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Vers l'apaisement
4 août 2000


Une centaine de personnes, principalement des pèlerins se rendant à la grotte d’Amarnath, ont été tuées avant-hier au Cachemire. La tuerie intervient alors que le gouvernement indien a entamé des pourparlers de paix avec un important mouvement de résistance islamique, le Hizbul Mujahedeen, qui a déclaré un cessez-le-feu unilatéral la semaine dernière. Mais les extrémistes des deux bords n’ont pas forcément envie de trouver une solution à ce conflit vieux de plus de cinquante années...

Après la partition, en 1947, de l’ancien empire britannique en deux états, l’Inde et le Pakistan, ces derniers ne tardèrent pas à revendiquer la souveraineté sur le Cachemire, territoire à majorité musulmane : il s’ensuivit une première guerre qui divisa la région en deux provinces, puis deux autres conflits qui ne parvinrent pas à modifier la donne. Bien entendu, tout au long des années, le gouvernement indien s’est illustré par de très nombreuses violations des droits de l’homme dans sa répression contre les indépendantistes cachemiris et les pro-pakistanais, s’employant à punir l’ensemble de la population musulmane. De même, les groupes armés islamistes soutenus par le Pakistan sont impliqués dans de semblables crimes.

Actuellement, un retour à la paix semble pourtant possible : le premier ministre indien a déjà fait quelques concessions à son voisin pakistanais de sorte qu’une autonomie du Cachemire fait partie des issues envisageables. Après des décennies d’affrontements plus ou moins directs, les deux nations - qui disposent de la puissance nucléaire -paraissent désireuses de se consacrer davantage à leurs réformes économiques qu’à des différends frontaliers. Si la paix devait être conclue, les esprits connaîtraient-ils l’apaisement pour autant ?

Avec des milliers de personnes disparues, des dizaines de milliers de morts, des centaines de milliers de réfugiés, la simple signature d’accords politiques - même courageux - ne peut seule permettre le retour de l’harmonie. L’arrêt des horreurs n’est pas la paix parce que les souffrances des victimes ne disparaissent pas avec les ententes entre chefs d’état. Au Cachemire, comme en bien d’autres régions du monde, il faudra rétablir la justice, reconstruire des ponts entre les communautés, inculquer aux enfants comme aux adultes autre chose que la violence : la tolérance, l’ouverture, la compassion... Parce qu’il n’est rien, en effet, de durable qui puisse s’obtenir facilement, souhaitons que les dirigeants des nations et les responsables des institutions internationales aient assez de conscience pour mener ce travail d’apaisement à son terme. Souhaitons que les êtres humains, si prompts et rusés pour se combattre, deviennent patients et ingénieux pour se rapprocher.

Geoffroi Contact


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