| La
journée de la femme en RDC |
Lundi 8 mars 2004
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Journée internationale de la femme : Ruberwa hué et maudit par
les femmes au Palais du peuple! Ecurées par des images
et la présence des mutilées qui se sont présentées physiquement,
les femmes n'ont pas permis au vice-président de prendre la
parole. Ulcéré, ce dernier s'est résigné à quitter la salle.
Kinshasa , 09.03.2004 | Politics
C'est
par des termes " Bima " et " Dégagé " que les femmes congolaises,
toutes catégories confondues et réunies hier au palais du peuple
pour célébrer la journée internationale de la femme, ont manifesté
leur mécontentement à l'endroit du vice-président de la République,
Maître Azarias Ruberwa. Celui-ci était venu rencontrer les femmes,
au nom du gouvernement, en vue de se faire remettre le document
sur les stratégies du Genre.
Mais avant son arrivée, bien des choses s'étaient passées. Entre
femmes, les photos de violences sexuelles faites aux femmes
pendant la guerre ont circulé d'une main à l'autre et provoquant
des ressentiments contre les ex rebelles qui avaient occupe
l'Est du pays. En plus des photos, les femmes victimes de plusieurs
formes de mutilation, venues de l'Est, étaient présentes et
s'attiraient la compassion de toutes leurs congénères. Bref,
des vues insupportables et effroyables avaient pratiquement
planté le décor des événements qui allaient suivre.
Ainsi, en présence de la ministre de la Condition Féminine et
Famille, Mme Faïda Muangilwa, ainsi que du représentant résident
du PNUD (Programme des Nations Unies pour la Développement),
M. Herbert M'cleod, M Ruberwa devait présider cette grandiose
manifestation, organisée à l'occasion de la journée internationale
de la femme. Au lieu d'une manifestation de joie, c'était plutôt
une manifestation de colère qui a été organisée par lés femmes
congolaises. Sur l'esplanade du palais du peuple, les femmes
habillées en pagne prévu pour la circonstance, avaient donné
le ton en lançant des chansons contre les crimes odieux commis
par les forces rebelles. A l'intérieur de la salle, toutes ces
chansons étaient reprises en chœur par les femmes qui avaient
déjà pris place.
Malgré ce premier incident, la ministre de la Condition Féminine
et Famille, Mme Faïda Muangilwa, a présenté le document sur
les stratégies du Genre au gouvernement de transition. Celui-ci
contient six axes dont, le renforcement des capacités des femmes,
l'assainissement de l'environnement économique, l'accès facile
aux soins de santé pour les femmes, l'accès facile à l'éducation
pour les femmes, la formation des femmes, l'exécution du Genre.
La République Démocratique du Congo, entant que membre de l'ONU
(Organisation des Nations Unies), a signé et ratifié des conventions
et accords internationaux qui jusqu'à ce jour n'ont pas été
appliqués. Le représentant du PNUD a, à cette occasion, affirmé
l'engagement du PNUD à accompagner les efforts du gouvernement
de transition pour mettre fin à toutes les formes de violences
faites à la femme. Au moment où le vice-président devait prendre
la parole pour répondre aux femmes, au nom du gouvernement,
celles-ci ne lui ont pas laissé cette occasion.
Elles se sont mises à chanter et à chahuter en vue d'étouffer
la voix du vice-président chargé de la commission Défense et
Sécurité. Toute tentative de reprendre la parole après un moment
d'accalmie était impossible. Et la cérémonie qui devait se poursuivre
jusqu'au centre Kimbanguiste, s'est déroulée en l'absence du
vice-président et de la ministre de la Condition Féminine et
Famille. Pourtant, on remarquera en ce lieu, des femmes congolaises
venues rehausser une fois de plus de leur présence la cérémonie
de lancement officiel de l'initiative conjointe de lutte contre
les violences sexuelles faites aux femmes.
Organisée par le système des Nations Unies, cette initiative
conjointe traduit la détermination de la communauté nationale
et internationale à prendre les positions qui s'imposent et
mobiliser les ressources nécessaires pour aller à l'assaut des
violences faites aux femmes et aux enfants. Invitée à cette
manifestation, Mlle Hortense Basuki, âgée de 13 ans, habitant
la ville de Kindu, violée au mois de septembre dernier par 5
militaires, a donné son témoignage. Par la même occasion, elle
a sollicité l'appui des femmes kinoises pouvant lui permettre
de suivre des soins médicaux appropriés.
Il sied de souligner que l'initiative conjointe prévoit des
actions sur terrain, entre autres, assurer les soins médicaux
des victimes, leur détraumatisation, ainsi que leur protection
judiciaire économique.
N.M.S | Uhuru
Christine KAMBA MUKUNDI
tinakamba@yahoo.fr
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