ET
SI LES IMMIGRÉS AVAIENT RAISON…
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Vendredi 2 janvier
2004
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Des voix ne cessent de s'élever pour décrier la victoire des partis
d'extrême droite dans beaucoup de pays d'Europe et le renforcement
des lois sur l'immigration. La xénophobie augmente, les immigrés
sont indexés, négativement… On ne peut mieux vivre que chez soi.
Et c'est seulement dans son pays qu'on peut prétendre jouir de
la plénitude de ses droits et des avantages qu'offre la justice
sociale. Et si dans son pays, on est frappé par le chômage, à
qui la faute ? Si dans son pays, on se sent en insécurité
à cause, dit-on, des étrangers qui sèment la terreur, à qui va-t-on
s'en prendre ? Le chômage, l'insécurité, la salubrité… est-ce
le fait des étrangers en Occident ?
Pourquoi y a-t-il un afflux d'immigrés en Occident ? Pourquoi
les candidats à l'immigration prennent-ils des risques frôlant le
suicide, jusqu'à braver les intempéries et les dangers du détroit de Gibraltar
ou rester accrocher dans le train d'atterrissage d'un avion à
plus de 100 mètres d'altitudes ? Pourquoi ? Ils se retrouvent
face à un choix difficile : "avancer, c'est mourir ; reculer,
c'est mourir. Alors, mieux vaut avancer et mourir".
Si pour les occidentaux, ils ne peuvent être mieux que chez eux,
cette thèse est aussi valable pour les immigrés. Pourquoi ces
derniers quittent-ils alors leurs pays ? A cette question, aucun
gouvernant occidental ne peut ou ne veut répondre. Pourtant leurs
concitoyens ont droit de connaître la vérité, car aucun homme
ne peut quitter son pays pour le plaisir d'immigrer.
Deux raisons principales poussent les gens à l'immigration, à
savoir : des raisons politiques et des raisons économiques.
Les immigrés savent que l'Occident façonne bon nombre des dictateurs
et assure la protection de leurs biens. La France, berceau des
droits de l'homme est un exemple qui peut faire cas d'école. Comment
était-il possible que ce pays caresse et pactise avec des sanguinaires
de la trempe de Mobutu, Eyadema, Bokassa, … jusqu'au ridicule ? En voici une illustration. En mars 1988, Jacques CHIRAC, alors Premier Ministre, se mit à tenir au dictateur Mobutu un propos très
flatteur : « Alors Monsieur le Président, vous êtes toujours dans
une forme éblouissante. Mais comment faites-vous malgré le
travail ! Vous êtes dans une forme extraordinaire ». Mobutu avait
du mal à dissimuler sa gêne. Au sortir de cette audience, Jacques
CHIRAC s'adressa à la presse sur un ton très sermonneur : « J'ai
pour lui (Mobutu), des sentiments très profonds et très respectueux
mais qui sont des sentiments d'affection … ». Sentiments très
profonds et très respectueux envers Mobutu. Qu'est-ce que ce dernier
n'avait pas fait subir aux Zaïrois ? Tortures, assassinats, esclavagisme
déguisé, manipulation, viols, immoralité… Malgré ces violations
des droits de l'homme, l'Occident le couvrait d'auréoles : soirée
en son honneur donnée par Monsieur et Madame Nixon à la Maison
Blanche, tapis rouge déroulé par la reine Elisabeth II à Buckingham
Palace ; Giscard d'Estaing le classe parmi ses amis personnels
et intimes et Georges BUSH père de conclure en 1989 : « Le Président
Mobutu est un de nos amis les plus précieux, au cœur de l'Afrique. » Le monde des controverses ! L'ami précieux des américains, des français, des anglais… L'ami qui s'était appliqué, avec le
zèle d'un fanatique, depuis le premier jour de sa prise de pouvoir
à marcher sur les droits de l'homme au vu et au su des donneurs
de leçons en droits de l'homme jusqu'à réduire ses compatriotes
au rang d'êtres "chosifiables". Il y a encore beaucoup de Mobutu
qui bénéficient du soutien inconditionnel de l'Occident dans les
pays du Tiers-Monde : que ce soit au Tchad, au Rwanda, en Mauritanie,
en Asie, en Amérique latine, en Arabie… Il n'est pas erroné de
conclure qu'il y a bien deux types de "déclaration des droits
de l'homme" : les droits de l'homme Occidental qui doivent être
protégés et garantis bec et ongles et ceux de l'homme du Tiers-Monde.
