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José Ramos-Horta (1949)


Considéré sur la scène internationale comme le principal porte-parole de la cause Timoraise, ce diplomate né à Dili a passé ces 25 dernières années à dénoncer l'invasion et l'annexion du Timor Oriental par l'armée indonésienne en proposant une solution diplomatique au conflit. Son engagement inébranlable a été récompensé notamment par le prix Nobel de la paix qu'il a reçu en 1996 conjointement avec son compatriote Monseigneur Ximenes Belo.

Jeune journaliste, José Ramos-Horta s'implique très tôt dans les affaires politiques du Timor Oriental. Après la libération de la tutelle portugaise en 1974, alors que Xanana Gusmão prend la tête du pays, il est nommé ministre des relations extérieures de la République démocratique du Timor Orieltal pour défendre la cause pro-indépendantiste. Il n'a que 26 ans. Quelques jours après son départ pour les Etat-Unis, les troupes indonésiennes envahissent le Timor Oriental. Commence alors un génocide indescriptible qui se soldera par la disparition de 200.000 Timorais orientaux. Une partie de sa famille en fait partie.

C'est dans ce contexte pour le moins déconcertant que José Ramos-Horta est nommé représentant permanent du principal mouvement de résistance timoraise (Fretilin) auprès du conseil de sécurité de l'ONU. Etabli aux Etats-Unis puis au Portugal et en Australie, il va parcourir le monde pour interpeller les ONG, les diplomates et les gouvernements au sujet de la cause timoraise, vitupérant l'attitude passive, et souvent pro-indonésienne, de la communauté internationale qui n'hésite pas à sacrifier la cause des droits de l'homme sur l'autel de ses intérêts politiques et économiques.

Devenu dans les années 90 le porte-parole de Xanana Gusmão, emprisonné à Jarkarta, et le représentant spécial du conseil national de résistance de l'identité Maubere, originaire de l'île, il joue alors un rôle prépondérant dans l'unification des différents mouvements pro-indépendantistes. Et c'est en 1992 qu'il présente un plan de paix devant le Parlement Européen, les Nations Unies et le ministre des affaires étrangères indonésien demandant le retrait des troupes indonésiennes, la libération des prisonniers politiques, le respect des droits de l'homme et la mise en place d'une mission de l'ONU au Timor Oriental. Une stratégie devant aboutir à un référendum permettant aux Timorais orientaux d'opter pour l'indépendance, pour l'intégration à l'Indonésie ou pour une association avec le Portugal. Suscitant ainsi l'éveil de la communauté internationale qui fit enfin pression sur l'Indonésie, un référendum d'autodétermination eut lieu sous l'égide de l'ONU. Mais le scrutin, qui accorda une large victoire aux indépendantistes, se solda pourtant par une série de massacres organisés par les milices pro-intégrationistes. Aujourd'hui, alors qu'une force multinationale tente d'instaurer la paix au Timor Oriental, José Ramos-Horta est promu au poste de responsable aux affaires étrangères…

Entouré de ses amis, Aung San Suu Kyi, le Dalai Lama, Rigoberta Menchù et Oscar Arias avec lesquels il entretient des relations privilégiées, nul doute qu'il continuera à dépasser le cadre de son mandat officiel. Car, à travers son plaidoyer, c'est toute la problématique des droits de l'homme et du rôle humanitaire qui incombe aux nations que José Ramos-Hortas a su mettre en lumière. Un Grand Monsieur !

Pascale


Lecture conseillée :

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