève, par l’adoption d’une déclaration où les gouvernements s’engagent à lutter contre la pauvreté, favoriser l’emploi et l’intégration sociale et concentrer leurs efforts sur les situations qui compromettent la paix, la santé, la sécurité et le bien-être des populations. Lors de ce sommet, les représentants de 130 nations se sont ainsi intéressés aux progrès réalisés depuis la précédente rencontre de Copenhague, cinq ans auparavant : ils ont malheureusement découvert qu’au lieu de s’améliorer, la condition des pays les plus démunis s’était considérablement aggravée et que les disparités entre pays riches et pays pauvres n’avaient fait qu’augmenter...

Le représentant du Gabon a parfaitement résumé la situation en évoquant les problèmes de l’Afrique, valables pour beaucoup d’autres pays du monde : l’accentuation de la pauvreté, la diminution de l’aide publique au développement qui n’atteint toujours pas les 0,7 % du PNB des pays donateurs, la lourde charge que constitue la dette, l’impact du SIDA et des nombreux conflits régionaux... De son côté, le ministre danois de la coopération pour le développement a exprimé un sentiment largement partagé quant au danger de l’ultra-libéralisme et de la déréglementation, en grande partie responsable de la crise actuelle. Enfin, on retiendra les propos de la ministre de l’emploi du Cap-Vert relatifs à « la controverse traditionnelle qui existe sur les rôles et responsabilités aux plans national et international ». Bref, il apparaît de la façon la plus claire que la communauté internationale ne s’est pas donnée les moyens de concrétiser ses engagements et l’on peut se demander pourquoi elle le ferait aujourd’hui...

En effet, la réglementation des marchés, l’allégement de la dette ou la transparence des systèmes monétaires et financiers ne peuvent, à eux seuls, résoudre les immenses problèmes qui se posent à l’humanité : le développement humain ne saurait se résumer à la croissance économique. Un mot ne figure pas dans cette déclaration : le mot « Fraternité » qui apparaît pourtant dès le premier article de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Sans elle, la croissance se réduira toujours à l’enrichissement des élites. Si le terme de « Fraternité » ne figure pas dans le document adopté à Genève, c’est parce qu’il demeure encore trop flou dans les esprits : on préfère parler de démocratie, de respect des libertés individuelles et des droits humains, laissant de côté le plan affectif et spirituel. Et, ce faisant, on enlève sa dimension spécifiquement humaine à ce qui relève précisément du développement humain. Un comble ! la relation affective qui peut exister entre l’individu et l’ensemble du groupe - ici, l’humanité tout entière - où les deux parties sont mutuellement responsables l’une de l’autre, est une relation d’échange, génératrice de progrès et de développement, que rien ne peut remplacer : une relation de type familial où chacun se connaît et est reconnu comme indispensable au groupe. Ce qui nous manque cruellement aujourd’hui, c’est de réaliser que nous sommes devenus des adultes et qu’il est grand temps que nous envisagions sérieusement de fonder une famille : la grande famille humaine.

Geoffroi


Lectures conseillées :

