| Mission
en Irak : la condition des femmes |
18/10/03
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Déchirements
Il
nous restait quelques cartons que nous destinions à la famille
et aux voisins de Qassem, un des serveurs de notre hôtel avec
qui nous avions lié amitié. Ce matin donc, Dalila, Hayssam et
Qassem partent pour un quartier de Saddar City : une heure
de circulation dans les rues et d’embouteillages pour y parvenir.
Sur place, les demandes affluent parce que les besoins sont
énormes. Dalila, au nom d’ABIR, ne peut y répondre à cause de
notre infrastructure insuffisante. Sans doute dans l’avenir
le pourrons-nous…
Pendant ce temps, avec Myriam et Evelyne, nous mettons de l’ordre
dans nos affaires. Textes, photos, détails qui nous reviennent
en tête sont consignés sur papier ou sur ordinateur. Vers 12h00,
je décide de faire un tour au check-point afin de m’imprégner
de l’atmosphère et de prendre quelques photos, les dernières
de ce dispositif militaire. Trois GI’s sont postés aux alentours
de la zone de fouille. Je contourne les blocs de béton, appareil
photo à la main. Lorsque je croise le regard d’un des GI’s,
je vois bien son air réprobateur. « Est-ce que je peux
prendre quelques photos ? » De la main il me fait
signe que non. Je lui réponds que c’est « OK ! ».
Je reviens sur mes pas et me place derrière les blocs de bétons
de un mètre de haut. Et je commence à observer. Ce que je ne
pourrai révéler par les photos, je le ferai par les mots. Sans
doute intrigué par ma présence insistante, il vient vers moi
et me demande ce que j’attends ici. Je lui dis que je suis là
pour regarder, simplement. « Si vous prenez des photos,
je vous confisque votre appareil ! ». « Ok, j’ai
compris ! ». Je reste encore quelques secondes puis
je m’éclipse calmement… Je me dis alors que du toit de l’hôtel,
je pourrai peut-être faire des clichés. En prenant toutes les
précautions, j’arrive à cadrer quelques scènes…
A 13h00 Dalila revient avec Hayssam. Nous descendons pour déjeuner.
Nous avons invité Oum Aya, sa fille et Hayssam à manger avec
nous. La scène est émouvante… Les ondes qui pressentent notre
départ sont déjà là. Oum Aya est émue et cache quelques larmes.
Nous sommes émus aussi. Nous faisons des photos de groupe en
souvenir que j’imprime à partir des ordinateurs de l’hôtel.
Oum Aya repart avec une photo noir et blanc (l’imprimante n’est
pas couleur) de nous tous avec elle et sa fille au milieu. Puis,
la ronde des "au revoir" commence. Cela n’a rien d’évident.
Nous nous serrons dans les bras et comme pour conjurer "l’adieu",
nous nous promettons de nous revoir dans quelques mois. C’est
ce que je souhaite au plus profond de moi… Derniers échanges
avec le personnel de l’hôtel sur la situation de l’Irak et les
spéculations sur l’avenir proche ou lointain : c’est égal,
pourvu qu’on en parle…
Alors que nous montons une nouvelle fois sur le toit pour photographier
le coucher de soleil sur le Tigre, nous voyons, en bas, dans
la rue, Oum Aya qui montre la photo imprimée à d’autres enfants
et femmes des rues… Nous aussi, cette photo, nous la montrerons
sûrement à nos proches. Nous rentrons. Il nous faut tout préparer
pour notre voyage de demain qui va être long. Nous le connaissons
déjà, avec tous ses risques. Sans doute aurons-nous la tête
ailleurs, le regard fixe à repasser les uns après les autres
tous les visages que nous avons rencontrés. C’est, du moins,
ce qui se passera pour moi. Je ne serai probablement pas le
seul…
« Ma’a Ssalama Bagdad ! »
Thierry
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Présentation du voyage
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