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Rigoberta Menchù Tum (1959)


Rigoberta Menchù est une activiste guatémaltèque qui lutte pour les droits des peuples amérindiens. Lauréate du prix Nobel de la Paix, elle est devenue aux yeux des nations une référence en matière de défense de tous les peuples indigènes. Née dans une famille indienne très pauvre de l'ethnie Quiché des Mayas, Rigoberta Menchù travaille dès l'âge de huit ans dans des plantations où périssent deux de ses frères et devient très vite le porte-parole des indiens dépossédés de leurs terres. Alors qu'elle organise avec son père l'autodéfense de villages indiens, son frère aîné est enlevé par des soldats du gouvernement militaire du Guatemala puis torturé et brûlé vivant devant sa famille. L'année d'après, en 1980, son père est assassiné et sa mère est violée, torturée et tuée. Et comme des milliers d'indiens, Rigoberta se réfugie au Mexique...

L'histoire aurait pu s'arrêter là si la jeune femme n'avait pas décidé d'alerter la communauté internationale sur le génocide et les atrocités commises à l'encontre du peuple autochtone guatémaltèque. Dès lors, elle publie son autobiographie, “Moi, Rigoberta Menchù” et milite en faveur des siens dans un groupe de défense des droits humains au Mexique. Alors que l'union des forces de résistance de son pays, l'U.N.R.G dont elle fait partie, suscite une terrible campagne contre-insurrectionnelle de l'armée, Rigoberta poursuit son combat et donne de nombreuses conférences aux Etats-Unis et en Europe. En 1992, elle reçoit le Prix Nobel de la Paix « pour son œuvre en faveur de la justice sociale et de la réconciliation entre les différentes ethnies » et donne naissance à sa propre fondation qui portera le nom de son père.

En 1995, le regroupement d'organisations de défense des droits de l'homme du Guatemala, le F.N.D.G, devient la principale force politique du pays ce qui permet à l'U.N.R.G d'annoncer l'arrêt de ses opérations militaires. Sous la pression internationale, des accords de paix entre le gouvernement guatémaltèque et l'U.N.R.G sont enfin signés en 1996 et de nombreuses organisations, dont la fondation Menchú, réclament alors le retour des réfugiés indiens au Guatemala ainsi que la restitution de leurs terres.

Aujourd'hui, Rigoberta Menchù milite pour son peuple, pour l'ensemble de ses droits politiques, économiques, sociaux et culturels, n'hésitant pas à prêcher l'amour fraternel : fondement de la spiritualité Maya. Véritable ambassadrice des Nations Unies pour lesquelles elle a travaillé pendant douze ans, elle lutte pour le rassemblement des peuples indiens et des métis du continent dans le but de promouvoir l'instauration d'une justice sociale. C'est dans cet esprit qu'elle exhorte les nations à lutter contre l'impunité de ceux qui violent les droits de l'homme évoquant sans cesse les trente années de massacres qui ont fait périr plus de 150 000 indiens. En décembre 1999, elle a d'ailleurs saisi la justice espagnole pour dénoncer le génocide de son peuple mettant en cause un certain nombre de personnalités...

Puisse la farouche volonté de justice de cette femme exemplaire de courage et de sagesse, dont le destin se confond avec celui de son peuple, contribuer à une prise de conscience universelle en faveur de tous les peuples indigènes de la terre et nous aider à devenir, à notre tour, des messagers de paix et de réconciliation.

Pascale


Lecture conseillée :

>> Moi, Rigoberta Menchú - Rigoberta Menchú, Elisabeth Burgos : Ce récit d'une Guatémaltèque de l'ethnie Quiché permet de connaître les moeurs et les croyances de cette communauté, puis de suivre le cheminement intérieur de Rigoberta, sa prise de conscience et sa lutte pour sa propre émancipation. Commandez ce livre chez Amazon.fr en cliquant ici !


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