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Acte (suite)

Comme nous l'avons vu précédemment, agir c'est donner de la vie. A l'image de Jésus qui nous communique sa vie éternelle par sa Parole et par l'offrande qui la parachève, lorsque nous aimons, nous communiquons aux autres un peu de la vie du Père. C'est là que se situe l'essence même de l'enseignement de Notre Seigneur. En tant que chrétien soucieux de répondre à son appel du mieux que nous pouvons, son Esprit nous conduit à traduire sa Parole en actes concrets de façon à jalonner la voie qui nous mène à Lui de repères inaltérables. Chaque acte posé consciemment avec l'Amour du prochain au cœur constitue un point d'ancrage indispensable à notre foi en nous permettant de savoir si nous avançons réellement vers Lui ou bien si nous stagnons. Et, précisément, la réponse à cette interrogation constante nous est donnée par notre semblable : en effet, c'est lui qui, par ses réactions, nous indique, involontairement ou non, si notre action à son égard est motivée par l'Amour. De même, notre propre réaction nous signale tout aussi fortement si notre démarche d'origine était basée sur de l'Amour illimité ou sur une « contrefaçon ». Le Père nous demande de donner toujours plus, c'est sa façon de nous transmettre ce qu'Il Est c'est-à-dire la Vie en accroissement permanent. Dès lors que nous voulons sincèrement donner un peu de Vie aux autres, il nous est immanquablement demandé de ne pas nous restreindre et de répondre aussi largement que possible aux besoins de notre prochain.

Et c'est là que l'agir exprime toute sa puissance. Trop souvent, les humains limitent leur champ d'expérimentation au champ d'investigation de leur mental. S'ils se donnent la peine de mettre en pratique la Parole de Jésus, ils s'apercevront qu'un grand nombre de leurs suppositions ou de leurs préjugés s'effondre devant la réalité concrète de l'Amour. En effet, quiconque se met sincèrement à l'écoute du besoin d'autrui et s'efforce d'y répondre efficacement, tout en gardant l'œil fixé sur ses propres réactions face à ce besoin, analysera sans peine les limites intellectuelles, psychiques ou sociales qu'il pose sans le savoir à sa vie spirituelle. La grande majorité des incompréhensions quant à l'Amour Divin proviennent de ce qu'il n'est pas mis en application. Ainsi, beaucoup trop de chrétiens restent figés sur des préjugés qu'ils croient justes parce qu'ils n'ont pas cherché à confronter leur croyance à la réalité exigeante de la vie quotidienne. S'ils le font avec un minimum d'honnêteté, ils prendront rapidement conscience du caractère infini et inconditionnel de l'Amour Divin. S'ils n'y parviennent pas, c'est qu'ils sont encore trop éloignés de la Vérité par une insuffisance d'actes et que leur religiosité se réduit au respect de certaines valeurs traditionnelles ou à l'observance d'un culte dans un contexte restreint.

Ainsi, la vie active à laquelle le Christ nous convie doit être envisagée dans sa globalité c'est-à-dire dans toute son ampleur au sein du Plan divin. Il ne s'agit donc pas d'un agir ayant pour objectif de s'assurer (en quelques soixante quinze années d'existence terrestre) une vie éternelle dans la quiétude de la Maison du Père, sorte de passage obligé pour gagner son salut ! Non, l'agir chrétien constitue la conséquence d'une volonté personnelle d'Union avec Dieu qui est une collaboration, une co-création dans le monde dit « matériel » où l'homme permet à Dieu de se donner donc de s'accroître. En d'autres termes, en donnant de la Vie à nos semblables qui sont pour nous autant d'images de Dieu, nous donnons au Principe Créateur l'occasion de s'exprimer plus intensément dans ce plan de vie dont nous avons la charge. Ce rôle fondamental ne se réduit pas aux quelques décennies d'une incarnation terrestre mais doit être compris comme étant sans limite et, surtout, comme constituant notre « salut » lui-même : cette responsabilité est une fin en soi puisqu'elle caractérise notre but qui est de nous unir toujours plus fortement à notre Créateur. Il n'y a pas d'autre salut que celui-là.

De sorte que la Parole de Vie incarnée en Jésus-Christ réunit parfaitement l'être et l'agir que d'autres religions n'ont cessé d'opposer. Non seulement l'agir participe à l'accroissement de l'être mais, plus encore, ce qu'on appelle « être » est un acte absolu, une intention première dont la nature est de se manifester à travers une multitude d'actes qui sont autant de formes dans un espace-temps donné. Nous pouvons donc dire que l'acte est « l'in-formation » perpétuelle de l'être.


Geoffroi Contact



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