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Baptême

Dès les origines de l’Eglise, une importance toute particulière fut accordée au baptême parce qu’il représentait déjà, très concrètement, l’entrée du baptisé dans la communauté chrétienne c’est-à-dire une véritable seconde naissance. En effet, l’Eglise considère que, lors de ce rituel, le futur chrétien intègre le Corps du Christ : il sort ainsi de l’état de péché originel dans lequel il se trouvait pour se plonger corps et âme dans un monde nouveau, celui de la Parole enseignée par Jésus, avec lequel il meurt puis ressuscite lors de l’immersion. Il est alors une nouvelle créature, enfant adoptif du Père et « temple du Saint-Esprit » vouée à connaître la béatitude éternelle du salut.

Cette conception du baptême, encore d’actualité au sein de l’Eglise, mérite, bien entendu, quelques adaptations à la spiritualité de notre époque. Il faudrait pour cela redéfinir précisément les notions de péché originel et de salut, trop longtemps envisagées dans une perspective extrêmement réduite où le chrétien est tenu pour un individu souillé par la faute d’Adam et destiné à s’assurer la vie éternelle par la croyance en Jésus-Christ et l’observance de quelques rituels. Tout être réellement en recherche de Dieu et désireux de s’ouvrir à son Amour infini ne peut se résoudre à une vision de la foi aussi limitée.

En attendant donc de revenir sur les notions de péché et de salut lors de prochains articles, efforçons-nous de comprendre ce qu’est véritablement le baptême. Tout individu est confronté, dès son plus jeune âge, à la négativité du monde : il vit donc dans des conditions de limitations voire de difficultés qui lui indiquent très vite, sous une forme ou une autre, qu’il vit éloigné de Dieu, autrement dit, loin de sa source d’énergie originelle. Il s’aperçoit aussi que ses manques et ses souffrances sont toujours guéris par l’Amour qu’il reçoit et qu’il donne jusqu'à se rendre capable d’échapper à leur emprise et de dominer sa nature et sa destinée. Bref, l’être humain, en s’incarnant sur ce plan, fait l’expérience de l’éloignement de Dieu et s’offre la possibilité de revenir à Lui fort de ce qu’il a appris : il est mûr désormais pour s’unir à son créateur et prendre part à ses côtés à l’œuvre divine de création, de fructification de l’Amour.

C’est alors que l’être découvre, consciemment ou non, ce qu’est vraiment le baptême : une nouvelle naissance permanente. En effet, plus nous nous rapprochons de Dieu par nos actes, plus nous découvrons la réalité de notre pouvoir créateur : cet Amour répandu autour de nous qui réjouit les cœurs et apaise tous les maux. Cette énergie de vie, nous ne pouvons que désirer ardemment la voir grandir et profiter à tous ceux que nous aimons, à l’humanité entière et c’est pourquoi nous nous ouvrons toujours plus à Notre Père, notre source, pour qu’elle nous inonde de sa puissance et nous régénère sans cesse.

Peu à peu, nous devenons plus exigeants avec nous-mêmes, plus responsables des autres. Le désir de nous immerger en Dieu-Amour, de nous abandonner en Lui pour Le manifester sur ce plan d’existence devient toujours plus naturel et nécessaire à notre bonheur et à l’expression de notre nature de Fils et Filles de Dieu avec toutes les capacités illimitées qui en résultent.

Le vrai baptême est donc authentiquement une nouvelle naissance mais il doit être spirituellement réitéré sans cesse par un engagement corps et âme dans l’action concrète qui est l’attribut de cette vie terrestre et sa richesse première. Le vrai baptême est bien une incorporation au Christ qui doit aller jusqu'à Le manifester par notre personne, lui qui est l’exemple même de l’être parfaitement indissociable de Dieu. Oui, le vrai baptême nous relie à l’Eglise, non pas en tant qu’assemblée limitée des croyants mais à la fraternité humaine tout entière dont nous devenons plus que jamais responsables. Oui encore, ce vrai baptême nous convie à la vie éternelle parce que la Vie dans l’Amour nous confère la pérennité et la joie grandissante qui la caractérisent mais cela n’a rien de commun avec une récompense consommée dans l’au-delà : le salut ne se recherche pas, il résulte de notre soif de Dieu, de notre désir de nous unir à Lui, désir qui traduit l’appel de notre nature profonde : notre aspiration à la gratuité et à la profusion.


Geoffroi Contact



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