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Christ |
Le mot lui-même provient du grec « christos », équivalent de l’hébreu « messiah » c’est-à-dire « oint ». Autrement dit, le mot « christ » désigne traditionnellement la personne ayant reçu l’onction d’huile sainte qui signifie le caractère sacré qu’elle tient du rôle exceptionnel voulu pour elle par Dieu. Au vu de cette définition, il paraît assez naturel que Jésus de Nazareth ait été reconnu par ses disciples comme l’être « désigné » par Dieu pour sauver l’humanité c’est-à-dire lui redonner les clés du Royaume.
Mais pour comprendre la notion de « christ » dans toute sa valeur, il est indispensable d’en référer à Celui qui l’illustre dans toute sa Vérité : Jésus lui-même dont la vie et l’enseignement nous révèlent l’Amour infini de Dieu pour ses créatures. Ainsi, nous pouvons déjà constater que le concept de « christ » ne doit pas du tout être compris dans un sens élitiste. En effet, l’Amour de Dieu ne saurait aller à l’encontre de la liberté des individus de sorte que le statut apparemment exceptionnel d’une personne ne découle pas d’un décret divin pris extérieurement à l’homme mais d’un échange. Comment pourrait-il en être autrement puisque Dieu nous ouvre les bras perpétuellement pour nous accueillir ?
Par ailleurs, nous ne pouvons pas dire que Jésus-Christ ait été choisi par Dieu, comme un soldat serait déclaré volontaire par son supérieur pour accomplir une corvée. En effet, puisque Jésus est Dieu, c’est bien le Père Lui-même qui a pris chair pour se rapprocher de ses créatures de sorte que l’Union parfaite entre le Père et le Fils empêche rigoureusement d’établir entre eux un lien d’ordre hiérarchique. Le Fils fait ce que le Père désire parce que le Fils est uni au Père par l’Amour qui les rend strictement indissociables et traduit leur identité de nature.
A l’idée d’élection longtemps véhiculée par le terme de « christ », il faut donc préférer celle « d’union », si parfaitement illustrée par Jésus tout au long de son ministère. En effet, la Bonne Nouvelle qu’Il nous apporte est celle de l’Amour inconditionnel de Dieu pour ses enfants, Amour qui Le conduit à désirer infiniment leur transmettre tout ce qu’Il est en les faisant bénéficier de son pouvoir créateur. La Parole d’Amour enseignée par Jésus vient donc bouleverser les anciennes conceptions qui faisaient du Créateur une puissante divinité manipulant ses créatures selon un plan connu de lui seul. A travers Jésus, bien au contraire, nous percevons dans l’Amour du Père toute sa patience et toute sa tendresse.
Ainsi, l’onction sacrée qui confère un statut exceptionnel à celui ou celle qui en bénéficie est octroyée à chaque être dès sa création : il s’agit de l’Amour que Dieu déverse sur ses enfants de façon illimitée et que rien ne peut surpasser. Tout individu se voit donc appelé d’une manière particulière à être Fils et Fille de Dieu et doté de toute l’énergie divine nécessaire pour y parvenir ainsi que du libre arbitre qui lui permet de décider par lui-même des modalités de l’alliance. Si donc Jésus est le premier à « mériter » le titre de Christ, ce terme s’applique, depuis sa venue, à tous les êtres qui choisissent de consacrer leur vie à se rapprocher de Dieu en pratiquant l’Amour de leurs semblables.
En somme, l’Incarnation de Jésus-Christ et sa vie comparable à la nôtre a pour objectif de nous indiquer de la manière la plus claire la réalité de notre union avec Dieu qu’il nous appartient d’abord de découvrir, puis de développer. Issus de Dieu-Amour, nous tenons de Lui la plus sublime des onctions : sa divine présence au cœur de notre nature. Il est de notre responsabilité de l’exprimer ou non c’est-à-dire de lui conférer, à notre tour, un caractère sacré et illimité. Maintenant que Jésus nous a annoncé le Royaume et restauré dans nos droits, une nouvelle ère s’est ouverte : c’est Dieu Lui-même qui, à présent, attend l’onction de notre Amour qui viendra lorsque nous Le reconnaîtrons comme Notre Père (et Mère) qui vit en nous et en qui nous vivons. Et c’est en reconnaissant la divinité à l’Autre, quel qu’il soit, que nous exprimons à son plus haut degré la divinité que nous avons reçu de Lui depuis l’origine des temps.
Geoffroi 
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