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Convergence

Nous sommes tels des rayons de Lumière qui nous dirigeons vers un même point. Et ce point, qui est à la fois notre origine et notre but - l’alpha et l’oméga - nous l’appelons Dieu. Parce qu’Il est présent en nous, nous désirons Le chercher et parce qu’Il nous englobe, nous savons où Le trouver. Cette réalité christique du Dieu vivant en nous et au-delà constitue, pour tout disciple de Jésus, la clef qui lui ouvre la compréhension subtile de la Vie. Une Vie qui sait se faire toute petite et combien discrète en notre être. Une Vie qui peut aussi étendre à l’infini l’espace-temps de sa divinité, nous invitant à la suivre, à partager ses richesses inouïes... Cette Vie qui vibre ainsi au cœur du plus humble de nos semblables et qui, pareillement, indique leur course aux étoiles, cette vie sait donc se faire particulière et universelle : elle parle à l’humanité et, en même temps, à chacun de nous, d’une manière unique.

Lorsque nous acceptons d’entrer dans la Lumière de l’Amour que nous enseigne Jésus, c’est alors que nous entamons consciemment ce long cheminement que constitue l’apprentissage de l’Amour : riches de l’exemple de Jésus-Christ et, avec lui, de nombreux êtres qui, par-delà les religions et les cultures, ont choisi l’Amour comme référence absolue, nous apprenons à aimer c’est-à-dire à devenir Un. Un avec nous-mêmes, Un avec les autres. Tels des rayons de plus en plus lumineux, nous convergeons vers le UN. Nous offrons à l’Unique la multiplicité de nos talents, dans un grand bouquet d’Amour, reconnaissants d’avoir tant reçu. Et il n’y a rien qui plaise tant à l’Aimant que de glorifier ceux qu’Il aime et de se réjouir de la façon dont chacun a fait fructifier ce qu’Il lui a donné...

Ce terme de « convergence » fut cher à Teilhard de Chardin. Passionné par les lois de l’évolution qui fleurissaient à son époque, il sut y appliquer son propre génie spirituel, levant un pan du voile qui recouvre le « Grand Dessein ». Il vit alors que la vie de l’esprit est le moteur de l’harmonie générale qui permet l’évolution de tout ce qui est vivant, autrement dit, le mouvement permanent des êtres en vue de l’union, leur convergence vers ce qu’il appelait « le point Oméga ». A cette évolution progressive aux plans physique et biologique, correspond l’émergence d’une conscience de plus en plus vaste, de plus en plus dilatée. Un nouvel organe que Teilhard de Chardin nomme la « noosphère », sorte d’immense réseau planétaire reliant les consciences et, surtout, les cœurs... Teilhard de Chardin le savait bien : il n’y a de connaissance que d’Amour et c’est le cœur qui donne sa vie à l’esprit et non l’intellect car c’est du cœur de l’individu que provient le rayon capable de converger avec tous ceux de ses semblables tandis que le mental, seul, ne sait que diverger.

Oui, par la présence divine qui demeure en nous, plus ou moins assoupie, nous sommes réunis au sein d’un gigantesque réseau qui est bien plus que l’humanité : la fraternité ! Celui qui se veut l’ami de Jésus a conscience de la réalité de ce tissu fraternel : par ses actes, il participe à le renforcer et à l’étendre autant qu’il aime « s’en revêtir ». L’être humain d’aujourd’hui a le privilège d’en connaître une remarquable manifestation : l’Internet qui rapproche tous ceux dont les opinions ou les intérêts convergent. La passion que génère ce nouveau média - qui illustre précisément ce que Teilhard de Chardin avait compris - réside dans l’illimitation qu’il procure autant à l’individu qu’à l’ensemble de l’humanité. Avec l’Internet, l’être humain peut reprendre contact avec son pouvoir créateur qui puise son énergie dans l’Amour que les êtres éprouvent les uns pour les autres. A force d’échanger avec autrui, chacun a la liberté de découvrir que l’échange recèle en lui-même une valeur infinie, une nourriture plus importante que ce qui est échangé, pourvu que l’Amour en soit à l’origine : bref, la convergence vers un même but profite à chacun et à tous, de façon exponentielle.

Au-delà des religions et des cultures, au-delà même du temps, Jésus est venu nous réapprendre le langage du cœur qui, seul, nous permet de nous comprendre les uns les autres, au sein de la fraternité. Et si nous parlons cette langue éternelle avec notre propre accent, si nous faisons chanter les mots d’une manière qui ne ressemble à aucune autre, tant mieux : la Vie ne nous a pas été donnée pour que nous devenions les reflets tristement identiques d’une vérité désincarnée mais pour l’enrichir de notre art. N’hésitons donc pas à cultiver ce qui nous rapproche d’autrui et à éliminer tout ce qui peut nous séparer de lui, nous ne tarderons pas à nous apercevoir que bien des comportements auxquels nous étions attachés n’ont aucune valeur : sans Amour, ils ne convergent pas vers Le But, ils ne conduisent pas à l’Union au Divin. Ils ne mènent nulle part.


Geoffroi Contact



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