fraternet.com



Hypnose
3 novembre 2000


Les ministres de quarante-et-un pays sont réunis aujourd’hui et demain, à Rome, pour célébrer le cinquantenaire de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Cette charte qui permet à chaque citoyen de saisir la Cour Européenne s’il estime que ses droits ont été violés, constitue un outil de protection des libertés de grande valeur, sans équivalent dans le reste du monde. Pourtant, alors que, selon les propres termes du secrétaire général du Conseil de l’Europe, la Convention atteint « l’âge de la maturité et de l’expérience », ses fondations ont rarement été aussi ébranlées. Ce ne sont pas les comportements indisciplinés de la France et de la Turquie -lesquelles ont toutes deux refusé d’appliquer des jugements rendus par la Cour - qui sont les plus à blâmer, même si leur attitude est scandaleuse. Non, c’est clairement la Russie qui met en danger tout l’édifice par les exactions que perpétuent ses forces en Tchétchénie.

Face à ces violations massives des droits humains, le Conseil de l’Europe a fait preuve d’une faiblesse insensée, lui qui s’est donné pour mission de réaliser la réconciliation du continent. Il se trouve aujourd’hui dans l’incapacité, non seulement, d’apporter aide et soutien à des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, mais aussi, de mener une enquête impartiale sur le terrain, de traduire en justice les bourreaux ou de recueillir simplement les plaintes des victimes. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’à espérer que les nations auront assez de dignité pour déposer une plainte inter-étatique contre la Russie. Mais si l’on considère les tractations économiques en cours actuellement, il y a fort à parier que ce vœu pieux demeurera totalement inexaucé.

Le pire est qu’il existe bien des procédures permettant de mettre la Russie devant ses responsabilités. Au nom du droit à la vie, protégé par l’article 2 de la Convention, il serait parfaitement possible de saisir la Cour Européenne : les organisations humanitaires sont déjà parvenues à documenter soigneusement plus d’une centaine de cas d’exécutions sommaires et rapportent des témoignages concernant des milliers de cas de torture. Qu’attendent donc alors les états pour contraindre la Russie à respecter ses engagements internationaux ? Tout simplement, une forte impulsion de leur opinion publique, exaspérée par les souffrances qu’un gouvernement abject inflige à une partie de sa population. Tant que nos dirigeants ne subiront pas une pression soutenue de la part de la société civile, ils resteront les serviteurs zélés des puissances de l’argent. De même, tant qu’une partie plus importante de nos concitoyens ne détournera pas le regard de son confort matériel, pour le porter sur la condition de ses semblables, l’ensemble de la population demeurera une foule sous influence. Les ministres réunis en ce moment même au « Palazzo della Farnesina » le savent bien, eux qui sont passés maîtres dans l’art de l’hypnose.

Geoffroi


Lectures conseillées :

>> Protéger les droits humains : Outils et mécanismes juridiques internationaux - Amnesty International : Amnesty International est un mouvement mondial composé de plus d'un million et demi de membres et de sympathisants actifs dans au moins 150 pays et territoires. Ces hommes et ces femmes ont choisi de consacrer une partie de leur temps et de leur énergie afin de promouvoir le respect des droits humains universellement reconnus et inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH) et dans d'autres instruments internationaux et régionaux. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Torture, une impunité criminelle - Amnesty International : Tous les jours, dans toutes les régions du monde, des hommes, des femmes et des enfants sont victimes de torture. Le plus souvent, ces actes ne font l'objet d'aucune enquête. Leurs auteurs ne sont pas poursuivis. Le crime de torture, malgré sa gravité, est commis en toute impunité. Au vu de cette situation, les tortionnaires ont toutes les raisons de penser que leurs actes ne seront jamais sacntionnés par une arrestation, un procès ou une peine quelconque. Quant aux victimes et à leurs proches, leur droit à la vérité et à la justice sont bafoués, et leurs espoirs de réparation anéantis. Le présent ouvrage, publié dans le cadre de la campagne mondiale d'Amnesty International contre la torture, indique aux gouvernements quelles nouvelles mesures ils peuvent prendre pour mettre fin à l'impunité. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Fédération de Russie : Un pays sans véritable justice - Amnesty International : Dans toute la Fédération de Russie, de graves atteintes aux droits humains et au droit international humanitaire sont commises par des responsables de l'application des lois et des membres des forces de sécurité. Hommes, femmes et enfants placés en détention sont presque systématiquement torturés ou victimes de mauvais traitements. Dans les centres de détention provisoire, surpeuplés et insalubres, les conditions de vie sont assimilables à un traitement cruel, inhumain ou dégradant. Selon de nombreuses informations dignes de foi, la Tchétchénie est le théâtre d'agressions contre les civils, de viols, de "disparitions" et d'exécutions extrajudiciaires imputables aux forces russes. Amnesty International dénonce l'impunité qui règne dans la Fédération de Russie et qui ne fait que perpétuer les atteintes aux droits humains. Ce rapport attire également l'attention sur les obstacles qui empêchent les victimes - femmes, enfants et membres de minorités ethniques ou nationales en particulier - d'obtenir réparation. La publication de ce rapport coïncide avec le lancement de Justice pour tous !, campagne mondiale d'Amnesty International en faveur des droits humains dans la Fédération de Russie. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !

>> Tchétchénie : Le déshonneur russe - Anna Politkovskaïa, André Gluksmann (Préface), Galia Ackerman (Traduction) : Depuis août 1999, Anna Politkovskaïa, grand reporter du bihebdomadaire Novaïa Gazetta, s'est rendue plus d'une quarantaine de fois en Tchétchénie pour couvrir la guerre, la seconde, qui frappe cette petite République. Pour elle, c'est l'avenir même de la Russie et ses chances d'accéder à une véritable démocratie qui sont enjeu. Décrivant le calvaire de la population tchétchène, elle montre que la poursuite du conflit le rend de plus en plus incontrôlable. La violence absolue favorise la minorité tchétchène la plus extrême, au détriment de la majorité acquise aux idées occidentales, et déshumanise les combattants des deux camps. Les militaires russes pillent, violent et tuent en toute impunité, les combattants tchétchènes sombrent dans la délation et les règlements de compte, dévorés par le désir de vengeance d'un côté, et les exigences cyniques de la survie de l'autre, basculant parfois dans la criminalité pure et simple. Et finalement, ces pratiques finissent par gangrener moralement toute la société. Pour Anna Politkovskaïa, qui n'épargne pas l'actuel président russe Vladimir Poutine, cette spirale infernale trouve son origine dans la tradition d'un pouvoir qui a besoin d'un ennemi - bouc émissaire -, pour lui faire porter le poids des malheurs - réels - des Russes, dans la difficile période du postcommunisme. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !


Abonnement à l'Info
L'info quotidienne dans
votre boite email (gratuit)


Abonnement à l'Hebdo
Les meilleurs textes
chaque semaine (gratuit)


http://www.fraternet.com - Copyright © 2000 - 2001 Les Chemins D'En Haut - Tous droits réservés.