Un homme peut-il résister à la cruauté d'un dictateur sans chercher
refuge ailleurs ? Quand on laisse enlever la toiture de la maison
des voisins, on devra s'attendre à les avoir chez soi quand viendra
la pluie. C'est logique ! Désirables ou indésirables, on doit
subir leur présence. Les dictateurs, qui sont les acolytes de l'Occident,
torturent leurs compatriotes, ces derniers iront, bon gré mal gré,
chercher refuge chez leurs maîtres. Les réfugiés politiques pour
la plupart rêvent toujours de retourner dans leurs pays car ils
sont de ceux-là qui ont compris que pays "du lait et du miel", c'est leur patrie.
Qu'en est-il des réfugiés économiques ? N'ont-ils pas droit de
cité dans leurs pays de refuge ? L'Occident voit comment les dirigeants
des pays du Tiers-Monde en général et d'Afrique en particulier,
pillent et détruisent l'économie de leur pays. L'ironie veut
que l'argent ainsi pillé soit placé dans des banques occidentales
où il produit des intérêts. Ces dirigeants s'y achètent des villas,
voire des châteaux et des actions dans les sociétés. Ils y sont
traités en princes alors que leurs concitoyens sont en train de
croupir dans une misère indescriptible et humiliante. Devant faire
face à la faim, la population doit chercher un endroit où le manger
ne fera pas partie de la préoccupation quotidienne. Une sorte
de terre promise, pays du salut. Et cet endroit, c'est l'Occident.
L'Occident qui blanchit l'argent volé par des dirigeants des pays
du Tiers-Monde des trésors publics. Ces dirigeants pillent jusqu'à
appauvrir leurs pays pour placer leurs butins dans des pays qui
passent pour des champions dans la bonne gouvernance et la lutte contre
le blanchîment d'argent. Ironie du sort ! L'argent est sale
en fonction du pays d'origine. Selon qu'il vient d'Occident ou
du Tiers-Monde… Deux types de "déclaration des droits de l'homme", deux types de principes de "bonne gouvernance"… Devant choisir de mourir de faim dans son pays ou d'avoir le pain et demeurer
"irrégulier, disons, indésirable", dans son pays de refuge,
le candidat à l'immigration n'a qu'un choix : immigrer. Le rapatrier
dans son pays, pieds et poings liés, devenant alors de la non-assistance
à personne en danger. Une violation flagrante de la déclaration
et des principes des droits de l'homme.
La solution, la véritable solution consiste à s'attaquer au mal
par sa racine et non l'inverse. S'attaquer au mal par sa racine
pour l'Occident, c'est chercher à éradiquer les démocraties de
façade pour lesquelles les résultats des urnes ne reflètent pas
l'expression de la volonté populaire. Lesquels sont interprétés
en considération de la personne. Truqués s'agissant de Mugabe
et encourageants quand il s'agit de Kagamé. S'attaquer au mal par
la racine, c'est refuser que les deniers publics détournés par
des gouvernants des pays du Tiers-Monde soient blanchis en Occident,
ou, disons, soient logés dans des banques occidentales. S'attaquer
au mal par sa racine consiste à abolir cette autre forme d'apartheid
qui fait du ressortissant du pays du Tiers-Monde un sous-homme
dont les droits ne sont pas égaux à ceux des Occidentaux. Si les
immigrés pouvaient mener une vie décente chez eux, l'Occident
ne les aurait pas eu sur le dos. « Nous aimons les Africains mais
chez eux » avait dit un extrémiste français. Si tel est le cas,
il faut faire qu'en Afrique, les choses aillent mieux. Et on verra
les Africains, en Occident, en touristes. C'est simple !
Une question mérite donc d'être posée : Et si les immigrés avaient
raison d'immigrer ? Quand on fait enlever la toiture de la maison
du voisin, il n'aura pas deux solutions quand viendront les intempéries : chercher à s'abriter ailleurs. Aujourd'hui que le cas Saddam constitue un précédent digne de référence dans l'histoire politique
du monde, il faudrait anéantir ces "armes de destruction massive" que sont les dictateurs des pays du Tiers-Monde. Et aussi décourager les "armes" potentielles. Ces "armes humaines" qui sèment
la terreur parmi les populations, qui pillent les ressources de
leur pays et en détruisent le tissus économique contraignant
leurs compatriotes à la misère et à l'immigration.
Quand ces "armes humaines" de destruction massive seront démolies
par l'Occident, le problème d'immigration trouvera un début de
solution. Espérons que le message passe. Amen !
Pompon MOMAT KABULO
Président de la Ligue pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance
(LDBG)
desoket@hotmail.com |