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Adoration

D'après la Nouvelle Encyclopédie Catholique Théo, ce terme désigne « l'acte de porter sa main devant sa bouche pour ne pas mêler son souffle à celui d'un supérieur ». Nous avons là l'expression d'une grande distance entre le Créateur et sa créature qui traduit parfaitement la définition de « Tout Autre » que l'on veut parfois plaquer sur Dieu laquelle prolonge la notion biblique de « crainte de Dieu ». En d'autres termes, l'homme est censé éprouver une sorte d'effroi religieux devant la grandeur de Dieu qui le fait se reconnaître comme une poussière comparé à Celui que l'on ne peut nommer...

C'est compter sans l'Amour que Dieu a pour nous et qui le fait si petit et si discret pour s'adapter à nos besoins. Si nous ressentions face à Dieu seulement de la grandeur, ce serait celle produite par l'immensité glacée de la mort mais cela n'a rien de commun avec l'infinie chaleur de l'Amour de Dieu : lorsque nous ressentons son infinité, c'est celle de son Energie de Vie et cela n'a rien d'effrayant. Au contraire, nous sommes portés par Elle et nous éprouvons la plénitude de l'indissociabilité originelle.

L'adoration de Dieu ne se nourrit donc ni de la crainte ni de la sensation du Tout Autre ni de quoi que ce soit qui poserait une limite entre Dieu et nous. Ce symbolisme de la main devant la bouche évoque l'indispensable frein qui doit être mis à notre ego si nous voulons recevoir en nous le Souffle divin. Nous devons en effet mettre de côté tous les conditionnements qui nous font tourner en permanence autour de notre personne. C'est à ce prix que nous devenons aptes à accueillir la présence divine et, en même temps, à la révéler puisqu'elle siège à l'intérieur de nous depuis le commencement. C'est alors que le Souffle rejoint le Souffle et que nous ressentons à tous les niveaux de notre être la joie de l'Energie de Vie.

Dans l'adoration, il s'agit donc (à l'inverse de ce que l'étymologie du terme pourrait nous laisser supposer) de l'Union de deux souffles : celui du Père et celui du Fils qui se mêlent lorsque l'être incarné parvient à calmer ses turbulences intérieures. Ainsi, adorer Dieu ne signifie pas le prier en gardant une distance respectueuse mais s'abandonner à Lui en chassant tout ce qui pourrait nous en distraire, ce qui est profondément différent. Dans le même esprit, adorer le Christ dans l'eucharistie, c'est s'unir à sa Substance d'Amour présente dans le pain et le vin de la communion et non pas rester ébahis devant un prodige qui nous dépasse. Dieu ne recherche pas la soumission des humains et ne ressent aucune satisfaction à les voir se complaire dans un tel misérabilisme. Dieu cherche l'Union et, une fois encore, c'est Lui qui nous adore bien avant que nous soyons capables de l'adorer, ayant remis le sort de l'Union entre nos mains, illustration merveilleuse de l'abandon parfait.


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