>> La Grande Désillusion - Joseph Eugene Stiglitz, Paul Chemla (Traduction) : Vice-président de la Banque mondiale, Joseph Stiglitz démissionna avec fracas de son poste en 2000. Auréolé d'un Prix Nobel d'économie reçu en 2001, il fait ici le procès des politiques prônées par le Fonds monétaire international. Avec pédagogie et sur un ton incisif, il décrit avec moult anecdotes comment les grands argentiers ont contribué à façonner l'économie mondiale, et dénonce leurs décisions davantage fondées sur les intérêts des pays riches que sur ceux des pays "aidés". S'il ne remet pas en cause pour autant la mondialisation, "potentiellement capable d'enrichir chaque habitant de la planète en particulier les plus pauvres", il réclame une réforme en profondeur du fonctionnement des institutions internationales, pour mettre fin à ce "consensus de Washington" dont l'échec est patent. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Le profit avant l'homme - Noam Chomsky : Dans cet ouvrage, Noam Chomsky ne se contente pas de dénoncer les injustices économiques qu'entraîne le règne sans partage, à travers le monde, de la doctrine néo-libérale. Il démontre de façon implacable que les dirigeants du monde riche tiennent un double langage, contant les mérites de la liberté des marchés mais prenant toutes sortes de mesures pour y échapper eux-mêmes. Il montre surtout que les politiques économiques libérales ont été mises en oeuvre aux dépens de la démocratie, c'est-à-dire imposées d'en haut, et parfois dans le plus grand secret. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Pour une mondialisation à finalité humaine - Attac : La globalisation financière, fruit de l'évolution de l'économie mondiale au cours des trois dernières décennies, a modifié en profondeur l'organisation de nos sociétés. De nombreux enjeux globaux sont désormais régis par les seules lois du marché, avec toutes les conséquences démocratiques, économiques, sociales et environnementales que cela implique. Face à ce constat, l'association citoyenne Attac (Association pour la taxation des transactions financières pour l'aide aux citoyens) propose toute une série d'analyses et d'alternatives pour une mondialisation à finalité humaine. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> L'Aide au développement à l'heure de la mondialisation - Michèle Bailly, Patrice Dufour : Depuis une dizaine d’années, l’aide au développement est en crise et la part que lui consacrent les pays industrialisés a fortement diminué. Pourtant, comme l’a brutalement rappelé la destruction des tours du World Trade Center, le monde est UN. Il est inacceptable – et suicidaire – d’ignorer que la moitié de l’humanité vit avec moins de deux dollars par jour. Alors que la mondialisation bouleverse le quotidien de milliards d’êtres humains, l’heure est venue de faire revivre l’ardente obligation du développement. Les leçons tirées du passé et les pistes nouvelles ouvertes par les recherches récentes sont riches de promesses : il faut s’engager résolument dans cette voie pour faire reculer la pauvreté. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Mettre en pratique le développement durable : Quel processus pour l'entreprise responsable ? - Olivier Dubigeon : Il ne s’agit plus ici de convaincre du bien-fondé des démarches de développement durable engagées par les entreprises, il s’agit de proposer des pistes d’action concrètes. Olivier Dubigeon, fort de son expérience actuelle à un poste éminemment sensible dans une des entreprises les plus exposées, la Cogema, propose de remettre à plat les processus de l’entreprise pour que sa responsabilité ne soit plus un simple slogan mais une réalité quotidienne. Gouvernance, relation avec les actionnaires, relation avec les ONG, indicateurs de performance, reporting, labels et certifications – toutes ces questions sont passées en revue avec méthode pour donner au manager le premier guide opérationnel du développement durable en entreprise. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Atlas mondial du développement durable : Concilier économie, social, environnement - Anne-Marie Sacquet : Le développement durable s'est imposé au Sommet de la Terre de Rio, en 1992, sur le constat de l'échec d'un mode de croissance épuisant la planète et reléguant la grande majorité des peuples dans la pauvreté. Plus de 170 chefs d'État et de gouvernement signent alors, en présence de milliers d'associations, un programme d'actions pour le XXIe siècle, l'Agenda 21. Ce programme propose un développement durable "conciliant préservation de l'environnement, équité sociale et efficacité économique", garantissant ainsi le bien-être de tous les habitants de la planète, sans compromettre l'avenir des générations futures. Qu'en est-il, dix ans après Rio, et au lendemain du Sommet de Johannesburg ? Comment s'est traduit dans les faits l'Agenda 21 ? Quels engagements ont pris les États, les entreprises, les collectivités ? Quel est aujourd'hui l'état de la planète et comment vivent ses habitants ? Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> En finir avec la criminalité économique et financière - G. Konrad : Financement des activités criminelles en tout genre, recyclage de l'argent sale dans les paradis fiscaux, bancaires et judiciaires, faillites frauduleuses de grands groupes comme Enron : à l'abri et au service de la mondialisation " légale ", l'économie du crime s'est, elle aussi, globalisée. Les règles du droit ont été neutralisées et instrumentalisées pour consolider les rapports de force fondés sur la toute-puissance de l'argent. Face à cette gigantesque entreprise de mise en coupe réglée de la planète par la finance, le combat juridique devient essentiel. C'est pourquoi Attac et le Syndicat de la magistrature proposent de mobiliser le droit pour reconquérir les espaces perdus par la démocratie. Ils réclament une justice enfin efficace contre la criminalité financière et économique internationale. Cette enquête, qui poursuit le travail mené sur les paradis fiscaux, en indique les voies et les moyens. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !


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