| Vénérable Thich Quang Do (1928) |
Chef religieux de l'Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam, le
Vénérable Thich Quang Do, né Dang Phuc Tue, a consacré sa vie
à promouvoir le droit à la liberté religieuse dans son pays
et à œuvrer en faveur des valeurs universelles de la Paix.
Après le meurtre de son maître le 19 août 1945, le jour même
où les communistes arrivent au pouvoir au Vietnam, Thich Quang
do s'enfuit dans le sud du pays et devient un leader bouddhiste
vénéré pour la profondeur de son enseignement. Devenu, onze
ans plus tard, secrétaire général de l'Institut pour la Propagation
du Dharma de l'Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam (EBUV),
il proteste vivement contre les atteintes aux libertés de croyance
du gouvernement. Considéré alors comme un opposant au régime,
il est arrêté et torturé avec cinq autres leaders bouddhistes
en 1977. Mais par l'absence de véritables motifs d'inculpation,
le Vénérable et ses amis sont finalement relâchés. Pour contrecarrer
son influence, le gouvernement crée alors sa propre Eglise Bouddhique
du Vietnam laquelle tente, en vain, d'intégrer l'EBUV qui oppose
un refus catégorique. Ce faisant, les autorités décident d'incarcérer
quelques heures le Vénérable Thich Quang Do, le temps d'annoncer
l'unification de l'Eglise Bouddhique et de proclamer l'EBUV
interdite. C'est ainsi qu'en 1982, le gouvernement parvient
à justifier l'arrestation puis l'exil du Vénérable Thich Quang
Do.
Après plus de dix ans d'exil, le maître se rend à Saigon et
décide de poursuivre son combat pour la liberté religieuse.
En août 1994, il rédige un document adressé au secrétaire général
du Parti, décrivant les persécutions anti-bouddhistes. Puis,
lors des inondations du Delta du Mékong, il prend l'initiative
d'organiser un convoi destiné à secourir les victimes. Lui et
cinq autres moines sont alors condamnés à cinq années d'emprisonnement.
Soutenu par les organisations pour les Droits de l'Homme, par
des moines de l'EBUV mais aussi de l'Eglise Bouddhique d'Etat
ainsi que par quatre prix Nobel de la Paix, dont le Dalaï Lama,
le Vénérable et ses amis sont libérés en septembre 1998. Aussitôt,
il adresse une lettre aux dirigeants du pays dénonçant le lien
évident entre la persécution de l' EBUV et l'engagement de cette
dernière en faveur de la défense des droits de l'homme...
Actuellement en résidence surveillée à Ho Chi Minh ville et en dépit des menaces permanentes du gouvernement, il continue à exiger l'application des dispositions de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Pacte International sur les Droits Civils et Politiques dont le gouvernement est devenu adhérant en 1992. Il vient de demander aux autorités du pays la libération des prisonniers de conscience, l'abolition de la peine de mort, l'abaissement de la pression fiscale qui pèse sur les paysans et, enfin, l'autorisation de publier un mensuel de l'Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam. En 1999, vingt-neuf députés américains ont proposé le Vénérable Thich Quang Do comme candidat au Prix Nobel de la Paix de l'an 2000.
Initiative largement appuyée par de nombreux intellectuels et politiques de par le monde. Reconnaissance largement méritée pour cet homme grandiose qui, par sa détermination et son sacrifice, a contribué à poser les bases d'une future Paix au Vietnam et dans le monde…
Pascale
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>> The Lotus Unleashed: The Buddhist Peace Movement in South Vietnam, 1964-1966 - Robert J. Topmiller (janvier 2003)
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>> Le bouddhisme traditionnel au sud-viêtnam - Revertegat B.
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