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Connaissance |
Connaître : qu’est-ce que cela signifie du point de vue spirituel, quel terme serait le plus susceptible de décrire ce qu’est la connaissance ? Comprendre, savoir, percevoir, ressentir, expérimenter ? C’est tout cela ! C’est aimer bien sûr puisque l’Amour est la source de toute vie et de toute énergie mais c’est, plus exactement, « naître avec ». En ce sens, nous retrouvons une des nombreuses significations du mot « connaissance », celui qui définit les relations sociales avec autrui : plus nous entrons dans le mystère de cet autre, plus nous nous ouvrons à sa richesse propre, plus nous entrons avec lui dans un univers nouveau, une sphère en perpétuelle expansion, tissée par une mutuelle attirance. C’est ainsi qu’en naissant à nos semblables, nous naissons à une vie toujours nouvelle et que, finalement, nous naissons à nous-mêmes : nous apprenons à nous connaître tout en apprenant à connaître l’autre.
On l’aura deviné, « connaître », au regard de la démarche spirituelle, c’est connaître un être, une vie autre que la nôtre : c’est en cela très différent de l’approche intellectuelle ou mentale qui consiste à cataloguer les fonctions ou les attributs d’une chose afin d’en déterminer l’utilité ou le mode de fonctionnement... Non, connaître au sens fort est bien autre chose que cela : c’est interagir avec une forme de vie, sachant qu’il n’y a que la vie qui existe, même si ses multiples apparences défient notre imagination au point que nous voyons la mort et le néant, là où la vie nous demande d’illimiter notre perception. Autrement dit, en face de nous, l’Amour nous demande de voir des êtres et non des choses, des formes d’expression du divin et non de la matière inerte.
Ouvrons un peu notre regard et nous constaterons alors toute la richesse que la co-naissance peut nous apporter : au lieu de garder avec nos semblables des distances respectueuses, apprenons à les faire vivre en nous et nous goûterons davantage à la joie que dispense la Vie à profusion. Au lieu de considérer notre enveloppe corporelle comme la frontière de notre personne, apprenons à éprouver la fluidité de nos limites et nous ressentirons plus fortement ce que peut signifier « faire corps » avec autrui...
Ainsi est l’Amour, qu’Il nous invite au développement permanent de notre personne, à notre accroissement : il n’est rien qui ne comporte de l’Amour en Lui et même la flamme de vie spirituelle la plus vacillante est assez forte pour illuminer l’univers entier. C’est par elle que nous existons, c’est auprès d’elle que nous nous réchauffons : ainsi, le bonheur des autres est notre bonheur, le malheur des autres est notre dépassement. Cette connaissance de la réalité divine de l’Amour comme substance de la Vie qui est en nous et en qui nous sommes, conduit, bien entendu, à l’augmentation du champ d’investigation de notre intellect : cette façon de connaître apporte toutes les réponses aux interrogations que notre existence soulève. En ce sens, la connaissance de l’Amour implique la compréhension du monde ; elle se traduit par un savoir dont l’étendue est sans fin et par un potentiel d’expérimentations et de perceptions tout aussi infini.
En d’autres termes, il n’y a de connaissance que d’Amour : connaître, c’est aimer ; aimer, c’est connaître et de la dynamique qui en résulte surgissent des formes toujours nouvelles qui sont autant de manières d’appréhender la vie, autant de façons qu’elle a de se donner à nous afin que, nous aussi, nous débordions comme elle. Et déborder, n’est-ce pas sortir de nos limites, balayer nos préjugés et déboulonner nos conditionnements qui nous font rester tout seuls, emprisonnés dans une carapace qui se fossilise à mesure que nous manquons à nos responsabilités de Fils de Dieu ? Prenons l’habitude de voir le divin en chaque être, prenons l’habitude d’éprouver le divin qui nous entoure et nous connaîtrons. Et lorsque nous connaîtrons, nous communierons dans un « merci » sans fin.
Geoffroi 
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