|
Bonne Nouvelle |
Dans la Tradition chrétienne, la Bonne Nouvelle tient en peu de mots : elle annonce à tous les hommes de bonne volonté que Dieu a envoyé son Fils Jésus-Christ pour les sauver. Cet événement exceptionnel de l'Incarnation de Dieu dans notre monde et notre histoire a rempli de joie les disciples qui ont suivi Jésus. Par la suite, ce sont des milliers d'êtres qui ont connu et connaissent encore la plénitude en Jésus-Christ par l’union personnelle qu'ils vivent avec lui. Tout individu qui voit ainsi sa vie transformée par la communion avec l'Amour incarné, ne peut qu'éprouver profondément le désir de faire partager son bonheur. Voyant les difficultés et les souffrances de ses contemporains, comment ne pas désirer les aider à se rapprocher de Dieu ?
C'est là qu'intervient une notion tout aussi importante qui est de comprendre que Jésus-Christ est Dieu mais « pas n'importe lequel ». Il est le Dieu d'Amour. Et s'Il prend chair parmi les hommes, c'est donc bien par Amour et pour l'Amour c'est-à-dire pour leur faire découvrir ce que Dieu est et ce qu'ils peuvent eux-mêmes devenir.
En effet, il eut été facile pour notre Père de se manifester aux hommes de mille autres manières. Mais s'Il a choisi de se faire homme, c'est précisément pour montrer à chacun d'entre nous que nous sommes appelés à nous faire Dieu. Et c'est là que la Bonne Nouvelle prend tout son sens : elle n'annonce pas un Dieu extérieur à nous venu nous tirer de l'embarras (ce qui ne fut pas le cas d'ailleurs puisque la souffrance et la mort font toujours partie de notre condition). Elle dévoile en fait la vérité sur notre origine et, ce faisant, sur l'Amour que Dieu a pour nous et qui est sans limites. Que devrions-nous penser, en effet, d'un Dieu qui aurait envoyé son Fils pour seulement nous promettre le salut à la condition de croire en Lui ? Ce Dieu-là sort de l'imagination limitée des humains et n'est en aucun cas conforme à l'immensité de l'Amour et de la puissance divine. Cela ne constituerait pas une nouvelle heureuse mais une sorte de récompense un peu triste assortie de conditions...
Il est important aujourd'hui de prendre conscience que l'Incarnation de Jésus a pour but de nous transmettre la divinité qui est propre à notre nature originelle et d'où découle la joie véritable, une joie que nous sommes peu habitués à goûter parce que nous ne savons pas faire bon usage de notre pouvoir créateur. C'est donc pour nous l'apprendre que Jésus est venu et s'est donné sans relâche : pour que nous puissions communier au Père à travers lui, de la façon la plus concrète et la plus efficace qui soit afin de regagner notre place au sein de Dieu. Lorsque nous prenons conscience de cette réalité, nous comprenons aussitôt que la réalisation de cette Bonne Nouvelle dépend surtout de nous. Elle est une promesse qui ne dépend pas de Dieu lequel ne pose pas de conditions à son Amour, mais qui dépend de nous, de notre bon vouloir et de notre désir de donner à l'Amour la première place qu'il devrait occuper naturellement dans notre vie.
Ayant compris que la Bonne Nouvelle nous concerne de la façon la plus directe qui soit et conscients du fait que l'Amour qui en est à l'origine est synonyme de liberté, il importe que nous agissions avec beaucoup d'Amour et de respect pour autrui si nous voulons répandre ce trésor sur ceux que nous aimons. L'Amour se donne en exemple. Il indique la voie avec sagesse, en laissant chacun en faire l'expérience. Et lorsque qu'il voit ses frères ou ses sœurs dans la difficulté, il porte leur poids et comble avec Amour les manques qu'ils ont subis. En d'autres termes, répandre la Bonne Nouvelle de notre divinité ressuscitée, c'est agir dans l'Amour et produire ainsi cette lumière qui éclairera nos semblables, s'ils veulent bien la regarder.
Geoffroi 
|