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E comme Epreuves

"Epreuve" : ce mot est véritablement synonyme de malheur et de douleur et même employé pour signifier une "expérience" ou une "initiation", il laisse dans l'âme une amertume certaine. Nous, les êtres incarnés, vivons le temps des épreuves avec tellement de conviction que nous avons bien du mal à voir le Divin dans les tribulations que nous traversons. Au point qu'il est sans doute arrivé à chacun de nous de s'enflammer, disant "pourquoi Dieu tolère-t-il la misère, la maladie, la souffrance ?" "Dieu tolère..." car dans notre esprit, ce qui fait nos épreuves et nous afflige autant ne saurait provenir d'un Dieu aimant sincèrement ses enfants. Il y a forcément de l'homme derrière tout cela, de l'humain. Pire peut-être si l'on en juge par les tourments infernaux "infligés" à bon nombre de nos frères et sœurs... Jésus lui-même est passé par la grande épreuve et, à sa suite, nous portons notre croix et trébuchons sur le chemin et maudissons le Créateur et sa Création... Nous voudrions dire "stop" et, pour une fois, être entendus. Comme ce n'est jamais le cas, nous en sommes réduits à espérer des jours meilleurs. Et nous attendons. Nous subissons. Nous nous éteignons.

Ce goût de l'être humain pour le fatalisme, cette propension à se résigner, à se soumettre : voilà qui est révoltant. Bien plus que la souffrance et le malheur, c'est bien notre ignorance de ce que nous sommes, notre manque d'Amour envers nous même qui est odieux. Laid. L'enfant divin en nous est l'administrateur même des épreuves qui jalonnent notre chemin vers Dieu. Comment pourrait-il en être autrement ? Quelle honte recouvrirait le nom de Dieu si notre Source était à l'origine d'une souffrance si mince soit-elle ! Et quelle ignominie se serait pour Lui que de se dissimuler derrière l'idée que "c'est pour notre bien" qu'Il nous pourrit l'existence ! Voilà un Père bien limité dans sa pédagogie qui n'a d'autres moyens pour éduquer ses enfants que de leur mettre ainsi le nez dans leur urine...

Non, la réalité est tout autre : nous, enfants de Dieu, dieux en formation, nous avons choisi ce qui nous arrive. Nous sommes les maîtres de notre évolution, de notre accession à la Divinité. Et Dieu ne fait pas que tolérer ce qui se produit en notre monde, Il le comble d'Amour et maintient l'harmonie de ce que nous nous efforçons de détruire... Mais notre nature divine nous est devenue si étrangère que nous nous sommes rendus incapables de considérer nos épreuves avec une certaine distance, incapables de prendre du recul et nous nous précipitons dans l'obstacle. En somme, nous prenons pour une attaque ce qui est un défi et faisons un calvaire de l'aventure humaine.

Le temps de l'existence est celui de l'expérience car voilà bien l'ampleur de l'Amour de Dieu : donner à ses enfants le temps et les moyens de découvrir la vérité quant à leur origine divine, à leur nature de Fils et Filles de Dieu, partenaires de la Création. Autrement dit, "se créer" en révélant le potentiel illimité qui gît à l'intérieur de nous de la façon qui nous convient. En sorte que nous sommes véritablement les artisans de ce que nous appelons nos malheurs et que nous les percevons ainsi tant que nous n'avons pas fait le deuil de la part mortifère qu'ils transportent. Tous, nous avons vécu de "terribles épreuves", tous nous avons compris à quel point elles nous ont grandi et quelle vérité elles nous ont enseigné sur nous-mêmes et sur la Vie. De même, nous avons tous vécu de terribles épreuves et nous n'avons rien compris ! Elles se représentent sans cesse sur notre voie et nous ne cherchons qu'à les fuir. Pourtant, elles sont porteuses d'un message qui nous grandira, nous libérera mais nous le refusons. La peur est la plus forte. Jusqu'à quand ? Devrons-nous attendre que la mort nous débarrasse de nos angoisses ? N'y comptons pas, la mort est un passage à la mesure de ce que fut notre vie et non pas une échappatoire.

Amour, argent et santé semblent être les principales préoccupations de l'humain actuel, tout au moins de celui d'occident. Nous manquons de tout cela et en même temps nous entretenons avec eux de curieux rapports. Nous avons besoin d'être aimés mais nous voyons bien le mal que nous avons parfois à aimer. Nous avons besoin d'argent pour vivre mais nous vivons beaucoup trop pour l'argent. Nous voudrions être toujours en pleine santé mais comment y parvenir si nous n'acceptons pas les signaux alarmants que notre corps nous adresse pour nous alerter sur les besoins profonds de notre âme. Bref, nous confondons tout ! Pour faire simple, nous mettons l'argent et les besoins matériels avant l'Amour et les nécessités spirituelles et nous voudrions réduire notre corps à une machine censée suivre sans broncher notre dérive autodestructrice ! Sans épreuves, où irions-nous ? Vers quel enfer ?

Il y a plus important dans notre Vie que la vision limitée que nous en avons. Voilà pourquoi nous produisons sans cesse de nouvelles épreuves avec, pour chacune, une leçon à en tirer, une voie heureuse et stable à emprunter. Si nous ne sommes pas capables d'envisager sous cet angle les événements de notre existence, c'est simplement que nous ne parvenons pas à prendre suffisamment de hauteur pour les considérer globalement. Obsédés par nos petits ou grands malheurs, nous demeurons leur esclave et notre existence entière est sous leur joug. Oui, prenons de la hauteur afin de nous rapprocher du Divin. Nous verrons alors combien nous sommes aimé(e)s à travers ces challenges, combien ils sont vivifiants et riches. A travers ces innombrables défis et tests qui ornent notre quotidien, nous découvrirons notre propre fécondité. Nous parviendrons ainsi à considérer les "épreuves" pour ce qu'elles sont réellement : des faveurs, des signes de ce qu'en nous, il y a un potentiel infini qui se nomme "Dieu".


Geoffroi Contact



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