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Catholique |
Ce terme qui provient du grec « katholikos » signifie « universel, ouvert à tous ». Il trouve son origine dans le symbole de Nicée-Constantinople qui déclare que « l’Eglise est une, sainte, catholique et apostolique ». De nos jours, le mot est aussi employé pour désigner tout chrétien rattaché à l’Eglise de Rome. Mais quoi qu’il en soit, son sens premier confère une dimension planétaire à l’assemblée des chrétiens à la fois par la présence du Christ à sa tête et par sa mission qui consiste à faire connaître la Bonne Nouvelle à tout le genre humain.
Le terme est toutefois troublant tant il fut employé à des fins peu tolérantes et, notamment, dans le but de donner à l’Eglise de Rome toute latitude pour évangéliser les païens. Ainsi, le seul moyen de savoir si cette vertu que l’Eglise s’est attribuée est justifiée et quelles en sont les limites exactes, est de le passer au filtre rigoureux de l’Amour, fondement de l’enseignement de Jésus. Dieu est Amour, cela devrait nous suffire. Pourtant, les hommes se sont ingéniés à rajouter un tel amoncellement de doctrines autour de la foi qu’ils ont parfois réussi à égarer les générations suivantes...
Oui, l’Amour est universel en ce sens qu’il s’adresse à tous les êtres humains et constitue la substance dont ils sont issus. Le Christ, Amour incarné pour nous en faire éprouver la puissance et la vérité, représente l’homme de façon universelle - ou illimitée - parce que l’Amour le place au-dessus des conditionnements, des cultures, des races, des époques et des contingences matérielles. Un groupe d’hommes et de femmes qui répandrait cette connaissance aurait une vocation universelle et pourrait se prétendre « catholique », à condition d’être réellement et sincèrement ouvert à tous : et là, cette condition est loin d’être remplie par les Eglises ou les religions de notre temps...
En effet, cette notion d’universalité fut et est encore très mal comprise. Elle autorise insidieusement certains croyants à adopter des comportements dédaigneux ou des attitudes faussement compatissantes à l’égard de leurs semblables prétendument « égarés » : cela n’a rien de commun avec l’Amour sincère et ressemble plutôt à l’émotion frelatée qu’éprouve celui qui trompe son prochain en l’attirant avec la miséricorde divine et en le retenant par la crainte du feu éternel. Cette forme d’universalité qui écrase tout sur son passage tel un bulldozer, laminant la conscience individuelle, décourageant la quête personnelle et faisant du Christ sa propriété est une abjection.
Etre universel, c’est être ouvert à tous : c’est donc s’ouvrir aux autres cultures, aux autres pratiques, aux autres religions, aux autres formes de connaissance pour y déceler le point commun qui fait que nous sommes tous frères et sœurs. Ce n’est rien d’autre. L’Amour seul est universel parce qu’il vit au cœur de chaque être humain : c’est donc en allant frapper respectueusement à cette porte-là que l’échange est possible. Oui, il s’agit bien de cela ! La Bonne Nouvelle nous parle de l’échange universel entre les êtres, échange qui crée la fraternité, valeur lumineuse qui se place au-dessus des cultures et des religions. Seuls les cœurs sincères et assoiffés de vérité peuvent entrer dans cette dynamique. Ceux qui n’ont en tête que d’apporter à autrui la révélation chrétienne au lieu d’aller vers l’autre pour apprendre de lui, ceux-là ne sèment que vanité et désolation : l’orgueil provient de cette excroissance de l’ego lorsque l’individu ne veut que donner sans avoir conscience de son besoin de recevoir.
Or, la Vérité de Jésus est comme une source à laquelle il faut boire, en acceptant de recevoir de son frère humain. Car si nous n’avons que des richesses à donner et que nous ne voulons en rien recevoir quoi que ce soit des autres, quand donc aurait lieu l’échange ? Et comment l’autre pourrait-il en être heureux ? Et comment découvrirait-il alors la joie d’aimer ? Des croyants de toutes les confessions agissent ainsi envers leurs semblables et, ce faisant, ils participent à la destruction de la fraternité à cause de leur crainte d’aimer, de s’ouvrir, de penser par eux-mêmes et de chercher en personne le contact avec Dieu. Etre catholique, c’est s’ouvrir à l’autre et accueillir la richesse qu’il porte. Et c’est de ce partage que naîtra une "Eglise" nouvelle, assemblée de serviteurs sincères de l’Amour Divin.
Geoffroi 
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