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Culture

Dans son sens habituel, le terme de « culture » englobe tout ce qui peut caractériser une société tels que les usages et comportements traditionnels, les activités intellectuelles et artistiques ou même les convictions philosophiques et religieuses. Il y a dans cette forme de connaissance, de vision de soi et du monde propre à un groupe humain particulier, une part de conditionnements qui nous poussent, plus ou moins consciemment, à agir de telle manière dans une situation donnée, ainsi qu’une part choisie par nous, de façon délibérée, du fait de nos goûts et de l’utilisation de notre volonté. A l’évidence, il n’est pas abusif de dire que nous sommes largement marqués par le développement de la communauté dans laquelle nous vivons, communauté qui, à l’époque actuelle, met à notre disposition une foule d’orientations possibles dans des domaines extrêmement variés. Aussi nous arrive-t-il certainement de penser que tout existe déjà, que tout a déjà été dit, écrit ou fait etc. Bref, que nous arrivons dans un monde installé, quadrillé de règles précises et qui n’attend pas après nous...

Bien sûr, il est assez confortable de vivre dans nos sociétés occidentales hyper-développées où s’offre à nous une multitude de systèmes de pensées, d’idéologies, de religions et de sectes, de loisirs, de sujets de découvertes, d’émotions et de formes de communication. Nous connaissons ainsi une myriade de choses, qui ne sont certes rien à côté de l’infinité des expressions de la vie, mais déjà beaucoup en regard du peu d’expression personnelle de notre propre vie. Oui, nos prédécesseurs ont bien garni notre berceau : peut-être même devient-il étouffant ? Il ne faudrait pas, en effet, que la montagne d’idées qui se dresse devant nous, nous empêche de réfléchir par nous-mêmes. Il ne faudrait pas que les mondes déjà construits dans lesquels nous évoluons, fassent obstacle à notre désir de créer. Il ne faudrait surtout pas que ces milliers de routes qui toutes veulent nous faire découvrir quelques points de vue remarquables sur la vie, nous dissuadent de bâtir notre propre voie.

Manifestement, l’univers culturel dans lequel nous vivons nous porte à devenir un puits de savoir, mais non pas des usagers avisés de ce dernier : au fond de ce puits, la lumière ne nous parvient que filtrée et nous distinguons mal les échelons qui nous permettraient d’en sortir ; pire, nous sommes affairés à découvrir tout ce qu’il contient et peu désireux d’affronter l’inconnu. Après tout, c’est là le libre arbitre de chaque être humain, lequel est infiniment respectable. Mais « l’infortune » veut que nous ayons un cœur et pas seulement une moelle épinière, un esprit et pas seulement un mental. Nous ne sommes pas exclusivement voués à nous nourrir de savoir et de savoir-faire : notre nature nous pousse aussi à créer de l’entièrement nouveau, à exprimer notre richesse propre. Et si nous consommons tellement de choses inutiles, c’est pour compenser notre difficulté à traduire en actes notre potentiel créateur. Telles des oies, nous nous gavons mutuellement de culture, afin de cacher notre lacune essentielle : nous ignorons comment voler ! (à suivre...)


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