Archevêque anglican originaire d'Afrique du Sud, Desmond Tutu fait partie de ces grandes âmes qui ont œuvré de manière édifiante pour l'avènement de la paix en ce monde.
Lors de ses études, qu'il mène de concert avec un poste de professeur, il proteste contre la mauvaise qualité de l'éducation dispensée aux noirs et s'engage aussitôt dans une lutte pacifique en faveur de la cause noire contre l'apartheid qu'il qualifie de « système le plus pervers que l'homme ait inventé depuis le nazisme ». En 1961, il devient pasteur de l'église anglicane, évoluant entre l'Afrique du Sud où il enseigne et l'Angleterre où il co-dirige un institut de théologie. Devenu le premier doyen noir du diocèse de Johannesburg puis nommé évêque du Lesotho en 1976, il est enfin promu au poste de premier Secrétaire Général du Conseil œcuménique sud-africain.
Dès lors, l'évêque au visage rayonnant n'a qu'une seule idée en tête : mobiliser les églises membres du Conseil dans une action pacifique commune en faveur de l'égalité raciale. Il organise des protestations contre la ségrégation et des campagnes de boycottage dont celle du charbon sud-africain, il milite pour des écoles communes ainsi que pour l'abolition des pass-laws qui réglementent les déplacements de la population noire…
Et devant son auditoire, il s'érige autant en pourfendeur des “blancs” soutenant l'apartheid que de ses frères “noirs” enclins à la vengeance. Bref, sa pastorale s'appuie essentiellement sur l'appel évangélique à l'Amour du prochain, au pardon et à la réconciliation. Et c'est en juste reconnaissance de son inlassable combat pacifique qu'il reçoit en 1984 le prix Nobel de la paix...
Après l'abolition de l'apartheid en 1995, le nouveau président Nelson Mandela désigne l'Archevêque Tutu chef de la “Commission de la vérité et de la réconciliation”. Une structure chargée de recenser toutes les violations des droits de l'homme commises en 46 années d'apartheid et d'induire une réconciliation nationale. Concrètement, elle invite les victimes à s'exprimer devant un forum leur permettant ainsi de retrouver un tant soit peu leur dignité. Quant aux auteurs d'exactions, ils sont appelés à avouer leurs forfaits et à se repentir devant les victimes ou familles concernées. C'est ainsi, explique Desmond Tutu, que certains auteurs de crimes ont voulu réparer leur torts et que de nombreuses victimes ont pu pardonner…
Bref, en 1998, après de longs mois d'enquêtes et des milliers d'auditions, Desmond Tutu remet à Nelson Mandela l'énorme dossier de la Commission qui a été considérée comme le fer de lance de la réconciliation entre Sud-Africains.
A l'aube de ce troisième millénaire où la paix demeure bien sûr très précaire en Afrique du Sud, nous ne pouvons que suivre l'exemple de cet homme admirable qui a su nous rappeler la puissance unificatrice du repentir et du pardon. Un chemin de Paix qui nous appelle à faire la lumière sur la vérité et, surtout, à permettre aux victimes autant qu'aux bourreaux de retrouver leur humanité.
Pascale
Lecture conseillée :
>> Il n'y a pas d'avenir sans pardon - Desmond Tutu : Desmond Tutu, le célèbre archevêque anglican du Cap en Afrique du Sud, prix Nobel de la Paix, raconte ici son expérience de la commission Vérité et Réconciliation, une opération de prise de parole des bourreaux et victimes de l'apartheid.
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