| Anne-Catherine Emmerich (1774 - 1824) |
Connue pour ses multiples visions au sujet de la passion du
Christ, de la vie de la Sainte Vierge ou de la création de l'univers,
cette religieuse allemande passa sa vie à partager les souffrances
des autres afin d'alléger leur fardeau.
« Dès mon enfance j'ai demandé pour moi les maladies des autres. J'avais la pensée que Dieu n'envoie pas des souffrances sans une cause particulière, et qu'il y a toujours quelque chose à payer par là. Que si la souffrance pèse si cruellement sur l'un de nous, cela vient, me disais-je, de ce que personne ne veut l'aider à acquitter sa dette ». C'est là toute une vision spirituelle de la souffrance que nous rappelle Anne-Catherine Emmerich. Une souffrance qu'elle ne saurait considérer comme une punition envoyée par un Dieu venu lui-même s'offrir en sacrifice pour nous sauver. Ce « quelque chose » à payer n'est en réalité que la conséquence de notre éloignement de Dieu qui n'est que Vie et Harmonie. Cette « dette » en question n'est autre que ce vide d'Amour que nous avons laissé s'instaurer plus ou moins consciemment par les insuffisances dont nous avons été l'objet comme par celles que nous avons infligées à autrui.
Ainsi, à la suite du Christ venu absorber et combler les vides d'Amour de l'humanité, Anne-Catherine portait les souffrances des autres pour être concrètement face à leur vide intérieur et le combler de son Energie d'Amour. Et comme le Christ qui, écrasé par le poids des manques d'Amour de l'humanité a ressenti sur la croix l'absence de Dieu, Anne-Catherine prenait sur elle les maladies des autres jusqu'à ressentir douloureusement la dysharmonie qui les rongeait. Mais comme Lui, elle parvenait pourtant à recréer en elle la présence divine et, ce faisant, à recréer Dieu en l'autre.
« Si mes prières et mes souffrances sont utiles, laissez-moi vivre mille ans… » criait-elle au paroxysme de ses souffrances. Mais là encore, ne nous y trompons pas : ne voyons pas, dans son action, le miracle d'une grâce extérieure. Pour qu'il y ait guérison, il faut qu'il y ait apport d'énergie d'Amour certes mais il faut aussi que l'âme du malade s'ouvre et s'abandonne réellement à cet Amour.
Ainsi luttait celle qui portait les stigmates de la crucifixion.
Elle luttait corps et âme pour perpétuer l'œuvre du Christ.
Elle luttait avec Lui comme tous ces christs en puissance qui
soutiennent leur prochain au point de leur offrir leur vie.
Enfin et surtout, Anne-Catherine Emmerich nous a rappelé le
sens profond de la souffrance en lui attribuant un caractère
rédempteur et sanctifiant. Elle a redonné l'impulsion de vie
à tous ceux qui souffrent en leur montrant le chemin de la guérison
: s'élever vers l'Amour Divin malgré le poids de la souffrance.
Et comme l'un de ses admirateurs contemporains, Louis Massignon,
nous ne pouvons que nous incliner devant cette « colombe poignardée
» venue nous montrer comment reprendre notre envol par la seule
force de l'Amour.
Pascale
Anne-Catherine Emmerich a été béatifiée
par le pape Jean-Paul II...
Lecture conseillée :
>> Anne Catherine Emmerich : Celle qui partagea la Passion
de Jésus- Joachim Bouflet Editeur : Presses de la
Renaissance
>> Visions d'Anne-Catherine Emmerich, tome 3 - Anne-Catherine
Emmerich
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