| Des
Congolaises, exploitantes artisanales de diamants, expulsées
d'Angola |
Samedi 8 mai 2004
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C'est vers la fin du mois de décembre 2003 que le chemin de
croix a commencé pour plusieurs milliers de Congolais vivant
en Angola. Sans motifs et sans préavis, les autorités angolaises
ont décidé d'expulser tous les étrangers des zones minières.
Il s'agissait principalement des Congolais et Congolaises exploitant
le diamant de manière artisanale dans les régions minières.
Dans la foulées, des jeunes femmes exerçant d'autres activités
lucratives telle que la vente de beignets ou objets de première
nécessité (savon, sucre, lotion...) vont subir le même sort.
Les forces de l'ordre commis à cette démarche vont infliger
des traitements cruels, inhumains et dégradants. Jusqu'à ce
jour, la sécurité et la vie d'autres Congolais actuellement
en état d'arrestation et placés en détention dans des conditions
atroces dans les cachots des services de sécurité angolaises
sont à craindre.
Selon les informations obtenues des rescapés, quelques dix mille
Congolais résidant dans les zones minières des provinces situées
au Nord de l'Angola, notamment Lunda Norte, Malange, Kafunfu...
ont été reconduits par la force en RDCongo vers la fin décembre
2003 et début janvier 2004.
Au cours des expéditions des forces armées angolaises et de
la police, des observateurs ont assisté à des scènes d'une brutalité
sans précédent. Des femmes exploitants, sous prétexte de cacher
des pierres précieuses dans leurs organes génitaux, se sont
vues fouillées dans le plus profond de leur intimité. Selon
le témoignage d'une jeune femme (Mlle X.) visiblement sous le
choc, des militaires angolais ont dû triturer son sexe allant
jusqu'à introduire un petit bâton à la recherche d'hypothétiques
diamants qu'elle aurait dissimulés. Elle a prétendu avoir assisté
à des scènes plus horribles infligées à d'autres femmes refoulées
de la part des forces de l'ordre angolaises qui les ont contraintes
de retourner au Congo à pieds sans rien emporter de leurs biens
de valeurs. Après avoir parcouru de très longues distances dans
ces conditions, les expulsées ont regagné leur pays d'origine,
la RDCongo, dans un dénuement total.
Aucune poursuite n'a été engagée contre les auteurs des actes
de torture et autres traitements cruels et dégradants. Le Ministère
des Droits Humains qui aurait dû envoyer une mission sur terrain,
n'a entrepris aucune démarche officielle. Quelques organisations
non gouvernementales des droits de l'homme ont condamné ses
actes de barbarie, de la part d'un pays allié, à travers des
communiqués de presse.
Pourtant, elles sont là, cloîtrées dans des camps ou des villages
à la frontière entre la RDC et l'Angola, sans ressources après
avoir tout perdu comme capital. Les plus chanceuses ont pu regagner
leur famille vivant à Kinshasa, la capitale, mais à quel prix
!
Susie Bakajika
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