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E
comme Evoluer |
Nous avons souvent entendu ce
genre de déclarations : "Ce n'est pas à
mon âge que je vais me transformer" ou "c'est
ma nature" ou encore "je suis comme cela, je n'y peux
rien"... A un moment ou à un autre, nous avons tenu
ce type de propos, acceptant plus ou moins consciemment, pour
notre confort ou par faiblesse, de nous figer, de stagner. Pourtant,
à quoi servirait-il d'expérimenter autant de situations
différentes si cela n'avait pas pour but de nous permettre
de nous transformer, de nous enrichir ? Plus encore, la
vie quotidienne ne nous assigne-t-elle pas, à travers
la seule présence d'autres êtres que nous, une
exigence d'adaptation ? Vivre ensemble sur ce plan d'existence
ne va vraiment pas de soi.
Si nous regardons en arrière, nous ne manquerons pas
de constater que nous avons changé sur bien des points.
Mais force est de reconnaître aussi que, dans bien des
domaines, nos comportements sont exactement les mêmes !
Un véritable désarroi peut parfaitement jaillir
de ce constat : certes, nous nous transformons mais sur
certains plans nous paraissons figés. Avec le temps et
les habitudes, la lassitude s'installe peu à peu. Et
comme les pressions sociales nous portent souvent à devoir
affirmer notre existence, voire notre ego, nous sommes tentés
de nous bloquer sur nos acquis, d'afficher une identité
forte - bien que de pure façade - ou même un caractère
"bien" trempé. Nous en venons ainsi à
confondre stabilité et permanence avec rigidité,
dureté, insensibilité, crispation. Nous devenons
de moins en moins capables d'échanger réellement
avec les autres, de goûter et de produire une énergie
profitable autant à nous qu'à nos proches. Notre
vie ressemble à une accumulation de combats où
triomphent toujours le fatalisme, l'ignorance, la négativité...
Et pourtant nous crevons de ne pas être aimés.
Nous crevons de ne pas savoir aimer. Alors il faut choisir :
ou bien nous nous endormons (pour toujours) dans la tiédeur
de nos routines, lentement étouffés par la cangue
de nos préjugés, ou bien nous entrons dans le
mouvement perpétuel de l'Amour, dans cette spirale où
nos enfantillages n'auront plus cours parce qu'il ne s'y trouve
aucune place pour la stagnation : on évolue ou l'on
se détruit. Parce que la conséquence directe de
l'Amour en ce monde, c'est l'évolution, la transformation.
Aimer conduit à s'adapter, à aller toujours de
l'avant. Aimer n'est pas l'apanage d'un temps particulier de
la vie, de la jeunesse. Ou plutôt, la jeunesse éternelle
est le privilège de celui qui aime. Si nous ne nous rendons
pas capables d'intégrer ces réalités, de
les faire nôtres, nous sommes finis. Tout simplement.
Bien sûr, nous avons tous les droits dont le premier est
de renoncer. Mais alors, pourquoi être ici ? Pourquoi
donc avoir pris la peine de nous incarner ? Ceci peut sembler
une boutade ; ce n'en est pas une : il existe en nous
une vraie force, un désir d'Amour à la source
même de notre vie et de notre existence matérielle.
Chacun est libre de le reconnaître ou non. Mais encore
faut-il se donner les moyens d'accéder à cette
vérité dans un contexte qui ne favorise pas, loin
de là, une telle prise de conscience...
Heureusement, chacun de nous recèle en son être
plus de ressources qu'il n'en faut pour mener à bien
cette Quête. D'abord il y a ce désir d'aimer et
d'être aimé qui prend souvent la forme d'un besoin
impérieux. Et puis il y a aussi cette envie de toujours
plus, d'aller plus loin, de recevoir davantage, de développer
des capacités que nous n'avons pas encore. Et cet appétit
de plaisir. Toutes ces énergies qui nous motivent se
réunissent dans l'Amour, au-delà des conventions
et des jugements, pour que nous jouissions tous de la Vie, tous...
Parce que la Vie s'enrichit de ce "tous" et parce
qu'elle jouit elle-même de cette multiplicité et
nous garantit ainsi la possibilité d'évoluer avec
Elle, nous devons prendre pour règle de contribuer au
bien-être de "tous".
Evoluer, nous le voyons bien, commande avant toute choses de
cesser de nous considérer comme séparés
des autres, nous qui avons tant besoin d'eux pour prendre conscience
de nous-mêmes et de nos besoins fondamentaux. En nous
dilatant aux autres, en faisant nôtre leur désir
d'Amour, nous verrons clair sur les apparents méandres
de notre existence et deviendrons aptes à distinguer
l'harmonie justement là où elle semblait cruellement
faire défaut. Peu à peu, notre perception s'affinera,
exposant alors à notre intellect un aspect des choses
et des événements qui jusque-là nous échappait
complètement. Nous éprouverons la sensation de
vivre réellement, de prendre corps au sein d'une suprême
harmonie, spectateur et acteur de notre propre métamorphose.
Geoffroi 
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